I. LES DOCTRINES
Dans l’exposé des doctrines, je ne puis mieux faire que de suivre l’ordre des Éléments, Naturellement je commencerai par la définition de 1 économie politique.
1® OljJet et limites de la science.
Avant de s’expliquer à cet égard, M. Macleod jette un coup d’œil rétrospectif sur les définitions données par ses prédécesseurs, à partir de Quesnay, le grandpère de la science. Le nom d’économie politique, qui est resté, fut appliqué par Quesnay à une science nouvelle dont le vaste domaine embrassait les droits naturels des hommes dans toutes leurs relations sociales. Adam Smith, qui vint après, ne se servit pas de ce mot dans le titre de son livre ; mais il définit l’objet de ses études en ces termes : « L’économie politique considérée comme une branche de la science de l’homme d’État ou du législateur, poursuit deux buts distincts : en premier lieu, procurer aux populations des revenus ou des moyens d’existence abondants, ou plutôt les mettre en état de se procurer ces revenus ou ces moyens d existence; secondement, fournir à l’État ou à la communauté des revenus suffisants pour les services publics. Elle tend à enrichir à la fois la nation et le souverain. » Ses études se bornèrent exclusivement à l'augmentation de la richesse matérielle. J. -B. Say écarta de 1 économie politique la politique proprement dite, ou la science de
l’organisation des sociétés, qui avait été confondue avec elle par Quesnay et les physiocrates. Il en étendit le domaine à des objets intellectuels et en donna une définition qui eut beaucoup de succès, celle de science delà production, de la distribution et de la consommation des richesses. A la consommation il rattachait les dépenses et les dettes publiques. Dans son cours d’économie politique^ Say traita nombre de matières qui ne rentraient pas dans son cadre. Ricardo intitula son ouvrage : Principes de T économie politique et de l’impôt ; ce qui impliquait que les questions concernant l’impôt étaient distinctes de celles de l’économie pure ; la richesse était du reste, pour lui, comme pour Adam Smith, exclusivement matérielle. Senior admit dans la science le capital intellectuel, mais il en exclut les questions relatives à l’impôt, au gouvernement et aux colonies. Le livre de M. John Stuart Mill, enfin, a pour titre : de V économie politique avec quelques
applications de ces principes et de la philosophie sociale. 11 paraît adopter les idées de J. -B. Say, quant aux limites de la science, et son ouvrage excède les bornes de l’économie pure.
Ce qui résulte de ce résumé, c’est, d’une part l’incohérence et la confusion qui régnent dans la matière, de l’autre le besoin d’une définition satisfaisante.
La nouvelle définition est ainsi formulée : « L’économie politique a pour objet de découvrir les lois qui régissent les relations d’échange ou les valeurs des quantités ou des objets. »
Cette formule s’appuie sur un trait distinctif de l’homme, consistant à ne pas pouvoir suffire à tous ses besoins par ses seuls efforts, et à désirer d’autres objets que ceux qu’il produit lui-même. Ces objets, ce n’est pas gratuitement qu’il les obtient des autres, c’est en