I. LES DOCTRINES
la métropole, et que la navigation à vapeur augmenté les rentes annuelles des parties reculées de l’Écosse de plusieurs milliers delivres.
Puisqu’il est hors de doute que la • différence du prix d’une marchandise sur deux marchés ne peut longtemps excéder les frais de transport du marché le moins cher à celui qui l’est le plus, il est clair également que plus grande est sa valeur comparativement à son poids, moins grande est la différence du prix entre les deux marchés, et plus uniforme sera sa valeur dans tous les marchés du monde. Ainsi les diamants qu’on s’accorde à estimer plus que toute autre marchandise ont à peu près la même valeur dans tous les pays, à cause delà facilité de leur transport. Dans des époques calamiteuses, on a l’habitude de mettre son avoir sous forme de pierres précieuses. Les pierres précieuses, du reste, ne sauraient constitue! une monnaie. Mais, après les pierres précieuses, on attribue la plus grande valeur à l’or; et par des raisons analogues, le lingot conserve en tous pays une plus giande uniformité de valeur que toute autre matière; la rapidité et la sûreté toujours croissantes des communications tendent à restreindre de plus en plus les variations possibles de sa valeur. Si le lingot d’or ne peut nullement remplir l’impossible fonction de mesure absolue de la valeur des autres marchandises, c’est du moins une mesure infaillible de la monnaie en Angleterre. Le lingot d or, qui est admis sur tous les marchés, doit nécessairement avoir une valeur plus uniforme que la pièce d’or qui ne circule que dans un pays. La pièce peut-être convertie en un lingot; mais la conversion d’un lingot en une pièce de monnaie est une opération difficile pour un particulier. Il est donc impossible que le lingot ait plus de valeur que la pièce, qui est réputée contenir une certaine quantité d or ; et si le prix du lingot s’élève sur le marché au-dessus de la ^a-
leur de ladite pièce, c’est la preuve irréfragable que la pièce a éprouvé une certaine diminution dans son poids et dans sa pureté, qu’elle est dépréciée en un mot.
* Il y a un cas de valeur, qui peut sembler anormal, et qui mérite d’être signalé, parce que son principe s applique sur une plus grande échelle qu’on ne le penserait au premier abord. Un objet circulaire en verre de dimensions modestes atteint, qui le croirait, le prix de vingt-cinq mille francs et plus. Pourquoi ce prix extraordinaire? cet article est l’objectif d’un télescope; il faut qu il soit d une pureté irréprochable ; le moindre défaut le rendrait inutile. Or sa fabrication est si difficile, si sujette aux accidents, qu’on en essaye mille peut-être pour en réussir un. 11 s’ensuit que l’article réussi doit faire face aux frais de iieufcenls quatre-vingt dix-neuf autres. Ce fait est 1 exemple le plus éclatant du principe ; mais le principe pénètre plus ou moins tout le commerce. Tous les commerçants ont à faire à de mauvais débiteurs, et les pertes qu ils éprouvent en conséquence doivent être réparties sur leurs autres opérations.
« En traitant des prix, nous nous sommes soigneusement attaché à l’expression la plus générale, service rendu., afin de Itien faire ressortir qu’un service rendu peut être de nature «lifférente, moral, intellectuel ou matériel, et que tous ces services peuvent être mesurés par le prix, que tous sont la propriété de celui qui les rend. » Ces lignes de M. Macleod servent de transition à l’examen d une question en ce moment agitée, celle de la propriété littéraire ; il soutient avec toute son énergie la véritable doctrine, contestée, bien à tort, par certains économistes.
« Dans les temps primitifs, dit-il, lorsque les hommes étaient sortis à peine de la barbarie, on n’admettait d’autre propriété que la terre, comme quelque chose de solide et de fixe. Quand ils se civilisèrent, les objets mobiliers furent classés parmi les propriétés. Mais on ne considérait