‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 47 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

C’est donc uniquement parce que la terre n’est ni sans limites sous le rapport de la quantité ni uniforme en qualité, et parce que, avec le progrès de la population, la terre de qualité inférieure ou moins avantageusement I située est mise en culture, que la rente est acquittée. « Si, dit-il, la terre du second degré de fertilité est mise en culture, la rente commence sur celle de première qualité, et le chiffre de la rente dépend de la différence dans la qualité de ces deux espèces de terre. Quand la terre de troisième qualité est mise en culture, la rente commence sur la seconde, et est réglée, comme précédemment, par la différence des vertus productives. En même temps la rente de la première qualité haussera, car elle doit toujours dépasser la rente de la seconde. Avec chaque progrès de la population, qui obligera le pays à recourir à une terre de qualité pire pour augmenter son approvisionnement, la rente haussera sur toutes les terres les plus fertiles. »

A ces lignes on ne peut rien objecter, si ce n’est que, dans aucun cas, une rente ne peut exister si une terre n’est pas affermée par un propriétaire à un fermier. Mais il arrive invariablement à ceux qui prennent pour point de départ une fausse conception, de paraître marcher d’a- ' bord dans la bonne voie, puis en avançant, de finir par s’égarer. C’est ce qui est arrivé à Ricardo. « La rente, ajoute-t-il, est toujours la différence obtenue entre les produks obtenus par l’emploi de deux quantités égales de travail et de capital. La rente provient invariablement de l’emploi d’un quantité additionnelle de travail avec un résultat proportionnellement moindre. — Quand la terre de qualité inférieure est mise en culture, la valeur échangeable du produit brut hausse, parce que plus de travail est nécessaire pour le produire. » Ce serait, par conséquent, la quantité produite dans les circonstances les plus dé-

favorables qui réglerait le prix. L’erreur profonde de cette proposition a déjà été signalée plus haut. Persistant dans cette erreur, Ricardo continue ainsi : « La raison pour laquelle le produit brut voit augmenter sa valeur comparative, c’est que plus de travail est employé dans la production de la dernière récolte. La valenr du blé est réglée par la quantité detravail appliquéeà sa production sur la quantité de terre, ou avec la portion de capital qui ne paye pas de rente. » Mais immédiatement après, par un curieux mélange de vérité et d’erreur qu’offre tout son exposé, il dit : « Le blé n’est pas cher parce qu’une rente est payée, mais une rente est payée parce que le blé est cher; et on a justement observé qu’aucune réduction n’aurait lieu dans le prix du blé, lorsque les propriétaires renonceraient àla totalité de leurs rentes. Cette résolution ne ferait que permettre à quelques fermiers de vivre en gentilshommes, mais elle ne diminuerait pas la quantité de travail nécessaire pour faire produire la terre la moins productive mise en culture.» Cette observation de Ricardo est d’une pafaite justesse, mais elle est malheureusement en contradiction avec le reste de son système. »

Après avoir ainsi réfuté Ricardo, M. Macleod explique comment la rente de la terre fait ressortir la loi sur la valeur instantanée.

La rente est la somme que le fermier paye au propriétaire pour l’usage du sol. La condition indispensable de son existence, c’est que quelqu’un possède plus de terre qu’il n’en peut lui-même cultiver, ün propriétaire est un capitaliste dont le capital consiste en terre; de même que les autres capitalistes, il la fait valoir lui-même ou il en prête une partie à d’autres pour la faire valoir, et il a le même droit à en retirer un intérêt. Le propriétaire qui cultive sa terre diffère du fermier, exactement comme celui qui fait valoir un capital emprunté. Mais quand on possède

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