‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 6 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

donnant à ceux-ci d’autres produits dont eux-mêmes éprouvent le besoin. A mesure que la civilisation avance, les besoins et les désirs augmentent, et stimulent de plus en plus les hommes à produire de quoi obtenir les moyens de les satisfaire. Ces échanges forment le

lien de la société.

Mais il y a deux principes, entièrement opposés, de distribution des objets produits. L’un refuse aux membres de la société le droit de propriété sur les produits de leur travail; il met tous les produits en commun, pour les répartir d’autorité entre tous. Ce principe a eu ses partisans et l’on a maintes fois essayé de 1 appliquer, mais ces essais ont constamment échoué. Les diverses combinaisons qu’il inspire sont comprises sous la dénomination générale de socialisme. L’autre pnncipe laisse à chacun des travailleurs la propriété exclusive des fruits de son travail. Chacun d’eux est encouragé à produire par le désir qu’il a d’obtenir quelque autre objet au moyen d’un échange, et il est libre de traiter avec celui qui peut le lui procurer. Les parties contractantes règlen entre elles les quantités respectives des produits qu elles

échangent. , , r lo

C’est sur le second de ces principes qu est fondée la

science qu’enseigne M.

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comme une illusion fatale, comme une impraticable utopie, sous quelque forme adoucie qu’il se produise. Elle est exclusivement fondée sur le droit sacré de la propriété particulière, sur le droit incontestable que chacun possède de conserveries fruits de son iravail, et de les échanger avec ceux de qui il lui plaît, dans la pro

portion convenue entre les deux parties.

C’est à ces échanges et aux différentes proportions

dans lesquelles différentes choses s’échangent entre elles, . que, dans l’opinion de notre auteur, se réduit la science

de 1 économie politique. L’objet de la science pure est

de découvrir les lois qui règlent les relations d’échange

des objets. Les rapports d’échange des objets entre eux

étant désignés par le terme de valeur, l’économie

politique est proprement la science des lois qui régissent les valeurs.

11 s’ensuit qu’elle comprend tous les objets qui ont de la valeur ou des relations d’échange. Tout ce qui peut s’acheter et se vendre rentre dans son domaine. On y a d’abord admis exclusivement les biens matériels; on y a rangé ensuite les biens moraux et intellectuels susceptibles d’être vendus. Mais on n’avait pas été plus avant; on n’avait tenu compte que des biens qui existent dans le présent. M. Macleod, le premier, a rattaché à l’économie politique une troisième classe d’objets qui légitimement lui appartient.

Traduisons ici exactement le texte de l’auteur de cette importante découverte :

« Si nous comprenons dans l’économie politique tout ce qui a des relations d’échange ou de la valeur, tout ce qui peut s’acheter et se vendre, borner la science aux biens qui existent dans le présent est une erreur évidente. Toutes les sociétés civilisées offrent des propriétés d’une valeur immense, qui n’ont pas d’existence actuelle, qui n ont qu’une existence future, et qui sont des objets d échange. Ce sont là les éléments dont traite la théorie de la valeur présente des paiements différés; soit la théorie de la valeur des propriétés foncières, des annuités, des fonds publics, et toute la doctrine du crédit, laquelle est la grande pierre d’achoppement des économistes. Sous cette dernière dénomination seulement se ran^^e une masse de propriétés d’infiniment plus de valeur que [! toutes les autres propriétés ; et elle est entièrement né-

^ par les économistes. Un paiement futur peut être

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