‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 50 sur 187 · I. LES DOCTRINES. îD · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES. îD

ne tardent pas à s’en apercevoir et ils refusent de travailler à moins de salaires plus élevés ; mais en ce cas il y a une limite que l’entrepreneur ne peut pas dépasser ; à ce point, comme précédemment, il résiste, et les ouvriers cèdent. Quelquefois il arrive que les ouvriers s’égarent au point de penser qu’en élevant le prix de leur travail ils agiront sur la valeur de l’article ; erreur qui a provoqué tant de grèves dans les districts manufacturiers. Les grèves ont eu heu aussi bien dans des moments de détresse que dans des moments de prospérité industrielle ; dans le premiei cas, lorsque les maîtres jugeaient nécessaire de réduire les salaires, les ouvriers se concertaient pour résister à la réduction; dans le second cas, lorsque les ouvriers se concertaient pour faire élever leurs salaires, les maîties leur résistaient, mais ils étaient obligés de céder. De ces faits, ainsi que de bien d’autres, il ressort que, loin que les frais de production règlent la valeur d une marchandise, c’est fréquemment la valeur qui détermine les frais.

Les salaires, on le voit, ou le prix du travail, sont déterminés par l’intensité du service au moment où il est rendu. S’il y a une ferme demande pour les marchandises, il y a une forte demande de bras pour les produire, et chaque entrepreneur qui a des ordres à exécuter se préoccupe d’engager des bras pour y suffire. Il s ensuit nécessairement que les ouvriers acquièrent plus de pouvoir sui les entrepreneurs, et sont en état d élever leurs prétentions; les maîtres y satisfont, parce que, si par la hausse des salaires leurs profits sont diminués sur chaque opération, ces profits sont augmentés dans l ensemble par suite d’opérations plus nombreuses. Au contraire, quand la demande des marchandises diminue, et par suite la quantité d’ouvrage à exécuter, le nombre d ouvriers étant le même, chacun d’eux est préoccupé de s assurer une part de la besogne, et le pouvoir de l’entrepreneur sur eux

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augmente. Les entrepreneurs sont donc en mesure de réduire les salaires, ils sont même tenus de le faire, parce que, le nombre de leurs opérations étant diminué, le profit à réaliser sur chacune doit s’élever pour leur permettre de vivre. Or à quelles époques s’accroît la demande des marchandises? Le sens commun et l’expérience répondent : c’est quand le prix des aliments est bas ; car alors la population est en état de se livrer à des dépenses de luxe et d’imprimer de l’essor au travail. Au contraire, quand les aliments sont chers, elle a peu à épargner sur les articles de première nécessité, et doit réduire ses dépenses sur les autres, ce qui diminue la demande du travail et en fait baisser le prix. L’histoire des prix en Angleterre atteste la -vérité de ces observations ; jamais le prix du travail n’y a été aussi élevé que lorsque les aliments étaient à bon marché. et lachertédes aliments y a toujours avili les salaires.

Nul doute qu’il y a une limite au-dessous de laquelle les salaires ne peuvent baisser d’une manière permanente, et qui est déterminée par le prix des aliments. Mais cela concerne uniquement le travail le plus grossier, et, du reste, pareille limite u’a jamais été atteinte en Angleterre, parce qu’elle dépend de la nourriture la plus vile et la plus infime dont on puisse vivre. L’ouvrier le plus pauvre, en Angleterre, se nourrit aujourd’hui de pain blanc, d’un pain tel que probablement, au moyen âge, un gentilhomme n’aurait pu se le procurer. Si le même pain, qui est l’objet de la consommation habituelle dans plus d’une noble maison sur le continent, était donné aux hôtes d’une maison anglaise de travail, on provoquerait infailliblement une révolte. Les ouvriers de la dernière classe n’ont heureusement jamais été réduits à cette extrémité d’une manière continue, bien qu’il puisse leur arriver quelquefois de gagner très-peu, lorsque l’ouvrage est rare. Alors ils sont assistés par la charité publique ou privée, (|ui les

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