‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 67 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

Un grand nombre de commerçants achètent des marchandises à crédit, dans l’espoir que leurs rentrées devanceront l’échéance de leurs obligations. Mais l’énorme quantité de marchandises versées sur le marché . e l’inonde en peu de temps, l’excès de l’offre avilit les prix, et les rentrées font défaut, ou elles sont insuffisantes pour faire face aux déboursés. Quand les choses en viennent là, il s’ensuit inévitablement une grande destruction de crédit et une grande demande d’espèces. Le crédit est détruit dans une proportion plus rapide que les opérations ne peuvent se restreindre. Les négociants qui n’ont pas obtenu les rentrées sur lesquelles ils comptaient pour remplir leurs engagements, doivent se procurer de l’argent à tout prix, et vendre peut-être leur avoir en ne reculant devant aucun sacrifice pour échapper à la ruine. 11 s’ensuit que l’argent, objet d’une demande intense, hausse considérablement, et que le taux de l’intérêt s’élève; en même temps, une masse de marchandises est versée sur le marché, et les prix baissent énormément. 11 se produit ainsi un taux élevé de l’intérêt des prix de ruine, qui durent jusqu’à ce que les approvisionnements excessifs s’épuisent et que la confiance renaisse. Dans de pareilles crises, les négociants qui ne possèdent pas assez de capital pour remplir leurs engagements et garder leurs marchandises jusqu’à la hausse des prix, se ruinent infailliblement.

Alors, le taux de l’intérêt n’a plus aucun rapport avec celui des profits. Ceux qui ont abusé du commerce (1) se préoccupent infiniment plus de la possession de l’argent que du prix qu’il leur coûte; ils ne reculent pas devant 15, 20, même devant 50 p. 0/0 pour disposer d’un argent qui les empêche de se ruiner. On voit que c’est, non la rareté de 1 argent, mais la cessation de la confiance qui

(1) En anglais, on se sert du mol overtrade.

pèse sur le marché de l’argent; et si l’on étudie les grandes crises commerciales qui ont sévi en Angleterre, on reconnaît que toutes ont été précédées et provoquées par une destruction du crédit, qui était habituellement le résultat de spéculations extravagantes.

Le principe que le rapport entre l’offre et la demande est la seule règle de la valeur, combiné avec l’action du système de crédit qui vient d’être exposé, explique tous les phénomènes constatés dans une gêne du marché de 1 argent. La disparition du crédit dans une branche de commerce produit tout son effet sur le taux général de 1 intérêt, parce que ce taux est réglé par la proportion de la demande d’argent, de quelque côté qu’elle vienne. Mais il ne s ensuit nullement que les prix de toutes les marchandises s avilissent. Le prix du marché pour chaque marchandise est régi entièrement par les circonstances qui lui sont propres. Si les propriétaires d’une marchandise ont un capital disponible et se sont prudemment conduits, le prix de la marchandise sera peu atteint, bien qu’elle ne puisse se défendre de toute sympathie avec d’autres. Mais céux qui auraient fait trop d’affaires et trop compté sur le crédit, sans posséder des ressources suffisantes, sont obligés d’inonder le marché de leurs articles pour les réaliser, et cet approvisionnement excessif avilira les prix. La crise augmentera, parce que, en de pareils temps, ceux qui possèdent de l’argent comptant hésitent à acheter, soit qu ils attendent une baisse encore plus forte, soit qu ils gardent leurs espèces pour maintenir leur situation. Par ces causes, non-seulement l’offre est augmentée, mais la demande est diminuée, ce qui double la baisse.

Tels sont les résultats déplorables de l’abus du crédit; mais son usage intelligent a les plus heureux effets. 11 tend à égaliser les prix, à les rendre plus constants. Si le manufacturier réclame immédiatement du négociant en gros

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