‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 69 sur 187 · LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

LES DOCTRINES

elles confèrent aux porteurs un recours général sur tout ce que possède la municipalité. 11 est donc inexact au plus haut degré d’employer dans un cas l’expression décapitai réel et dans l’autre celle de capital fictif. 11 n’y a aucune distinction entre l’un et l’autre, en ce qui touche la municipalité et ceux envers qui elle est obligée. La vraie différence est pour la société en général, où le capital se trouve, par la seconde méthode, à meilleur marché qu’autrement.

Cette seconde méthode a donc l’avantage de rendre le capital plus abondant, quelquefois de le fournir quand il ne peut être autrement obtenu , qu’il soit rare ou autrement employé. Si personne n’a d’argent, la seconde méthode pourra y suppléer, et tant qu’elle sera pratiquée judicieusement et pour d’heureuses opérations, elle sera un bienfait véritable. Mais elle comporte les plus fâcheux abus. Un capitaliste pourra étudier l’affaire pour laquelle on lui demande de l’argent et s’enquérir de la solvabilité des entrepreneurs, et, s’il n’est pas édifié sur ces points, il refusera le prêt. 11 existera ainsi un frein pour les entrepreneurs ; mais lorsque, destitués de tout contrôle, ils s’embarquent dans une opération, en écrivant des promesses de payement sur des morceaux de papier, ils peuvent se laisser aller à des spéculations dangereuses et se ruiner eux et ceux dont ils ont gagné la confiance. Car, bien que ces promesses de payement ne représentent pas des avances réelles et soient, dès lors, inexactement du reste, appelées capital fictif, lorsqu’elles circulent et sont reçues en échange de marchandises et de services, une opération désastreuse à laquelle elles servent de base détruit tout autant de capital que si elles avaient représenté des avances réelles.

Il a été établi par ce qui précède que dans la production des marchandises, expression qui désigne à la fois leur création et leur transfert, le crédit remplit exacte-

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ment les mêmes fonctions que l’argent. En cela le crédit équivaut sous tous les rapports à l’argent. Tant que les opérations qu il soutient sont heureuses, tout va pour le mieux. L’argent représente les résultats de l’industrie passée de quelquun; le crédit est un gage de son industrie future. Le crédit, en Angleterre, dépasse de beaucoup le numéraire; car on ne suppose pas que le numéraire qui circule excède un milliard et demi de francs, tandis que le crédit en billets, qui n’est qu’une forme de crédit général, s’élève à plus de dix milliards. Cela veut dire que les habitants de ce pays ont engagé leur future industrie jusqu’à concurrence de ce chiffre. Et ces di.x milliards constituent un capital, une valeur, tout aussi bien que le milliard et demi de numéraire. Nul doute que ce capital est d’une nature différente, qu il est sujet à des risques, qu’il peut en partie périr, mais incontestablement il remplit, dans la production, le même rôle que l’argent. Il constitue une valeur distincte et indépendante relativement aux marchandises en général, ■ différant en cela des connaissements qui représentent purement et simplement certaines marchandises. Le billet à ordre est une hypothèque, non sur la propriété, mais sur 1 industrie, et tout ce que 1 homme possède n’est qu’une sorte de garantie supplémentaire de l’exécution de ses engagements, dans le cas où il échoue dans son industrie.

Indépendamment des billets qui représentent des transactions;j«55ée5, la sagacité du commerce a découvert qu’on pouvait en appliquer d’autres à des transactions futures. Dans le cas d’une transaction passée, le billet était donné par B, qui avait acheté les marchandises à A qui les avait fournies, et A avait reçu de la banque, sur la bonne réputation de B comme sur la sienne, la somme qui devait lui etre payée a 1 échéance. Mais si B est riche et considéré il peut prêter son nom à A, sans qu’aucune négociation

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