‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 73 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

reçue du gouvernement. 11 s’ensuit que ces billets existaient en sus de l’argent déjà existant dans la circulation et équivalaient à une création d’argent. Le capital addition- j

nel créé par le crédit des orfèvres et par celui de la ban- ,

que eut cet effet, que le taux de l’intérêt, qui était précé- :

demment de 8 à 10 p. 0/0, même en temps de paix, se !

réduisit, après une guerre de vingt années, à 3 p. 0/0. La '

banque non-seulement jouissait de l’intérêt sur le prêt fait au gouvernement, mais elle retirait des profits d’une somme égale en billets, qu’il lui était permis de négocier.

Son capital fut accru ensuite par de nouveaux prêts au gouvernement, et chaque fois elle fut autorisée à augmenter ses billets dans la proportion de ses avances. Cha- t

(|ue fois, par conséquent, eut lieu une création de monnaie >

s’ajoutant à la circulation antérieure. A la longue, toute '

restriction de ses émissions disparut; elle put émettre autant de billets qu’elle voudrait, sous la condition indispensable qu’ils fussent payables au porteur. Elle ne subit plus de nouvelles restrictions jusqu’à l’acte de la banque de 1844.

Le trait essentiel d’une banque, à cette époque, était donc d’émettre des promesses de payement payables au porteur, qui devaient circuler comme de l’argent, c’est-àdire de créer de la monnaie. L’expression faire la banque signifiait recevoir de l’argent, donner des billets au porteur en échange et acheter des billets à ordre avec ses propres billets. John Law a dit avec raison : « La banque est un crédit général. »

Durant plusieurs années la banque d’Angleterre eut à lutter contre diverses tentatives de concurrence ; mais le i

parlement désirait lui assurer le monopole. 11 vota dans ce but l’acte de 1709, qui interdisait les opérations analogues aux siennes à toute société de plus de six membres, clause restrictive qui a été maintenue depuis lors. Cet

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étal de choses continua jusque vers 1 742, où, pour mettre fin aux tentatives en vue d’éluder la loi, un nouvel acte confirma le monopole de la banque. Trente ans après, ce monopole fut miné par l’adoption que firent les banquiers d une nouvelle manière d’opérer, simple et insignifiante en apparence, mais qui, en fait, paralysa la clause prohibitive de 1 acte de 1742. Jusque-là les banquiers étaient restés fidèles au mode primitif d’émettre des billets payables au porteur. Alors ils modifièrent la forme de leurs achats de billets. Lorsque les clients leur présentaient des billets à escompter, au lieu de leur délivrer des billets payables au porteur, ils inscrivaient sur leurs livres au crédit desdits clients, les billets présentés, et ils leur remettaient des livres contenant des modèles imprimés. Ces modèles furent appelés chèques, et ils étaient de véritables billets à ordre tirés sur le banquier et payables au porteur. D’ordinaire les tireurs de chèques y mettent le nom de celui qui doit en premier en toucher le montant, et ces effets circulent tout comme des billets de banque.

Ces chèques, on le répète, ne sont autre chose que des billets à ordre tirés sur le banquier et payables au porteur. Ils offrent, cependant, un trait particulier. D’ordinaire nul n’est tenu d’accepter un billet qui a été tiré sur lui, à raison d une dette, sans qu’il y ait donné son consentement en y écrivant son nom. Mais si cette règle avait été appliquée aux chèques, elle en aurait détruit l’effet, au point qu’ils n’auraient pu remplacer les billets de banque. Un billet de banque porte l’obligation pour le banquier d’en faire le payement ; mais un chèque non accepté, s’il était soumis à la loi des billets à ordre, n’impliquerait pas obligation de payer sans acceptation. Dès lors, on ne jugerait pas prudent de recevoir un chèque sans savoir s’il est ou non accepté par le banquier. Mais, pour écarter cet inconvénient et pour assimiler autant que possible le

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