‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 77 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

versement subit d’une immense quantité de capital sur le marché. Car non-seulement ces opérations ont toutes les conséquences de l’addition au capital existant, mais il s’y joint tous les fâcheux exemples d’une concurrence excessive; un taux d’escompte d’une exiguïté contre nature ; par suite, une dépréciation de la monnaie, l’exportation des lingots , des bulles de savon sous forme de banques, puis une prostration et des désastres. Quelque immenses que soient les bienfaits des banques, il n’y a pas d’industrie qui puisse produire par des excès des conséquences plus fatales.

Il a été dit plus haut que la seule limite que le banquier doive mettre à ses achats de dettes au moyen de promesses, consiste à observer une sage proportion entre les espèces qu’il garde et le nombre de promesses qu’il a à remplir. Mais il a beaucoup de chances de n’avoir pas d’argent à • payer. On peut supposer plusieurs banques fonctionnant sur les mêmes principes dans une même localité. Voici les chances qu’elles ont de faire leurs opérations sans demande d’argent. Par exemple, le client d’une banque peut tirer un chèque en faveur d’un tiers, client lui-même de la même banque, lequel peut le payer uniquement sur son compte; l’opération se réduira ainsi au transfert d’un compte à un autre, tout en ayant le même effet que si on avait compté de l’argent. Diverses opérations analogues peuvent se faire entre les clients de différentes banques. Les banquiers, se réunissant pour régler leurs comptes, compareront leurs obligations réciproques, et ne payeront en argent que la différence. Les opérations n’auront pas moins été accomplies que si elles eussent été effectuées avec de l’argent. Telle est la manière de procéder de nombre de banquiers, et le grand art, pour eux, consiste à calculer toutes les chances, en ce qui touche : premièrement, le nombre des demandes de payement, en second

lieu, celui de ces demandes qui peuvent être réglées et annulées par les compensations avec les autres banquiers, de telle sorte qu’ils économisent l’usage de l’argent gardé par devers eux pour leur sûreté.

Or, les dettes étant ainsi réglées par le simple payement des différences, il peut arriver qu’elles soient égales entre elles, et qu il ne se paye pas d’argent. 11 est possible qu’un certain nombre d opérations s’effectuent sans argent. C’est là une preuve concluante de la maxime précédemment émise, que la quantité d’argent nécessaire à un pays dépend de la manière de traiter les affaires, et n’a rien de commun avec la quantité des marchandises. Certains écrivains soutiennent que les prix dépendent de la quantité de l’argent

et de celle des marchandises; ce sont là de pures chimères.

Ici M. Macleod mentionne une institution de Londres ayant pour objet de régler d'un commun accord les réclamations des banquiers les uns sur les autres. 11 s’agit de la Maison de liquidation (1) fondée à Londres vers 1775. Cette institution étant déjà connue en France, malheureusement, du reste, non encore appliquée, nous en omettons la description; nous reproduirons seulement les observations qu’elle suggère. On ne peut qu’admirer, avec notre auteur, Texcellence d’une organisation, par laquelle plusieurs millions de livres sterling sont réglés chaque jour, sansl emploi d un seul billet de banque. On s’étonne en même temps qu’elle n’ait rallié encore qu 'environ la moitié des banques de la Cité, et que ni les banques situées en dehors de la Cité, ni la Banque d’Angleterre n’y participent, continuant à se servir, pour de pareils règlements, de procédés barbares. °

L une et 1 autre méthode fournissent matière de ré-

(i) Eu anglaii?, clearing house.

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