I. LES DOCTRINES
si elles avaient été présentées et acquittées par chaque banquier, car elles ont fait leur office avant d’arriver à l’établissement; elles ont fait circuler des marchandises, peut-être bien des fois.
On voit donc combien il est inutile d’essayer une éva-
tâ
luation de la masse de la monnaie de papier en Angleterre. On peut faire le relevé des timbres pour billets de banque, billets à ordre et promesses de'payement; mais comment connaître celle des chèques en circulation? Si on ne le peut pas, il n’y a pas lieu de calculer la quantité de la monnaie de papier, et il est encore plus impossible de contrôler l’émission du papier , tandis que la faculté de tirer des chèques est illimitée.
La portion considérable de la circulation qui consiste eu chèques n’a pas été suffisamment appréciée. L’attention des orateurs, des écrivains et des législateurs sur la monnaie de papier, a été presque exclusivement portée sur les billets de banque; toutes les idées relatives aux billets de banque, cependant, appartenaient aux chèques, sauf une légère différence dans la formule, et il n’est pas d’opération soutenue par une banque au moyen de ses billets, qui ne puisse s’accomplir avec la même efficacité au moyen de chèques. En Écosse, le système des billets de banque prédomine; les chèques y ont été introduits plus tard et y sont moins employés qu’en Angleterre. Mais eu Angleterre, les chèques sont prépondérants.
Après ces développements sur les chèques, M. Macleod revient sur la question des billets de complaisance, au point de vue des banques et des dangers sérieux qui les menacent lorsqu’elles les acceptent imprudemment. Puis il termine la théorie du crédit des banques par la mention des phénomènes de l’espèce soumis à la grande loi desprix.
L’escompte des billels à ordre consistant dans l’achat des dettes, qui doivent être assimilées aux autres articles
de commerce, il s’ensuit que leurs rapports d’échange sont régis par les lois de tous les autres objets. Le premier devoir d’un banquier est de conserver sa position en observant une certaine proportion entre les espèces qu’il possède et ses promesses de payement; et cette proportion doit varier de temps en temps, suivant les circonstances. Dans les défaillances générales du crédit, il doit garder plus d’espèces, comparativement à ses obligations, que dans les époques où règne la confiance. 11 est tenu alors de restreindre ses obligations , soit en refusant absolument d acheter des dettes, soit en les payant un peu plus bas prix, c’est-à-dire en élevant le taux de son escompte. Une hausse générale du taux de l’escompte a pour effet de décourager la mise en vente des dettes, de même que le bas prix de toute autre chose décourage sa mise en vente, ' sauf par ceux qui ont absolument besoin d’argent.
D un autre côté cette baisse de prix des dettes, c’est-àdire cet accroissement de la valeur de l’argent, cette élévation du taux de l’escompte, aune tendance irrésistible à attirer les lingots du point où ils abondent le plus, c’està-dire où le taux de l’escompte est le plus bas. Toutes les fois que les dettes s’achètent à bas prix, les lingots affluent pour les acheter ; là où les dettes se vendent cher, c’est-àdire là où 1 argent est abondant, ces dettes s’encourent pour y être vendues, il se présente des concurrents çà et là pour acheter l’argent. Par conséquent c’est une infaillible loi naturelle, que, lorsque le prix des dettes diffère sur deux marchés dans une proportion supérieure aux frais d’envoi des lingots, il provoque un écoulement immédiat des lingots vers le marché, où les dettes s’achètent meilleur marché, c est-à-dire où le taux de l’escompte est le plus élevé. Si le taux, par exemple, est plus élevé à Paris qu’à Londres, dans une proportion plus forte que les frais d’envoi des lingots, les dettes prendront leur essor de