‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 83 sur 187 · LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

LES DOCTRINES

verains seraient utilement dépensés sur le sol. Une ban- |

que écossaise, qui a connaissance de cet état de choses,

ouvre dans la localité une succursale et y envoie une caisse :7

de billets d’une livre, qui sont du crédit. Quel homme J,

sensé n’admettra pas que c’est du capital ? Qui niera que

le crédit n’est pas du capital en pareil cas? Et un tel cas ,

n’est pas rare en Écosse.

On peut dire que ces billets n’ont pas cours en dehors des-limites de l’Écosse, qu’ils n’ont pas de valeur intrinsèque. Mais cela existe pour toutes les valeurs. Toutes les "

valeurs, on l’a déjà démontré, sont locales. Qu’un souverain soit une valeur réelle, et qu’un billet d’une livre ,

n’en soit pas une, ce n’est vrai qu’en ce sens qu’un souverain est une valeur pour un territoire plus étendu qu’un billet d’une livre. Adam Smith remarque que le revenu de celui qui touche une guinée ne consiste pas proprement dans la pièce d’or, mais dans ce qu’il peut se procurer en échange. Si rien n’était obtenu en échange, la pièce d’or, comme un billet sur un failli, n’aurait pas plus de valeur que le plus inutile morceau de papier. Ce qui est incontestablement vrai. Et le contraire l’est aussi ; si un billet d’une livre peut être échangé dans une localité pour ;

le même nombre de choses qu’un souverain, ce billet, dans cette localité, a la même valeur que le souverain, '

tant qu’il est reçu sur le même pied que cette pièce.

Revenons aux économistes modernes. M. Macleod cite u.

les extraits suivants de M. J. St. Mill : « Les opérations du crédit ont donné lieu à beaucoup de fausses conceptions et à autant de confusion d’idées qu’aucune question d’é- j!

conomie politique... Comme exemple des notions con- l,

fuses qu’on s’est formées sur la nature du crédit, nous si- L

gnalerons le langage exagéré qu’on emploie si souvent sur ï

son importance nationale. ^Le crédit a un grand pouvoir, ;

mais non, comme bien des gens semblent le supposer, un (

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pouvoir magique ; il ne peut pas faire quelque chose de rien. Combien de fois un développement du crédit est signalé comme une création de capital, comme si le crédit était du capital ! Il semble étrange qu’il soit nécessaire d’indiquer que, le crédit étant uniquement la permission de se servir du capital d’un autre, les moyens de production ne peuvent être accrus par lui, mais seulement transférés. Si les moyens de production de l’emprunteur sont augmentés par le crédit qui lui est donné, ceux du prêteur sont diminués d’autant. La même somme ne peut être employée comme capital à la fois par le propriétaire et par celui à qui elle est prêtée. Mais, bien que le crédit ne soit rien de plus que le transport du capital d’une main à l’autre, c’est généralement et naturellement un transport à des mains plus capables d’employer utilement le capital à la production. »

Suit une citation deM. Mac-Culloch : « 11 est clair que, à quelque degré que s’accroisse le pouvoir de l’emprunteur sur une quantité de marchandises ou d’une somrne d’argent pour étendre ses opérations, celui du prêteur devra être diminué d’autant. La même portion de capital ne peut être employée par deux individus à la fois.

« Quand la marchandise est vendue de la manière qui vient d’être décrite, l'usage des acheteurs est de donner comme prix aux vendeurs des billets payables au jour où le crédit doit expirer ; et c’est dans les effets qui suivent la négociation de ces billets, que consisterait une bonne partie de l’influence magique qu’on a quelquefois attribuée au crédit. Supposons qu’un fabricant de papier, A, vende à un imprimeur, B, une certaine quantité de papier, et reçoive un billet de ce dernier pour être acquitté à douze mois. B n’aurait pas conclu cette transaction s’il avait été

obligé de compter de l’argent. Mais A, bien qu’il ait de l’emploi pour de l’argent, est mis en mesure, par la facilité

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