‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 84 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

de négocier ou de faire escompter ses billets, de donner le crédit demandé, sans se mettre hors d’état de poursuivre ses opérations. En pareil cas on dit que les deux parties sont soutenues par le crédit, et comme ces cas sont des plus communs, on soutient que la moitié de l’industrie du pays s’efiectue par ce moyen. Mais la vérité est qu’une grande partie de ceux qui s’engagent dans les entreprises industrielles emploient, non leur propre capital, mais celui des autres. L’imprimeur emploie le capital du fabricant^de papier, et celui-ci emploie le capital du banquier qui a escompté le billet. Le banquier avait sans doute en caisse l’argent dont il ne savait que faire; mais celui dans les mains desquels cet argent est parvenu l’appliquera sur-le-champ d’une manière utile, soit à l’achat de matières premières, soit au payement des salaires de ses ouvriers. 11 reste à savoir si l’affaire aura été avantageuse; mais il est essentiel de comprendre qu’elle aura réussi, non parce que le crédit est par lui-même un moyen de production, ou parce qu’il donne naissance à un capital qui n’existe pas, mais parce que le capital trouve sa voie daus les canaux où il a le plus de chances d’être utilement employé. Le véritable avantage dérivé de l’usage des billets consiste dans la substitution d’un moyen d’échange aussi peu coûteux que ce papier à un moyen aussi dispendieux que l’argent... En analysant chaque cas de l’espèce, nous trouverons invariablement que tout ce que le plus haut degré de crédit et de confiance peut espérer, c’est uniquement un changement de distribution du capital, son transfert d’une classe d’hommes dans une autre. »

En examinant ces extraits, on reconnaît qu’ils attestent la même inexactitude d’idées sur le crédit, qui a été déjà constatée chez J. B. Say. Mais, quant à M. Mill en particulier, lui-même peut être appelé en témoignage de son

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erreur. Lorsque, page 36 du second \olume de ses Principes d’économie politique, il a persiflé ceux qui croient que le crédit n’est rien de plus qu’un Iransfert de capital d’une main à une autre, puisque les fonds productifs du pays ne peuvent pas être accrus par le crédit; à la page 174 du même volume, il s’exprime en ces termes : « La valeur qu’on épargne à la société en se dispensant ainsi de la monnaie métallique est un bénéfice net pour ceux qui fournissent ce qui la remplace. Ils disposent d’une circulation monétaire de nombreux millions, qui ne leur ont coûté que les frais de gravure. S’ils emploient cette addition à leur fortune comme capital productif, la production du pays s’accroît, et la société s’enrichit autant que par l’emploi d’un autre capital du même chiffre. » 11 n’est pas nécessaire d’indiquer l'erreur de M. Mill dans le premier passage, tandis que lui-même l’a si bien fait dans le second.

Qui peut nier que la valeur présente d’une dette payable à terme est une valeur distincte et indépendante? C’est une marchandise marchande ; elle peut être achetée et vendue comme une livre de sucre, et l’argent payé pour elle ne la représente pas plus que l’argent ne représente une marchandise contre laquelle il est échangé. On ne peut dire où est l’argent qui finalement acquitte la dette ; mais, pût-on même le dire, la dette présente serait encore une valeur indépendante de l’argent qui à la fin l’acquittera. Car cette dette et cet argent passeraient par une centaine de mains avant l’échéance où ils seront échangés l’un contre l’autre. En affirmant que le crédit est du capital, on ne commet nullement la bévue que la même chose peut se trouver dans deux endroits à la fois.

« La question n’est pas minime, ajoute M. Macleod en terminant cette réfutation. La propriété qui circule en

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