I. LES DOCTRINES
Angleterre en billets à ordre, billets de banque, et crédits de banque, dépasse 15 milliards de francs; et la question est de savoir si elle constitue une valeur réelle et indépendante, ou seulement un mythe. Tous les économistes, depuis Turgot, prétendent qu’elle n’est rien, qu’elle est est une non-entité, n’ayant pas plus de valeur que le papier sur lequel elle est écrite. Nous, au contraire, eu opposition avec eux tous en France et en Angleterre, depuis Turgot jusqu’à M. J. St. Mill, nous soutenons qu’elle est une valeur réelle, une valeur distincte et indépendante eu sus et à part de l’argent et des marchandises, et nous sommes parfaitement convaincu d’avoir raison.
(t Nous avons démontré clairement, ce qui, du reste, ne sera contesté par aucun esprit initié à la nature des billets à ordre, qu’un billet ne représente nullement une propriété, qu'il représenté une dette, et non une somme d’argent en particulier. Aujourd’hui en France (1), pays en proie à une fureur de spéculation, les notions les plus dangereuses en matière de crédit prévalent et pénètrent même dans des livres distingués. C’est ainsi que M. Joseph Garnier, dans son ouvrage sur l’économie politique, discute trois définitions du crédit. La première consiste en ce que le crédites! la facilité d’emprunter, due à la confiance qu’inspire la personne: cette définition, il la rejette. D’après la seconde, le crédit est une anticipation de l’avenir; il la rejette encore plus. Mais la troisième, que le crédit est la métamorphose des capitaux stables et engagés en capitaux circulants , il l’adopte de M. Cieszkovvski , auteur d’un livre qui paraît avoir eu un certain débit sur le continent. Elle implique qu’un billet à ordre représente une certaine somme d’argent, et que, de même que les billets de banque, il circule de
(1) Ceci a été écrit en 1857.
main en main comme étant plus commode que l’argent. Ses partisans pensent que toute autre chose peut être mobilisée de la même manière, la terre et toute espèce de propriété. Ils confondent ainsi les billets à ordre avec les connaissements et les warrants. Il s’est publié des pamphlets qui proposent la fondation de banques pour monétiser toutes les valeurs. Ces doctrines erronées ne sont pas nouvelles, elles ont constitué le système de Law.
5® lies dernier» chapitres du volume de M. Wacleod.
Le présent exposé a reproduit, sinon en totalité, du moins avec de larges développements, les trois premiers chapitres du livre de M. Macleod, où ressortent avec le plus d’éclat sa vigueur et son originalité. Les bornes où il est obligé de se renfermer ne lui permettent pas de s’étendre également sur les autres chapitres, si remarquables qu’ils soient d’ailleurs. .Je me bornerai à en donner ici la substance que contient la préface mise par M. Macleod en tête de son volume, à la date de 1857.
(t Le quatrième chapitre contient moins de nouvelles choses que les autres. Le fait est (jue le sujet a été parfaitement traité par de précédents écrivains; je n’avais donc guère qu’à en réunir les problèmes classiques et à en essayer la démonstration à ma manière. La question des changes est, entre les questions économiques, celle qui de beaucoup a été la mieux traitée et la mieux comprise, par suite des débats vifs et approfondis qui ont eu lieu durant la guerre. Elle a été si bien réglée alors, qu’il y a peu de probabilité qu’elle soit soulevée de nouveau sérieuse-