‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 94 sur 187 · II. LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

II. LA MÉTHODE

aussi précise , aussi rigoureusement définie , aussi capable d’être réputée science exacte que toute autre

science.

Beaucoup de gens ont un sentiment vague que Adam Smith, Ricardo et l’archevêque Whalely sont d'éminents économistes, et probablement ils en font un groupe comme ils feraient des notabilités d’une des sciences exactes. Mais très-peu, excepté ceux qui ont fait de sérieuses études économiques, se doutent (jue les différences de principes les plus inconciliables les séparent. Le svslème de la Richesse des nations est fondé, on l’a vu dans l’exposé précédent, sur deux conceptions distinctes opposées, contradictoires, de la nature et de la mesure de la valeur. L’une mesure la valeur par le travail, l’autre par la puissance d’échanger , et ces deux conceptions en lutte s’entremêlent et s’enchevêtrent dans tout le cours de l’ouvrage. Ricardo a compris qu’elles étaient contradictoires et que l’une d’elles devait être écartée. Sous la dénomination de/iw il a adopté la mesure de

lu valeur par le travail, et entièrement écarté la valeur par la puissance d’échanger. Mais l’archevêque Whalely a démoîitré que Ricardo avait adopté la mauvaise moitié d’Adam Smith ; que c’est la puissance d’échanger, et non les frais de production, qui est la mesure de la valeur. L’archevêque Whalely et Ricardo sont en opposition complète l’un avec l’autre. Le premier soutient que l’ouvrage de Ricardo est une longue énigme, par suite de son erreur fondamentale sur la mesure de la valeur. Il ne s’agit pas d’une grande découverte faite par Ricardo, que Wbately aurait perfeclionnée. C’est une opposition absolue sur un point essentiel. Le même homme ne peut croire à tous les deux, pas plus qu’à l’astronomie de Ptolémée et a celle de Copernic à la fois. Ce sont deux adversaires, qui, loin de se compléter, se contredisent.

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Un compromis entre eux ii’est pas possible. L un ou l’autre se trompe tout à fait. Comme il ne s agit pas de petites choses, mais de la base même de la science, les économistes devraient approfondir la question et arriver à une entente. Les physiciens seraient depuis longtemps arrivés à une solution dans une matière d’une importance vitale. Mais comment arriver à la solution? Les mêmes principes qui l’ont dictée dans la physique, la dicteront, on peut l’assurer, dans l’économie politique ; elle sera due aux lois bien entendues de la philosophie inductive.

Ce mot de philosophie inductive rappelle le nom illus- Ire de Bacon. M. xMacleod caractérise ici avec précision les titres de cet esprit sublime, et constate en lui, parles citations les plus concluantes, un mérite qui ne lui avait pas été jusqu’ici pleinement reconnu, celui d’avoir professé que les sciences naturelles étaient la base, la préparation pour l’élude des sciences morales et politiques, et que sa méthode s’appliquait à celles-ci tout aussi bien qu’à celleslà. X ce sujet il engage une lutte vigoureuse avec son compatriote M. J. St. xMill, qui refuse à l’économie politique la méthode de l’induction, en alléguant que les économistes les plus distingués l’ont considérée comme une science Notre auteur prouve le contraire; il établit que Ricardo et ses disciples ont seuls procédé de la sorte, et cela avec des résultats fâcheux. L’économie politique est donc une science inductive. Elle doit adopter les méthodes d’investigation que la mécanique emploie depuis Galilée. Elle doit s’attacher aux mêmes procédés, et si les doctrines qui ont cours dans son domaine en sont des violations manifestes, ces doctrines doivent être condamnées.

De ce point de vue, M. Macleod reprend ses définitions principales, et en premier lieu celles de la science ellemême. L’économie politique traite des lois qui rèc/lent les rapports d'échanye des quantités. Celle formule échappe

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