H. LA MÉTHODE
aux objections qui ont été justement produites contre celle qui fait de l’économie politique la science de la production, de la distribution et de la consommation des richesses. Car elle trace une ligne parfaitement nette de démarcation entre un produit agricole et 1 agriculture, entre un article de commerce et la manière de le produire, en un mot entre les produits existants et leurs rapports d’échange et les procédés divers pai lesquels ils sont obtenus. Nous avons ainsi une claire indication de ce que renferme la pure économie politique et de ce qui se trouve en dehors de ses limites. Tout ce qui cause une augmentation ou une diminution du nombre des produits, ou modifie leurs relations d’échange, rentre dans l’économie politique ; la méthode d’après laquelle les produits sont obtenus, rentre dans la technologie. Ainsi les causes qui déterminent une plus grande ou une moindre production de blé ou qui influent sur son piix, appailiennent à l’économie politique; les perfectionnements dans sa culture sont compris dans la science et dans 1 art
de l’agriculture.
11 faut non-seulement obtenir des conceptions exactes, mais il faut encore les rendre sensibles. Lorsque nous avons arrêté dans notre esprit que le terme de valeur en économie politique est exclusivement un signe d’égalité entre deux quantités, que la valeur est une jmoportion, et non une qualité, il s’ensuit que toute (juantité qui entte dans cette proportion, est une entité ou un élément économique, quelle que soit sa nature. Ainsi, lorsque nous disons : 1 gramme d’or a la valeur de 15 grammes d’argent, c’est l’équation ci-après ;
1 gramme d’or = 1j grammes d’aigcut,
ce qui donne celte proportion :
Or : argent : : lo : 1.
EXPOSI*: GÉXl'.RAL.
La valeur étant ainsi le signe d’égalité entre les deux quantités dont ils agit, et indiquant le rapport dans lequel l’or et l’argent doivent s’échanger, on peut en conclure que deux quantités quelconques entre lesquelles ce signe peut êire placé, doivent être considérées comme des entités indépendantes, et font partie du domaine de l’économie politique. Une leçon de musique ou de dessin, qui coûte une pièce d’or, est également une entité économique. Une leçon de musique ou de dessin, et un pain ou une table ne sauraient être comparés; mais quand il se trouve des individus disposésàdonner la même somme d’argent pourchacun des deux articles, ils deviennent comparables. Par conséquent, c’est le désir qu’on éprouvepour les marchandises etla somme d’argent qu’on veut donner pour elles, qui sont la mesure de leur valeur. Chacune d’elles est donc une entité indépendante. Tels sont les services personnels et professionnels pour lesquels ou donne de l’argent, car la même cause leur communique de la valeur, soit le désir qu ilsfont éprouver. Que je désire l’avis d’un jurisconsulte pour lequel je paye cinq cents francs, ou un chronomètre qui me coûte autant, l’avis du jurisconsulte est une entité économique tout aussi bien que le chronomètre.
Or, Adam Smith et Ricardo ont borné leurs études aux seuls produits matériels; en cela, il est évident que leur système est défectueux. J. B. Say, avec l’école française et M. Senior, ont reconnu que les produits intellectuels sont à tous égards des entités économiques. Pour eux, la propriété littéraire et une clientèle sont des entités économiques, tout comme un hectare de terre ou une machine à vapeur. Ils ont ainsi considérablement étendu la science. .Mais ils ne lui ont pas fait atteindre toutes ses limites. Il existe une masse considérable de valeurs qu’ils n’ont pas remanpiées, et qui rentrent évidemment dans le domaine lie l’économie politique. Ce sont toutes les annuités, toutes