‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 99 sur 187 · II. LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

II. LA MÉTHODE

Indépendamment de ces cas supposés qui fournissent à l’économie politique une base solide, M. Macleod mentionne une autre loi delà logique inductive, à laquelle un de ses compatriotes, le docteur Whewell, a attaché son nom, et qui, pas plus que tous les procédés de la logique, tant d’Aristote que de Bacon, n est un instrument poui découvrir la vérité, mais qui est du moins un moyen de la vérifier. C’est à l'aide des cas supposés et de la loi de continuité à la fois, qu’il a vérifié l'axiome concernant la loi générale des prix, exposée dans ses Llements d économie ]iolitique. « Nous avons, dit M. Macleod, imaginé deux cas supposés et possibles aux extrémités du prix. Nous avons montré que, lorsque le prix est extrêmement bas, il dépend de ce qu’on appelle la loi de l’offre et de la demande, et nous avons montré aussi que, lorsque le prix est extrêmement haut, il dépend de la même loi. Nous avons établi que nulle autre loi n’opère aux points extrêmes ; par suite nous affirmons, en vertu de la loi de continuité, que la même loi de l’offre et de la demande régit universellement, uniquement, exclusivement le prix à tous les points intermédiaires, dans tous les cas et dans tous les temps. Nous avons pris ainsi une position inattaquable. Nous affirmons que celte induction est aussi concluante que toute autre, et'qu’aucune critique, aucune chicane ne saurait l’ébranler. D’un poste si solide, nous pouvons déclarer que, si une autre loi était proposée comme règle des prix, à quelque point intermédiaire entre les extrêmes, autre que celle de l’offre et de la demande, cette loi serait fausse ; et que s’il en était proposé une autre qui, en apparence, influencerait les prix dans quelques cas, elle serait reconnue n’être qu’un cas particulier de la loi générale, la logique inductive prouvant que ce ii est pas la

vraie loi. » , j.. -i i i •

Ici M. Macleod reprend avec de grands détails la loi

,.jn EXPOSÉ GÉNÉRAL.

prétendue qui règle la valeur par les frais de produclion, et démolit de nouveau l’édifice fragile de Ricardo. Mais nos lecteurs en ont déjà vu les ruines, et nous abordons maintenant d’autres applications à l’économie politique

de la loi de continuité.

« La grande doctrine de la continuité de la science, dit M. Macleod en commençant l’article sur la matière, et ce qu’on appelle plus spécialement la loi de continuité, se tiennent si étroitement qu’il est impossible de les séparer. Le terme de loi de continuité, qui s’applique généralement à certaines doctrines de telle science en particulier, nous pouvons l’étendre à la méthode qui conclut par analogie d’une science à une autre. Cette loi est une des armes les plus puissantes de la logique d’induction, et elle a une. immense application dans les sciences physiques. Elle a été employée, notamment, avec le plus grand succès, à arrêter les conceptions fondamentales delà mécanique, de l’éiectricité, delà géologie. Son application aux conceptions fondamentales de'l’économie politique n’a jamais été, que nous sachions, soupçonnée. Sa grande fonction dans une science en particulier consiste à abolir les distinctions

fausses...

« Bien que tous les économistes conviennent, nous le croyons, que 1 économie politique tiaite de la richesse, ils diffèrent profondément d’opinion sur ce que c’est que la richesse, et par suite sur les vraies limites de la science. 11 n’y a pas un terme dans la matière sur la signification duquel ils s’accordent. Nous allons essayer, par l’application du principe de la continuité des sciences et par la loi de continuité, de faire ressortir que ces dissidences peuvent être écartées par l’analogie des autres sciences. »

Pour cette étude M. Macleod pose deux règles : 1" parfaite généralité des conceptions et des axiomes; 2» dans une conception générale et dans un axiome général aucun

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