V. S G HE IL
Sippar était construit sur une terrasse artificielle pouvant varier, en hauteur, entre (i met res et j o mètres. On peut constater cela au moins à partir de la première d\ nastie babylonienne. Maisil semble, cju aune époque antérieure, on y ait habité presque en rase campagne. C’est ainsi qu’au monticule F, nous avons ouvert au niveau de la plaine actuelle, mais à i o mètres de profondeur dans le tell, des chambres et des fours. Des tablettes que j y ai tromées ne portaient pas de suscription historique, mais leur type d écriture, très beau et très archaïque, pourrait remonter plus haut que la seconde dynastie d’Ur.
Vue des fouilles de Rassam. Chambre voûtée le long du chemin (R).
I ne autre exception de construction en presque rase campagne est, au sud de A, où trois points émergent, à peine, au dessus du sol. 11 y avait là des murs très bas limitant des pièces qui communiquaient entre elles. C’est là que furent trouvées, le dernier jour, ces animaux composites dont nous parlerons plus loin.
La \iile se dix isaii en deux parties bien distinctes : le massif du Temple avec ses dépendances, le massii de la ville proprement dite. Un grand chemin tournant les séparait.
Le temple, appelé E-Babbara ou E-Barra (maison de Lumière), comprenait avant tout la ziggurral ou tour à degrés: c’est actuellement le point culminant O de la ruine. Le nom de la ziggurrai de Sippar était d’après 11 B. 5o, 8, u, s^TTTT IEII trjyyt c'est à dire <r Maison des chants du dieu de splendeurs.
Autour de ce point culminant on constate, légèrement en relief, deux lignes parai-
lèles mamelonnantes( PQ) affectant , dans l’ensemble , la forme de parallélogrammes. Elle recouvrent les constructions qui contournaient la ziggürrat et consistaient en immenses galeries, couloirs, halls qui communiquaient entre eux. En QR, elles avaient au moins quatre mètres, en P, environ dix mètres de hauteur.
C’est dans la région R, sur ces deux enceintes de galeries sacrées, que Rassam à surtout travaillé; il y a trouvé une bibliothèque et le texte du roi Nabubaliddin.
Ces galeries qui entouraient la ziggürrat durent servir aussi de comptoirs ou de greniers, pour recevoir les denrées et fournir des livraisons à qui de droit. Par les textes de la fin de 1’Empire, nous savons qu’il y avait autour de l’Ebarra au moins quatre de ces établissements.
i° Bit hum rabû sa ma muhlji nàri Sippar : le grand dépôt qui est sur le canal, en N probablement, et où on amenait par voie d’eau les denrées. On l’appelle aussi plus simplement bit basa.
9° Bit basa niclinit sarri : le Dépôt des dons royaux.
3° Bit sutmnmu sarri : le Grenier royal.
h° Bitkarî: une autre grenier h.
Il est possible que chacune de ces maisons reçût spécialement telles ou telles denrées. En tout cas, elles étaient toutes des dépendances du Temple, matérielles et morales, gérées par les prêtres; car toutes, à plusieurs reprises, dans les textes mentionnés, sont placées, comme Ebarra même, ma mu ht nàri ce sur le canal n.
Toutes, je le répète, recevaient livraison d’impôts en argent ou en nature, et d’offrandes; toutes fournissaient la matière d’alimentation ou de travail à qui en relevait.
Là, comme par devant le ministère public, se concluaient et se rédigeaient les contrats. Les tablettes même s’y conservaient, à certaines époques du moins, et Rassam y a découvert près de ùo,ooo pièces de ce genre, de l’époque du dernier Empire.
Deux personnages étaient à la tête de cette vaste administration : le Sangii Sippar (prêtre), qui est le même que le Sangu sa Ebarra, comme d appert du texte de Nabubaliddin pris dans son ensemble et le Qêpu (gouverneur, surveillant), dont les fonctions étaient plutôt civiles, et qui était subordonné au Sang à f'h
Tout le personnel du Temple ne demeurait pas au Temple, il est permis de le présumer. Aussi bien existait— il , sur le même plateau, à proximité, un quartier probablement réservé aux fonctionnaires du sanctuaire. Toute la partie M du plan, et en arrière jusqu’à la plaine NNW, était occupée par des maisons privées assez jolies dont plusieurs furent \ idées sousmesyeux, et qu’on rendrait habitables à peu de frais, encore aujourd’hui. L’une d’elles était la demeure, sous Hammurabi, d’une dame riche nommé Narubtu, fille d’Abupiam [var. Nabirtum, fille d’Abumpiam W), et prêtresse de Samas.
Tallqvist, Die Contracte Nabonid's, p. xv.
(2) Uir. Piîiser , Batnjl. Vertrâge, p. xix, xxvi.
(3) Cfr. Meissner, Allbabyl. Vertriiffe, p. 6i (VA. Th. f)G5).