‹ Une saison de fouilles à SipparChapitre 17 sur 95 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L’ÉCOLE À SIPPAR.

Pour les Babyloniens comme pour nous, avec quelque différence cependant, la Dupsarrulu ou Science de l’écriture cunéiforme était difficile, plus difficile à acquérir que la science meme de la langue qu elle servait à lixer. On sait combien, absolument parlant, son mécanisme était complexe et imparfait, pour I emploi de signes svllabiques, à la fois polv-phonétiques et poly -idéographiques, appliqués tantôt avec une valeur phonétique, tantôt comme idéogramme. Et quelles que lussent les diffi-

Yue d’une partie de l’école.

cul tés intrinsèques au svstome, la fantaisie des scribes y ajouta encore, en jouant avec rrs signes, et en multipliant jusqu'au fatras les simples éléments nécessaires à la lecture et à l’écriture.

On comprend aisément qu’il ait fallu chez eux-mêmes, un apprentissage long et pénible pour devenir dupsar , et que cette profession dut être une profession réservée.

Aussi bien Asurbanipal se fait il un titre de gloire, qui lui appartient à l’exclusion des autres rois, d’avoir embrassé la sagesse de Nabù, d’avoir pu lire et écrire tous les genres de tablette de la Dupsarnitu (Pass. nisiq dupsar ruti... nimeqi Ndbiî, tikip santalcki mala basmu ma duppâni astur, asniq, abrêma ana tamarti sitassiua kirib êkalliya akin ) .

Le Dieu qui présidait à la Dupsarnitu était Nabù qui est appelé :

Subit cpin duppi elli rr qui tient le calame sacré, n (Bel-Har-bel-usur , 3.)

N a si dnppu èiniât ïlâni te qui porte la tablette des décrets divins, » (Ibid., 3.)

Bel sumâte « le maître des noms.» (Pass.)

Subit duppu balaii rr qui tient le livre de vie.» ( Texte inédit de Constantinople.)

Banà sitri dupsairuti rr qui a fondé ou qui explique l’écriture cunéiforme. » (Il 1t. Go, 3ù.)

On faisait remonter en ell'et, l’origine de l’écriture aux dieux; comme dit lié rose I: tovto Ss (pvvn r 6 X>wov (ClcLwyv) . . . rois olvO pâmais ypoippâtron* xcli pccdv patron* St^atirxeiv x.r . X.

La corporation des scribes devait être absorbée par celle des prêtres. C’est ainsi qu’un seul idéogramme finit par exprimer les deux fonctions. Les nombreux contrats de Sippar, de la fin de l’Empire, abondent en fonctionnaires et nomment assez rarement un dup-sar. Cependant les écoles devaient y être 1res fréquentées, et les scribes, pulluler. La raison en est que le même signe comme notre clerc, désignait et le scribe et le prêtre. Aussi bien, à l’époque grecque, bon nombre de tablettes scolaires ou copies de textes sont des travaux de Kala sihru « apprentisprêtres y* et signés par eux (G. Reissner, Sam. Babyl. Hijmn. p. xm, xiv). Sous Aminizadugâ, comme ma tablette du Déluge le montre, on signait dup-sar sihru, ce qui est la même chose au fond, « scribe-apprenti ». Il y avait une hiérarchie dans la corporation, et comme on rencontre des US-KU-MAH, il y avait aussi des DLIP-S AR-MAH et grand prêtre et grand scribe ».

Je connais un seule exemple d’une femme scribe. Une tablette ( kisri ) de Constantinople, Sip. 56d, termine sa liste de témoins, comme il arrive souvent, par le nom du scribe. Ce scribe et ici T \ — dup-sar, Amat-Bau

(ou servante de Bau) dame-scribe. Le contrat est de l’année où fut construit par Hammurabi le temple d’ Abondance de Rammân : Mu * J (pour nam-lie

dingir IM.

A raison de son caractère libéral, difficile, utile, la profession de scribe devait être des plus honorables. Tel dupsar pouvait devenir un personnage important de la Cour, à Babylone ou à Ninive, comme ce Marduk-nadm-ahê «scribe insigne» qui construit sa maison, à Assur, à l’ombre «lu temple de Marduk, dont il était sans

Page 1