‹ Une saison de fouilles à SipparChapitre 18 sur 95 · V. SCHEIL · texte numérisé non relu

V. SCHEIL

doute aussi le prêtre, et < j u i se nomme lui-même et l’ami du roi Assur-ubaHitn (cl. Rec. de travaux, t. XIX, notes, n° wiv).

\ussi les gens avisés poussaient leurs Mis dans celle carrière. Gomme dit un texte publié par Graig, Relig. /’., p. 63, i. iq etsuiv. :

\»ril luiunmiu. iniichi, nasir pinsti ilâni rabt'ui apilsu sa irananu, ina dappi u (fân duppi ina mahav Samas u lîammân utammasuma usahhazu.

t- L’artiste, le savant, le gardien des oracles divins lait lire et apprendre, tablette et calame à la main, le tils qu’il aime, devant Samas et Raminan (dieux d'oracles)»...

De même que les villes avait chacune leurs Dupsar, elles devaient posséder aussi chacune une école plus ou moins élémentaire où l’on apprit à confectionner au moins un acte juridique, de tous les plus nécessaires. Les grandes villes avaient évidemment des écoles plus universelles, fameuses par les traditions de science et de méthode, où l’on apprenail le slvle historique, le style religieux, le style astronomique en outre du juridique, récriture archaïque aussi bien que la contemporaine etc.

De tous les centres intellectuels, quelques noms survécurent dans la mémoire des peuples, et surtout celui de Sippar dont le renom scientifique et littéraire dut être grand.

Tout le monde connaît les deux textes fameux: l’un de Dérose, l’autre de Pline, qui mentionnent à ce titre notre ville :... rov Kpovov clùtw (Eùrovôpcü) xarà rov vnvov sntrrïÿvry (pctvcu p/vo? A yiaiov mspLnrri xy\ Xsxyrrj rov? yvdpwnov? vno xyryxXvrrp.ov (pBypÿcrsaQyi xsXsvrryi ovv Siy ypyp.p.<xrwv xsâ.vr wvypyy? xy\ gérry xylrsXsvry? opvz, yvvx Bsivyi iv moXsi 11 Xiov ^mnypot? ... et plus loin après le déluge:... sine rs yvrol? ou nsykiv sXsvcrovryi si? ByÇvXwvy xa i w? sip.ypryi yvrol? sx 'Lmnd.pwv yvsXousvoi? ry ypyp.fx.yry StySovvyi roi? àvdpwnoi? ( Lih. 11; éd. Dicht, 56) etc. et encore... èXOovry? ovv rovrov? si? Ba6uA<wa ra. rs ex 'Lmnv.pwv y pjÿfxgyry yvopvçyi... [Ibid.)

Sont etïamnum in Mesopotamia oppida Sipparenum Ghaldæorum doctrina, et hoc, sicut Dahvhmii jiixta lluvium Narragam, qui dédit civitati nomen. Muros Sipparenorum Persae diruere. Orclieni quoque tertia Ghaldæorum doctrina, in eodem situ locantur ad meridiem versi [Hisl. naL, vi, 3o).

Le sanctuaire de Sippar, dédié à Samas, avait une importance très grande, à l égal des plus fameux de la Babylonie. Le culte y était pompeusement organisé, et devait naturellement inspirer toute une littérature religieuse et lyrique.

D’autre part, la fécondité extraordinaire du sol et les divers genres de culture qu'on v pratiquait, surtout celle du blé, y avaient développé le commerce et la richesse. les travaux de fabrication et de transports, et en même temps, par la force des choses, les cultures intellectuelles, surtout la science du droit qui règle les rapports des citoyens et veille aux transactions multiples, de la vie sociale. On comprend que dans cette riche plaine qui à Sippar s’étend entre le Tigre et l’Euphrate,

au point où les deux fleuves sont le plus rapprochés, celte plaine qu’ Hérodote vantait comme la plus riche de l’Empire perse, et dont Ibn Djobaïr (éd. Wright, p. ai 3) disait encore qu’elle formait de Bagdad à Hillah le plus beau chemin et le plus agréable de la terre, on comprend, dis-je, qu’il fallut, outre les poètes sacrés, fout un monde de scribes pour la comptabilité et la rédaction des contrats et lettres d’affaires.

Sauf peut être le genre historique, tous les autres genres littéraires y lurent cultivés. Sippar, en effet, n’était pas une ville royale, et les fastes des rois s étalaient plutôt au milieu de leur capitale, ou sur le parcours de leurs conquêtes. Nabu-baliddin fit rédiger à Babylone, comme le porte la suscription , son texte destiné à l’Ebarra.

Comme ailleurs, et peut être mieux qu’ailleurs, les vieux textes y étaient conservés dans de vraies bibliothèques. Une inscription inédite nous apprend, en effet, le voyage d’un clupsar à Sippar pour collationner sur un texte archaïque, une inscription fruste ou mutilée ou mal transcrite. (Ce récit d’un archéologue babylonien appartient à l’Université de Pensylvanie; c’est M. Hilprecht qui m’a renseigné à ce sujet, en attendant qu’il publie ce document intéressant.)

11 était donc assez naturel de rencontrer à Abou Hahba dans mes fouilles, des emplacements ayant servi (Y écoles , et je ne me trompai pas en appelant de ce nom la maison dont j’adjoins ici le plan. Elle était, il est vrai, de petites dimensions, mais bien sise, un peu au N. de U, vis-à-vis et à proximité du temple. Les chambres avaient quatre mètres en hauteur. Dès le premier jour, l’équipe que j’y envoyai en lira des pièces intéressantes, statuettes et tablettes de bon augure. N’avais-je pas lu sur l’une des tablettes:

(Relcv? par l'Jaleurd

Plan île l'école.

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Celui qui excellera dans la Tupsarrulu (Ecole de K Ecriture) brillera comme le Soleil!

Comme il est dit dans Daniel (XII, 3): Qui autan docli fuerint, fulgebunt quasi splendor Jirmamenti ?

Bientôt, dans l’une des pièces de cet édicule, à niveau du parquet, dans un coin fermé par des briques cuites, le tout formant comme une cave rectangulaire, apparut une masse énorme, compacte et cohérente de tablettes de toutes sortes, hymnes sumériens, listes mélroîogiques, syllabaires, contrats; tous documents appartenant à l’époque de Hammurabi. Mais ils n’avaient malheureusement pas été cuits. I ne

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