‹ Une saison de fouilles à SipparChapitre 37 sur 95 · V. SCHEIL · texte numérisé non relu

V. SCHEIL

Dans le contrat S 83 de Constantinople (Isin) on

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lit ces trois évènements :

Mu Dur Nisinld [ba ni\

Mu Dur Hal-gal-gal [ ba ru ] Mu Samsu-Iluna lugal e

Ebabbar, E(dingir ) Nergal UD- KIB-NUN-KI

Ap-su-nê-nê in ak-a-an,

fc Année de la construction de Dur-Nisin (enceinte de Nisin).

«Année de la construction de Dùr-Hal-gal-gal.

«Année on Samsi-ilnna roi, fit les apsu des temples du Soleil et de Nergal à Sippar».

Cette mention d’un sanctuaire de Nergal à Sippar ne doit pas nous étonner, puisque sous Nabonide, on y mentionne encore un Esicllam (Strassm. , Nabonid, 19e).

Hammurabi ne parait pas s’être occupé spécialement du Temple; son fils y suppléa au moins pour certains détails.

Les derniers documents de cette époque trouvés dans la ville finissent avec Samsudilana.

Tous les documents de cette dynastie se trouvent presque à la surface du sol, de un à quatre mètres de profondeur : ce qui semble prouver qu’il n’y eut plus à la suite, jusqu’à la fin de l’empire, de population sédentaire, lettrée, mais plutôt nomade, inculte, barbare, et que le temple seul inspira encore quelque intérêt aux rois pieux de l’avenir. Aussi bien les princes de la dynastie suivante jusqu’à la kassite n’y ont laissé que peu de traces et paraissent avoir été assez insignifiants.

Par un rare bonheur, nous avons trouvé à Sippar, I e premier et unique document de cette dynastie obscure, une pièce juridique datée de l’année où Danuq ilisu «reconstruisit l’enceinte de Nisin (Isin)». Du même coup est résolue la question de l’authenticité de ce groupe de rois, et celle du centre strictement babylonien où ils régnèrent. Il reste douteux s’ils ont vécu avant ou après la dynastie dite lrc de Babylone (voir Recueil de travaux , t. XXI 1 1 , p. q3).

A l’avenir, l’histoire de Sippar jusqu’aux Sargonides, 11e sera que l’histoire du Temple.

Burnaburias L'1', de la dynastie kassite, qui s’occupa de divers sanctuaires, comme l’Ebarra de Larsa (cf. Nabon., Ur., 1, 55) ne paraît pas avoir voué les mêmes soins à celui de Sippar. Ce qu’il n’avait pas fait, Kurigalzuï01' (v. 1 à 00 j lo lit. En même temps qu’il fondait, à quelques lieues de là, Dur Kurigalzu, il restaura l’Ebarra de Sippar, et YE-Dubar d’Aganê. Voici l’unique texte qui en fait foi, sur une belle brique grise d’une pâte différente des autres briques de Sippar, et aussi de dimensions plus

grandes G). Je la découvris moi-inêine le premier jour des fouilles au Nord de la zi<>gurral entre O et M, prescpie à la surface du sol. Le texte (sumérien) en est publié au Rec. de trav., t. XVI, p. 91 :

k A Samas, roi de Sippar, son roi, Kurigalzu, roi puissant, roi de Sumer et Accad, roi des quatre mondes, noble prince, économe des dieux, favori de Samas et de Senirda : Le temple d’Ebarra . . . ayant vieilli, il lui moula des briques, renouvela ses ruines et le remit en place 11.

Et en effet depuis Zabum, les constructions avaient eu le temps de vieillir, et on peut croire sans peine que le délabrement devait être grand.

Les travaux de Kurigalzu n’ont pas du être considérables. Nabonide ne les mentionne pas. Il n’aurait donc pas été étonnant qu’un de ses proches successeurs, Sagarakteburias, eût à revenir à la charge; et c’est précisément ce qu’on affirme sur la foi de l’inscription de Nabonide (Ur, III, 27). Mais ce dernier texte ne dit pas cela. Il fait seulement allusion à ce roi Kassite, pour la construction (1. A 1 ) de l’Edubar de Sippar sa Anunit. Or, il n’y a aucune raison d’admettre que celte dernière ville soit identique à Sippar sa Samas, en tout ou en partie (cf. Nabon., Ab. Hab. , III, 37 ZK., llr 358). Kurigalzu seul depuis Samsu-iluna aura donc travaillé à Sippar, avec des prétentions et des résultats assez modestes. C’est entre ce prince et Nabubaliddin qu’il faut vraisemblablement placer l’invasion des Suti qui fut si fatale à Sippar. Ces bordes ennemies, malfaisantes, profitèrent des troubles intérieurs du pays d’Accad ina esati u dalhâti , pour opérer ce mauvais coup (cf. Inscript. Nalm bal iddin V. R., Go, Gi, 1 col.; Z A., IV, 3 a A).

Ces troubles intérieurs durent se renouveler à l’inauguration de chaque nouvelle dynastie, celle de SIS-HA, celles des KassitesG-O, de Pase, du Pays maritime.

Le danger pour Sippar ne venait pas du coté du désert arabique, mais de la chaîne de montagne qui depuis le Pouchtekouh actuel, forme, en allant au N.E., la frontière de la Turquie moderne. Là et sur le versant occidental, demeuraient nombre de peuplades semi-barbares, toujours indomptées, rudes montagnards dont les incursions faisaient la terreur des paisibles agriculteurs et pasteurs des plaines du Tigre et de l’Euphrate. Il avaient nom, Kassî, Lullubi(Lullumî, Lullù, Asurn., Il, 3A), Guti, Suti, mât Hursitim, etc. Les moins redoutables n’étaient pas les Suti. Adad-nirari Ier, roi d’Assyrie ( 1 3 s 5 ) les soumet en même temps que les Guti ( I V R. AA, 19-20) ces der-

(1) Pour eu faciliter le transport, on en a scié les bords.

(2) L’invasion Kassile pourrait bien n’avoir pas été nationale. O11 11e trouve pas de noms Kassiles, dans le peuple babylonien, à l’époque des rois Kassiles, sauf à deux reprises (au moins parmi les tablettes de Constantinople), un témoin, dans la troisième année de Nazimaraddas s’appelle y Burrasuriyas, à côlé d'un y Martu (ki); un Nazimarradas (Const. N. 45a) écrit une lettre à son seigneur. Les Kassiles n’auraient-ils pas été à l’origine une troupe d’élite, mercenaire des rois de Babyione? L’ Histoire synchronique , I, 10,11 dit : rr Sabê hassi ippallituma idukusu (Karahnrdas) , Nazibugas. . . ana sarrùli elisun issu m. C’est ainsi sans doute qu’ils supplantèrent la dynastie indigène el fondèrent celle de leur nom ?

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