V. SC II K IL
Vu milieu des vicissitudes de la guerre, tentatives de révoltés, ail ranci nssements temporaires, rechutes sous la domination assyrienne, beaucoup d esprits se reservaient, n’osaient se compromettre, en épousant ouvertement la cause nationale, babylonienne. Ces gens suspects, Mardukbaliddin, en la treizième année du règne de Sargon, les enlève de Sippar et les emprisonne dans Dur-Y akin. Mais Sargon vient les délivrer. 11 les rapatrie et leurs terres, < j ne les Sut 1 (selon la phrase consacrée), durant les troubles du pays s'étaient appropriées depuis des temps infinis , il les leur restitua, après avoir défait ces nomades ( l/m., 35g).
Sargon mort, Mardukbaliddin 11 soulève une nouvelle insurrection contre la domination étrangère, et dès la première année de son règne (706) Sennachérih est forcé de descendre en Babylonie et d’en recommencer la conquête. L’agitateur babylonien s’était allié avec les Elamites et les peuplades de la plaine, de préférence aux habitants des villes que des fonctionnaires assy riens surveillaient de près et (pii supportaient mieux le joug. Sennachérih ne se montra pas clément à leur égard. Les Urbi, Aramu, Kaldu, qui s’étaient introduits dans les villes d’Uruk, Nippur, Lis, Harsag-Kalama, Kutha et Sippar et s’y étaient retranchés, avec les quelques habitants qui y avaient trahi la cause assyrienne furent pris et emmenés en captivité ( Prism . Sennacli., I, 37).
Durant sa quatrième campagne, Sennachérih avait mis sur le trône de Babylone son lils Vssurnadinsum. Vers la sixième année du règne de ce prince, Hallusu, roi d’Elam, envahit Accad, entra dans Sippar, en tua les habitants ; cette année, Samas ne soi t i l pas du temple ( Citron . babyl., B. Il, 33) Assurnadinsum fut emmené en captivité en Elam el y mourut. Les représailles suivirent aussitôt. Si Sippar est ainsi traité par l’Elamile, c’est que celle ville était restée fidèle à l’Assyrie, et si, auparavant, Mardukbaliddin en déporte les habitants à Dur-Yakin, c’est pour la même raison. Il est donc impossible de ce chef (sans parler d’autres preuves que j'ai développées dans la Revue Biblique, l\ , ao3) d’assimiler notre Sippar au Sépharvvaïm biblique ( II Rcg. , 1 q, 1 3 ; fs., 36, 1 q ; 37, 1 3 ) mentionné par Sennachérih comme une ville ennemie, dont la chute et le juste châtiment devaient servir de leçon aux Jérusalémites assiégés.
\ssaraddon pansa les plaies que son père avait causées à la Babylonie, restaura la capitale, et proclama l’amnistie de tous les captifs qu’il réintégra dans leur pays natal ( I R. 5 0 fin).
Dans la sixième année du règne d’Assaraddon, Hummanhaldas roi d’Elam entra à Sippar et y lit un massacre. Samas, cette année, ne sortit pas d’Ebarra {Ckron. babyl. , IV, q). Les Assy riens prirent immédiatement leur revanche, car dès le mois d’Adai* de la septième année cl’Assaradon, les dieux d’Agadê rentraient d’Elam en Agadê.
Samassumukin (668-6/18) lieutenant de son frère Assurbanipal en Babylonie, continua envers ce malheureux pays les traditions humanitaires de son père Assaraddon; paix et prospérité y fleurirent jusqu’aux temps où il leva l’étendard de la rév olte contre Assurbanipal. Sippar, en particulier, eut à se louer de son administration et de la sollicitude qu il portait à son temple. À peine intronisé, il releva le dùru LD-UL-RU-SA-A
cr l’enceinte au nom immortel n qui s’était écroulée pendant les calamités de la guerre, il restaura ses ruines, la rendit forte et solide comme une montagne au dessus de la plaine (Bil., 2.3 et suiv. , proven. Sippar-Rassam). 11 s’occupa ensuite de l’Ebarra, le temple de Samas qui était tombé de vétusté; avec des briques, il le remit à neuf, et éleva sa cime comme celle d’une montagne ( V R., 62, 1, proven. Sipp.-Rass).
Gës derniers mots sont d’Assurbanipal, mais il est clair que , comme suzerain, il s’attribua dans ce passage les travaux de son frère et vassal Samassumukîn. En fait, c’est celui-ci qui a relevé Ebarra; et lui aussi veut bien partager les mérites de cette pieuse action avec son frère Assurbanipal. C’est lui l’auteur de cette dédicace que j’ai trouvée au nord du temple : cr A Samas roi de Sippar, son roi, Samassumukîn, viceroi de Rabylonie, roi de Sumer et d’Accad, pour sa vie et celle de son frère propre (?) Assurbanipal , roi cl’Assyrie , a renouvelé en briques l’Ebarra ( Rec. de trciv. , t. XVI , p. q 0 ) n.
Il donna des fêtes splendides pour le retour de Marduk à Rabylone d’où Sennachérib l’avait emporté à Assur. Le dieu Samas avec tous les dieux de Sippar, se rendit à la fête, en quittant momentanément sa demeure habituelle (Lehm. , à, col. III, 17).
Partout la misère fit place au bien-être sous la sauvegarde de la justice et d’une bonne administra ti on .
Samassumukîn dut séjourner souvent à Sippar; là, le parti babylonien à qui il finit par se livrer entièrement, contre les intérêts d’Assurbanipal son frère, se trouvait plus à l’aise qu’à Rabylone, où les créatures et les espions de l’Assyrie étaient plus nombreux, et il est peut-être vrai, comme le pense Lehmann, que les inscriptions rédigées pour Sippar marquent des tendances plus accusées vers l’affranchissement et l’indépendance, que les inscriptions de Rabylone. Nombre de poésies, de prières et de psaumes de pénitence, furent rédigés en ce temps là à Sippar, au nom de Samassumukin qui y paraît être un prince très pieux et très peureux. Les fouilles en ont livré plusieurs, dans les environs du temple (en N). Mais la paix ne dura guère. Samassumukîn coalisé avec tout Accad, Kaldu, Aramu, le Pays maritime depuis Aqaba jusqu’à Râbsalimêti, Elam, Cuti, Aniurru et Meluhhiî, se sentit assez fort pour ouvrir les hostilités. 11 s’enferma derrière les portes de Sippar, Rabel, Rorsippa, avec ses soldats, jeta le défi à Assurbanipal en abolissant le culte qui s’exercait, au nom de celui-ci, devant Rêl, Samas et Girra.
Le roi d’Assyrie , en sa sixième campagne , vint donc cerner Sippar , Rabylone , Rorsippa et Kutha. Samassumukîn périt dans les flammes; les siens moururent, partie par le fer, partie par le feu comme leur maître. Assurbanipal fit tirer de Rabylone, Sippar et Kutha les cadavres hideux qui encombraient les rues et les places et les fit brûler. Puis, il purifia et réconcilia les temples, restaura le culte, fit grâce aux derniers babyloniens, Sippiriens, Kuthéens qui avaient survécu à tant d’infortunes, et leur assigna Rabylone comme séjour. Dès lors, il régna directement sur la Rabylonie sous le nom significatif de Kandalanu qui devait toujours rappeler aux babyloniens leur malheureuse défection et la répression terrible qu’ils s’attirèrent, car kandalanu comme Lan-