Y. S CH K IL
à son sujel : « . . .pulcumqite in edilo loco juxta Sipparenovum urbein circumfoditnl Non, un puits n otait pas chose si extraordinaire, et j eu ai découvert un autre à Sippar, dans la ville des habitants aux emirons de L, à ori lice carré, au lieu que celui du temple (dail à orifice circulaire. Il était construit en briques cuites et avait un mètre de côté à l'intérieur, 2 m. 3o cent, à l’extérieur et i k mètres de profondeur. ( )n avait ménagé dans les parois des ouvertures opposées et alternes pour poser le pied lorsqu’on devait \ descendre. Il fut \idé et on n’en tira qu’une petite tablette de l’époque de Hammurabi.
Le texte latin cité se réfère donc bien plutôt à cet autre d’Abydenus (d’après Eusiîhe, Prwp. Evgl. , IX, Ai) où il est dit de Nabuchodonosor : vvep Ss Tijs 2<7r- 7ra pvvœv zzokios Aa xxov opv^ccperos 'üffspip.érpov pév TsavrapaxcœTa 'iïCLpctrrctyyérxv S'ôpyviéwv siKoat 7rôXas è'né'jhjtTev i à? àvoiyov tss SipSsaxov to ireSîov. Ka Xéov^c S'clvtÙs èysToywpLOvcLS.
De cette gigantesque entreprise, il n’y a trace de souvenir dans notre répertoire (forcément incomplet) des inscriptions de Nabuchodonosor.
Mais en outre, on nous signale dans Sippar, comme ordonnée par lui, la reconstruction du temple L UL-LA dédié à la déesse Nin-Karrak (Proc. SBA., X, XI, Bail,
col. III ). Voilà qui est étrange. Cette déesse avait un temple nommé E-HAR-SAG-1L-LA à Babylone (VR, 3A, col. III). Mais jamais semblable mention ne fut faite dans aucune inscription connue au sujet de Sippar; car il s’agit bien de Sippar sa Samas quand on parle de Sippar sine addito. Et puis, dans cette œuvre de restauration, le roi prétend exécuter les ordres de Marduk et Samas, ce qui confirme bien qu’il s’agit de Sippar sa Samas et «pie Nin-karrak dépend d’une manière quelconque de Samas.
Karrak, en elïet, sans être identique à Sippar, doit être une localité très proche de cette \ ille, et Nin-Karrak la déesse, une forme théologique de Anunit, comme Aya, Malkat, Meme, Bêlil Sippar etc.
Karrak, d’après G. Smith (Tram. SB., I, 29) serait Nisin. Nous avons vu plus I ia 11 1 <[ue les habitants de Nisin étaient nombreux à Sippar, qu’ils avaient donné leur nom à une rue et que leur ville devait se trouver dans le voisinage. Je ne sais sur la foi de quel texte G. Smith se fondait , et j’aime mieux voir dans Karrak Jailli
Kurruhi, Kurruk que nous savons avoir été en relations commerciales avec Sippar, et qui effectivement avait un temple, comme il ressort de ce petit texte (Stiussm., Nabon., 10A, Abou Habba 1278, 83, 1. 18) :
2 (gis) salhi ana al Kurruhi subul 1 gis sailli ana Bit-agi sa ►î-f- bêlit Sipparki napharis 3 (gis) salhi ni tu nakmari sa [Ebarra] arbu Sivan sattu 3
Nabuna’id sar Babili.
Les salhi, sorte de meubles, étaient toujours destinés à des sanctuaires. Ici, la livraison se fait en bloc pour le Bît-agî de la dame de Sippar el pour Kurruk, ce qui implique, semble-t-il, voisinage sinon identité.
La lecture Kur de notre n’est pas si certaine, et en tous cas peut exister à
côté de Kar.
Kurruki avait donné son nom aux sièges aratlû, kabtu (Brunis., qobi-goSa) que l’industrie locale y fabriquait, sans doute. Ekurrukisarra était le nom de la zigguirat de IM (ki) (Brüxn., 9 o 5 5 ) ce qui semble prouver que la ville de IM (ki) est la même que Kurruk, et qu’il avait réellement un temple à Kurruk G).
La déesse Nin-Karrak est assez peu connue. Le texte B. IV , G 3-i 5, b ( 1 re édit. ) la cite entre Istar et Nin-ahakudclu, avec le titre de abrakkat ekalli «gouvernante du palais 7> ; Ibid. , 2 1 , b , elle est nommé entre Bau et Abakuddu. Dans les textes religieux de Zimmern, IVme surpu, 8G, elle figure entre Istar et Ban avec le titre de «grande guérisseuse* Azugallatu rabitu; dans le liée, de trav., XIX, Noies d’arch. assyr., n° XXVII, avec Nin-Nippur-ki. Dans le texte relatif à Adapa (A. Strong, Proceed, XVI, 275) elle est également celle qui guérit les maux de l’humanité : mursusa ina zumur nisiistakan . . .
( ilu ) Ninkarrak unahliu.
Nabucbodonosor trouva aux environs de Sippar un temple qu’on avait négligé de tout temps : il n’en restait plus trace, rasé qu'il était à niveau du sol. Moins encore s’était-on occupé des revenus destinés au culte. Sur l’ordre de Martin k et de Samas, le roi se met à l’œuvre et découvre d’abord l’ancien lemen, et le nom de la déesse écrit sur un chien de terre cuite. J’ai retrouvé, pour ma part, un chien semblable avec le nom de la déesse Meme et cette inscription :
An a Meme bêlit
Kalbu hasbi epusma aqîs.
«A la déesse Meme [majdame, j’ai fait faire et voué ce chien de terre cuite». (Voir plus loin, page 90, la reproduction de ce chien).
On renouvela de fond en comble et on dota richement E-ulIa, le temple de Nin- Karrak (Proceed., X-XI, 3mc col. du texte).
Bien dans la situation politique ne vint enrayer le développement de la prospérité de Sippar, sous les successeurs de Nabuchodonosor. Une paix stable favorisait les travaux de cette population éminemment agricole. Il semblait qu’on fût revenu aux temps de Hammurabi et Samsu-iluna. Jamais mouvement commercial ne s v attesta par plus de transactions de toutes sortes, et des documents juridiques plus nombreux que nous ont livrés les ruines du temple : car, c’est dans les dépendances du temple et non dans la ville que se sont trouvé amassés les documents juridiques et commerciaux de cette époque de l’histoire de Sippar.
(1) Le Dieu fie IM (ki) est Magarida, Il fl., 60, 39. Des découvertes récentes nous apprennent que IM (ki) est BU Karl, ara.
y. SG HE IL.
Lorsque le bien-être matériel s’est développé, le goût de l’art civil et religieux peut se satisfaire à loisir. Nabonide (555-53q) se mit à reconstruire tous les grands temples de Babylonie.
Celui de l’Ebarra fut rebâti à la hâte par Nabuchodonosor, il y avait quarantecinq ans. Ce roi, parait-il, n’avait pas observé tous les rites; de lui-même, sans consulter les dieux ou leurs représentants, il avait élevé un nouvel Ebarra, autre qu’il ne fallait et indigne de la majesté de Samas. Aussi, par châtiment, les sommets s’abatlirenl bientôt, el les murs s’écroulèrent. Nabonidese fit autoriser par le dieu à construire" un nouveau temple, selon les règles. Tout d’abord, il éloigna Samas et lui fit habiter une maison provisoire, puis il commença des fouilles, avec les conseils des anciens de Bain loue (1), et rechercha l’antique terrien, que Nabucbodonosor et nul avant lui n’avait pu retrouver. Il le découvrit donc, à une profondeur de dix-huit aunes, marqué au nom deNaram Sin. (ils de Sargani, qui avait régné 3 200 ans plus tôt. Il y adjoignit sa tablette, la parfuma, et construisit sur ce temen, à partir du mois de Tesrit, en employant des briques, des matières précieuses, bois et métal. Mille cinquante cèdres (cinq mille, dit I B., 6/1, III, 1 ) entrèrent dans l’œuvre pour les tallu, kanul, sakanalcu et pour le toit. Les murs reçurent un revêtement brillant, éclatant. Le sommet de la ziggitrral appelée E ^ JËJT L <tî ï=ÏÏTî se perdait dans les nues. La vaisselle sacrée fut d’or et d’argent. Des greniers furent créés près de chaque porte, et les chapelles s’ornèrent splendidement. Enfin l’inauguration eut lieu, et Samas y fit son entrée triomphale. Devant l’image de Samas et d’Aya, en souvenir et en acte de prière perpétuels, Nabonide érigea sa statue etson inscription dédicatoire. Il n’oublia pâs la troisième personne delatrinité de Sippar, Sirnene'^. Son temple AEhurra fui également renouvelé, nettoyé, aménagé; monument plutôt insignifiant qu’on ne signale qu’en passant et comme par convenance [B rit. Mus., 81, 7-1 , q).
Très soigneux des grandes choses, Nabonide ne l’était pas moins des détails. Liagil de Samas fut l'objet de ses préoccupations les plus vives, il fallait y renouveler chaque année tantôt ceci, tantôt cela; ce n’était plus cet objet d’art fameux autrefois par sa beauté et sa solidité. Aucun roi antérieur ne s’était cru obligé de remédier à cette indigence. Des accidents fréquents qui imposaient des réparations annuelles suggérèrent à Nabonide de le refaire tout en or, et non plus partie or, partie zaginu ou lapis-lazuli ( texte, zarinu ? ).
Mais la fixité hiératique de tout ce qui touche au culte, dont toute religion est si jalouse, trouva des défenseurs dans la personne des Anciens de Babylone et Sippar. rr Qu’il soit fait pareil à l’ancien y> dirent-ils. Nabonide pour éclairer sa conscience, consulte les oracles de Samas et Rammân. 1! eut une première réponse qu’il interpréta.
(li Mare Babili ( Il . V., 65, 1, 32) Babel dût fournir aussi les architectes. Cf. Strass., Nabon., 56 A. H. î pi, 18 qa B1 SAG ann ummanu sa istu Babili ilUhuni et pass. clans les premiers temps du règne.
(2) S1R-NE-NE rieur tireur, haïeur, phaélonr, SIR aràlcu, sadâdu , cf. Sir-ne-ne . . . ra/eib narlcabta asibi Sassi sa la immahari qabalsu, samul paré qardùtu sa la mnahû birkasun ( VB . , 65, II, 33).
Il en soumit les résultats à Marcluk, afin cle savoir si ce qui était agréable à Samas et Adad, l’était aussi au Maître des dieux; peut-être avec le secret désir de rencontrer une décision plus conforme à ses vœux. Mais Marduk se trouva d’accord avec les autres dieux, pour demander un agû qui ne fut pas tout en or, mais partie en or, partie lapis-lazuli (?), comme celui de Nabubaliddin. Il le lit donc ainsi, l’installa en présence de Samas, et compléta ainsi la restauration du culte solaire avec ses accessoires, dans le temple de Sippar (Z/l., V, 3qq-Aoq). Cependant, au milieu de ces travaux pacifiques qui embellissaient notre ville, sans la fortifier, l’horizon s’assombrit et des bruits de guerre résonnèrent du côté de l’Assyrie. Ce même Gyrus, roi d’Anzan, que Dieu avait suscité, d’après Nabonide ( V. R., 64, I, 28), pour châtier et réduire les Umman-manda, s’attribua la même mission à l’égard de la Babylonie. Dans la neuvième année (546) du règne de Nabonide, du mois même (Nisan) où la reine mère mourut àDur-Karasu, aux bords de l’Euphrate, au-dessus de Sippar, Cyrus mobilisait ses troupes et passait le Tigre au-dessous d’Arbèles. Cela fut considéré comme une menace. Dès la septième année du règne, Bêlsarusur roi effectif, fils de Nabonide, avait occupé à la tête de l’armée, le pays d’Accad, face au Nord-Ouest. Le danger ne cessait d’être imminent. Pendant la dix-septième, année du règne, pour mettre eu sécurité les dieux de certaines villes, Nabonide les transporta à Babylone, au grand scandale de leurs clients qui pensaient perdre ainsi leurs protecteurs et leur suprême espoir. Il estima queBarsip, Kutlia et Sippar étaient en état de résister, etil leur laissa leurs dieux. Cependant Cyrus défaisait l’armée d’Accad à Opis, à peu de distance de Sippar, au mois de Tamniuz, et le quatorzième jour du même mois, il entra à Sippar sans coup férir; et le surlendemain, dans le temps qu’y met un voyageur moderne, Gobryas entra à Babylone.
Sippar eut dès lors un nouveau maître. H ne paraît pas qu’elle ait perdu au change. Ses affaires continuaient à être prospères, son temple fréquenté. Sous Cyrus (5 5 8-5 29) et Cambyse, les actes juridiques abondent, à l’envi des meilleurs époques, celles de Hammurabi et Nabonide. Les évènements graves qui venaient de se passer ne semblent pas avoir bouleversé aucune administration. Bien n’était changé qu’un nom royal. Los privilèges demeuraient; le prêtre de Samas Marduksunoiddin jetta dans les fers un fonctionnaire délinquant (VIIme de Kyr., Stiussm., 281). La dîme se prélevait (Ibid., 267), les offrandes sattuh, aux époques habituelles (Ibid., III. Kyr., 1 17), Yamilqêpi fonctionnait comme précédemment (IIme Kyr. . 7 4 ) , les mêmes dieux étaient vénérés ( V Imo Kyr., 2 4 1 ).
Sous Cambyse (529-521), même situation. Il est probable que sous Darius 1"‘ (52 1-485), Sippar prit part à la révolte des Babyloniens, et quelle subit un sort pareil à celui de Babylone dont le roi perse fit abattre les murs et enlever les portes (Hérod.,111, i5q). C’est alors sans doute que se réalisa le texte de Pline (79 ap.L-C.) Muros Sipparenorum Persæ diruêre (Hist. nat., VI, 3o) à moins qu’on ne doive transporter le fait sous le règne de Xerxès, dont les insuccès militaires en Grèce expliqueraient une nouvelle révolte des Babyloniens, et une nouvelle répression (cl. Revue Assyr., JImc vol., 1 5o). Et effectivement à partir de la huitième ou neuvièmeannée de ce règne.