V. SC HE IL
et de quelques juifs, je profitai d’un instant de répit pour me faire conduire, par un marchand du hazar. à une petite ruine que signalaient les cartes, à proximité. Au milieu de jardins bien arrosés pardes rigoles qui distribuent 1 eau du Nârin, (un affluent de la Diyala), s’élève un mamelon insignifiant, de quelques mètres d épaisseur et île hauteur. Mon guide, qui en était le propriétaire, me dit y avoir fait un sondage infructueux.
Devant moi. je lis donner quelques coups de pioche, et la terre, épaisse et forte, me parut bien suspecte pour une terre de ruine.
Le lendemain, j'étais à Salakhieh-Kifri, pittoresquement sis sur un plateau, au milieu des montagnes. Grand était mon désir de pousser de là une pointe vers les montagnes de karadagh, où une exploration archéologique ne manquerait certainement pas d intérêt. Mais la saison était avancée, et les chaleurs devenaient intolérables. Plus tard, M. Jacquerez, ingénieur de la Liste civile, dont j’avais eu à apprécier, à Bagdad, l’amabilité et l’obligeance, traversa ces régions pour se rendre à la source de pétrole de Derbend Giaour. Je lui lis demander parle Ministère de la Liste civile ( i o août i 8 1 y 5 ) un rapport sur les souvenirs antiques qu’il avait pu rencontrer dans ses pérégrinations; j utiliserai cette pièce inédite comme complément à mes propres observations. rEn se rendant à Derbend Giaour, dit-il, on voit une statue en bas relie! taillée à même dans le paroi du rocher, et qui Va jamais été signalée. Cette statue, d’origine assvrienne, représente un guerrier coiffé d’un casque et dans une attitude de combat. Il porte une épée dans la main droite; la main gauche, ramenée sur la poitrine, tient un arc. La partie supérieur du corps, tout entière conservée, témoigne d un art très soigné. Les jambes sont un peu dégradées. Au pied de cette statue , qui n’a pas moins de d à h mètres de hauteur, sont deux personnages plus petits dont I attitude indique qu ils ont été frappés parle premier. Ce qui est fait pour étonner, c est qu’on ne découvre aucune inscription dans le voisinage ■».
\ Touz-khourmati , village kurde qui fut mis à sac l’année suivante par des Arabes pillards, on me présenta beaucoup de monnaies Sassanides. De très grand matin, pour é\iler l’aflluence de la population qui me paraissait peu sympathique, je visitai un pic couronné de ruines, qui surplombe 1 Vk-sou, au lieu où il pénètre dans la plaine. •I en rapportai une brique du roi Bukhiva, lils d’Asirim, un de ces rois montagnards toujours vaincus, jamais soumis, qui occupaient anciennement toute la région limitrophe de la Perse et (h* la Turquie actuelles. D après ce document, le pays s’appelait 1 Idt Ihirüilim ( de hursu <\i ii voulait dire probablement montagne). A en juger par l’écriture, la înimmation d un des noms, le nom même de Buhiya ou Puhiya déjà connu en Babylome. cette peuplade, comme celle des Lulubi était de langue, sinon de race, babvlonienne.
Il ni a été adressé depuis mon retour en Europe, une brique tout à fait semblable, provenant de Kerkouk. ce qui prouve bien, ce semble, que ce petit royaume s’étendait sur ce qui fut plus tard la Garamée.
De Touz-Khourmati on arrive à Taouk ou Dakouk, riche village où on montre une ancienne tour dite cc d’Alexandre n, et, dans le voisinage, les ruines d’un ancien couvent de moines chrétiens qu’il m’a été impossible de visiter.
Avant d’arriver à Kerkouk, on traverse le village de Taza-Khourmati que décore, au beau milieu, un superbe mamelon très élevé et certainement antique.
A Kerkouk, le moutessarif, homme d’une courtoisie parfaite, comme tous les fonctionnaires turcs auxquels j’eus affaire, me soumit le fût d’une stèle provenant de Khoï-Sandjak, dont je publiai ensuite l’inscription dans le Recueil de travaux, t. XVII , p. 27. Je fis venir plus tard la pierre à Mossoul, où elle se trouve encore au sérail du Vali. Au khan et à l’archevêché de Kerkouk, on ne me présenta que quelques cachets et monnaies insignifiants.
A Altun-Keupru et à Erbil, je ne fus pas plus heureux.
En passant le grand Zab, le batelier m’apprit qu’il avait vu la veille à Mossoul, au sérail, une statue de femme, «la plus belle antiquité qu’il eût jamais vue. a, avec une longue inscription. Je passai donc gaiement le Zab, et, impatient d’arriver à Mossoul , je menai ma caravane en une étape, d’Erbil à Bartelli. Après le passage du Ghazir, on prit une heure de repos, à Terdjellah. Là, deux marchands de Mossoul me signalèrent dans leurs champs, de grands bas-reliefs. Il fallut attendre la fin de la moisson poulies découvrir. Ce sont des fragments de taureaux ailés, en mauvais état, pareils aux taureaux connus de Khorsabad.
A Mossoul, où j’arrivai à 8 heures du matin, le 1 U du moisde mai, je fus un moment tout à la joie de revoir, après treize ans de séparation, mon frère, le P. Sébast. Scheil , à qui fassyriologie doit plus d’un service, et que le Gouvernement ottoman a nommé depuis correspondant du Musée Impérial de Constantinople.
Le jour même de mon arrivée, nous allâmes faire visite à S. E. Aziz pacha, le gouverneur de la ville, dont les bonnes grâces ne se démentirent jamais à notre endroit. Nous vîmes la stèle de Bêl-Harran-bêl-usur, majordome de Téglatphalasar II, que dans tout le pays, on croyait être la reine Sémiramis , parce que le fonctionnaire assyrien était représenté sans barbe (pl.I). Nous fîmes diriger aussitôt le monument sur Constantinople, où il arriva sans encombre.
Pendant mon séjour à Mossoul, des indigènes vinrent nous apprendre l’existence à Chincbi, près de Khorsabad, d’un magnifique bloc de marbre avec inscription qu’on venait de découvrir. Nous nous y rendîmes en plein mois de juin, et nous trouvâmes sous un monticule ayant fait partie d’une enceinte ou d’ouvrages avancés de Khorsabad, l’inscription dite du « Revers des Plaques n (Botta, 16/1-179)611 tout semblable à ses pareilles déjà connues, sauf une variante à la fin ou ana dans était rendu par
<TET—- JET ana nisâti.
Comme le Musée Impérial 11e possède rien du roi Sargon, je fis scier la pierre au ras de l’inscription, et transportée à Mossoul, elle descendit à Bassor ah. Par malheur, le bateau qui la chargea à destination de Constantinople, s’échoua dans la