‹ Une saison de fouilles à SipparChapitre 9 sur 95 · V. SC H El L · texte numérisé non relu

V. SC H El L

111er Rouge, et pour délester le bâtiment, on dut jeter la pierre par dessus Lord.

Sans parler de khorsabad et koyoundjïk , je ni étais promis de visiter Maltaï, Hadlira, Bavian. Mais les chaleurs exceptionnelles de cette année 1 8 qd , et les fatigues endurées pendant huit mois de voyages et cle fouilles, ne me permirent pas de réaliser tous ces projets. Le hasard voulut <pie M. Jacquerez me suppléât en partie, et voici ce que je trouve dans, son Rapport à la Liste civile (10 juin i8q5), que j ai mentionné plus haut: rr Dans les montagnes de Maltaï, au-dessus du village de Guivaver, à 100 ou 1:20 mètres en contre-haut de la vallée, des bas-reliefs sont sculptés dans le rocher. Ces bas-reliefs représentent une même scène répétée quatre fois; chaque scène consiste dans une série de neuf personnages portants longs vêtements et hautes coilfures. Ils tiennent en main des objets emblématiques, et la plupart sont debout sur des animaux symboliques. L’une de ces scènes a été sculptée avec soin, les autres ne sont que des reproductions plus ou moins grossières. Toutes sont dégradées et dépourvues d’inscriptions b)

...Lesbords de la rivière du Gomal sont constitués près de Ravi an !-\ par des bancs calcaires très puissants. Sur la rive droite, la tranche de ces bases est presque verlicale; c’est la que sont sculptés les sujets suivants : on voit d’abord deux personnages de 3 mètres à 3 ni. 5o de hauteur qui ont été mutilés, par l’ouverture de cavités dans rocher. Ces deux personnages sont identiques aux deux premiers de la scène, dont nous parlons à propos de Maltaï. Des blocs énormes sont tombés dans le Gomal. Les sculptures qui les recoin raient ont été rongées par le courant, et bientôt, il n’en restera rien. On \ distingue encore actuellement des bons ailés à tête humaine, accompagnés de dilférenls personnages. Enfin la paroi du rocher est parsemée de niches, au centre desquelles se lient un personnage. Dans trois de ces niches, le fond, de part et d’autre du personnage, est occupé par une longue inscription cunéiforme. L’une de ces inscriptions est facilement accessible; malheureusement elle a été mutilée; il 11’en reste que des fragments dont nous avons pris un estampage. Les deux autres niches creusées à 10 mètres de hauteur au-dessus du sol, dans une paroi de rochers presque verticale, sont absolument inaccessibles. G’esl grâce à cette circonstance que les inscriptions ont été conservées, l’ourles relever, il faudrait laisser descendre du haut de la paroi, une plate-forme légère, suspendue à des câbles retenus au sol par des crampons. Ge ne serait pas une grosse dépense , et l’importance des inscriptions qui n’ont été relevées <pie très imparfaitement la justifierait pleinement.

«Me trouvant à Shergat pour l’étude du gîte de pétrole de Guyara, je me rendis à I faillira dont je n’étais qu’à une journée de marche. O11 voit là des ruines intéressantes, une enceinte presque complète, des emplacements de rues et de maisons, une ville <pii parait avoir été recouverte d’une couche de sable, sans cpie les monuments

Pubti< 'es par I’i.ace, Monuments de V Assjvie el Layard, Ninevch and ils Re mains , I, 22g.

Cf. Layard, foc. c/7., î, 2.81; II, p. 1/12.

aient été détruits. Déplacé en place, émergent des palais construits en pierre de taille. Le plus important, le seul dont nous ayons eu le temps de nous occuper, (notre séjour n’ayant duré qu’un jour), est situé au centre de la ville. Il n’a pas moins de i 06 mètres de long sur 36 de large. 11 était orné de nombreuses sculptures; celles qui décoraient la façade ont été dégradées par les intempéries; celles de l’intérieur sont presque intactes. Je n’ai relevé qu’une inscription d’origine pelile vie ou araméenne; mais il faut observer que toute la partie inférieure du palais sur a mètres à a m. 5o cent, est enterrée. Il est à supposer qu’en déblayant cette partie, on ferait des découvertes intéressantes.

crEn ce qui me concerne, je me suis préoccupé surtout de la façon dont cette ville était alimentée en eau. Les eaux du Thirthar et celles des sources voisines sont très saumâtres, principalement pendant la saison sèche. Peut-être avait-on capté des sources assez éloignées, et afin que leurs eaux ne fussent pas polluées au contact des terrains salés de Mésopotamie, les amenait-on en ville au moyen cTacqueducs en maçonnerie? Ce n’est qu’une conjecture; mais il est peu probable que l’on ait déployé un tel luxe dans l’établissement de la ville et que l’on ait négligé un point aussi important que l’alimentation en eau potable PL n

Durant cet été, vint à passer à Mossoul le voyageur-explorateur Ximénès. Nous finies rapidement connaissance. 11 apportait un beau dessin de l’inscription liétéenne de Arslan-Têpe près Malatiab. Sur mes indications, il se décida à aller au Kel-i-chin, en dépit de la saison peu propice, constater l’existence d’une deuxième stèle.

Nous finies ensemblele voyage de Bêt-Adhri ou Ba’adri (Maison de la Vierge), ancien couvent de moines chrétiens devenu la résidence de Mirza, émir des àézidis. Nous passâmes trois jours chez l’émir, traité avec une large hospitalité. On ne peut rien imaginer de plus pittoresque que ce village échelonné sur la cote, au bord d’un petit cours d’eau qui y entretient la végétation et la fraîcheur. Au plus fort de l’été, nous trouvâmes les fruits les plus divers, dans le jardin de l’émir; les arbres fruitiers, denses et serrés, ressemblaient plutôt à une forêt qu’à un verger.

Déjà en sortant de Telleskof, dans le village vézidi qu’on traverse avant d’arriver à Ba’adri, j’avais remarqué que ces populations étaient des plus laborieuses et des plus sympathiques. A Ba’adri, nous vîmes de plus près la douceur de leurs mœurs. Très hospitaliers envers tous les étrangers, ils eurent pour nous des attentions particulières, dues à la présence auprès de nous, du curé chaldéen (catholique) de Telleskof, grand ami de l’émir.

Les Yézidis se distinguent parties habitudes de propreté et de travail. Leurs femmes m’ont paru de belle allure et modestes. La polygamie existe, mais on ne peut se marier que dans sa caste. J’essayai de me renseigner sur leurs idées religieuses, en dialoguant

(l) La stèle de Bêl-liarrân-bél-usur nous signale une autre ville dans ce, s parages alors (sous Téglatphalasar, vers 721-7/17) peuples, plantes et irrigués.

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