CHAPITRE TREIZIEME
Ravages des Anglais au Cap-Breton, à Gaspé Lettre du
lieutenant Leslie. — Que devinrent les déportés ? — Navires sombres en mer L'odyssée de l'abbé Cassiet.
— Son œuvre à Bétharram L'abbé Maillard à Malogo-
miche avec les derniers réfugiés Rentrée de quelques
familles dans l'île Saint-Jean Leurs descendants actuels.
— Conclusion.
Avant d'aller plus loin dans ce récit, il est nécessaire de jeter un coup d'teil sur ce qui se passait le long des côtes voisines où habitaient plusieurs groupes acadiens.
Là, comme ailleurs, l'adversité semblait être leur compagne inséparable ; on serait même tenté de dire, leur destinée. La Grèce antique les eût pris pour les descendants d'Œdipe. Jetés sur ces côtes par une suite d'infortunes, fils et petit-fils d'exilés, voués à toutes les
épreuves, ils arrivaient eux-mêmes aux dernières étapes du malheur. Comme Oreste, ils pouvaient dire :
Grâce aux dieux, mon malheur passe mon espérance ! Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance. Appliqué sans relâche au soin de mepunir, Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir.
J'étais né pour servir d'exemple à ta colère. Pour être du malheur un modèle accompli 1.
Pendant que les patrouilles de Lord Rollo sillonnaient en tout sens l'île Saint-Jean, enlevant et détruisant tout sur leur passage, un autre détachement de l'armée d'Amherst exerçait les mêmes ravages dans l'île du Cap-Breton et sur les côtes de Gaspé jusqu'au Mont-Louis.
Les principaux endroits habités du Cap-Breton avaient, lors du passage de Franquet (1751), une population de 1009 habitants, ainsi répartis :
Havre-de-Lorembec 230
Havre-de-la-Baleine 99
Port Toulouse 236
L'Ardoise 57
Lsles Madame 109
Petit-Dégras 118
Le Bras-d'Or 131
La Eivière-des-Habitants 29
1 — Eacine, Andromaque.
Les colons de ces divers endroits possédaient ensemble 898 têtes de bétail, tant chevaux que bêtes à cornes, porcs et moutons. La masse de la population était acadienne, et elle avait dû augmenter considérablement durant les sept années qui suivirent, principalement depuis l'expulsion de 1755. Ce n'est pas exagérer que d'affirmer qu'elle devait être de 12 à 1500 individus.
Tous ces malheureux avaient cru jusqu'au dernier moment qu'ils ne seraient pas chassés de leurs propriétés :
" Presque tous ces habitants, écrivait l'abbé Maillard •dans la lettre déjà citée, restent sur l'isle Eoyale dans l'espérance que l'Anglais aura pitié d'eux, et qu'il les souffrira sur leurs habitations ". Ils avaient eu d'adord la pensée de se retirer à Miramichi, mais M. de Boishébert, qu'ils étaient allés consulter, leur ayant dit qu'il n'y avait là aucun moyen de vivre, " ils retournèrent tout de suite chez eux bien attristés, et en même temps bien résolus de rester sur l'isle Eoyale ".
Vain espoir ! ils allaient avoir le même sort que les colons de l'île Saint-Jean.
Le général Wolfe avait été chargé de cette exécution avec les trois régiments d'Amherst, de Bragg et d'Anstruthers, montés sur sept vaisseaux de ligne et trois frégates commandées par Sir Charles Hardy. Wolfe n'obéit qu'à regret aux ordres qui lui enjoignaient de commettre ces déprédations aussi impolitiques que
cruelles. Avant de quitter Louisbourg, il écrivit à son père (21 août, 1758) :
" Sir Charles Hardy et moi, nous nous préparons à voler aux pêcheurs leurs filets et à brûler leurs chaumières. Quand ce grand exploit sera accompli (ce qui, croyons-nous, sera l'ouvrage d'un mois ou de cinq semaines), je reviendrai à Louisbourg ".
A son retour de l'expédition, Wolfe ne put s'empêcher de faire connaître à Amherst son sentiment sur les actes de brigandage qu'il lui avait imposés. Amherst venait d'arriver à New- York. " Vos ordres ont été exécutés, lui écrivit-il (30 septembre, 1758). Kous avons fait beaucoup de mal, et répandu la terreur des armes de Sa Majesté dans toute l'étendue du golfe ; mais nous n'avons rien ajouté à leur gloire ^ ".
A partir de l'automne de 1758, quel fut le sort des cinq à six mille proscrits de l'île Saint-Jean, dont la destination, selon la promesse verbale des commandants anglais, devait être les ports de France ? Combien y parvinrent ? Quel fut le nombre de ceux qui évitèrent la déportation en se cachant dans les bois de l'île ou en
1 — Wright, Life oj Wolje, p. 455 et suivantes.
gagnant la terre ferme ? On l'ignore. Il n'existe sur la suite de cette proscription que de rares écrits et de plus rares traditions. Ce qu'il y a de certain, c'est que, d'après un rapport de 1763 conservé au ministère de la marine à Paris, il ne parvint en France que 3,000 à 3,500 Acadiens, en y comprenant tous ceux qui avaient pu s'y rendre des différentes parties de l'Amérique et de l'Angleterre à la suite de la première déportation ; par conséquent, il ne dut pas arriver en France plus de la moitié de la population de l'île Saint-Jean.
Un ofticier anglais, le lieutenant Leslie, dans une lettre qu'il adressait à Louisbourg au général Wolfe (30 octobre, 1758), indiquait les mouvements qui se faisaient sur la côte nord de l'île Saint-Jean pour échapper à la déportation. Il disait avoir suggéré les moyens d'arrêter cet exode.
" Un rapport de Lord Rollo, en date du 14 octobre, écrivait Leslie, dit que les habitants de l'île Saint-Jean s'embarquaient bien lentement, et qu'ils craignaient que plusieurs de ceux qui habitaient les endroits reculés de l'île ne viendraient pas cette année ; que plusieurs chaloupes et goélettes, dont deux armées, se trouvaient sur la côte nord de l'île, occupées à emporter les habitants et leurs effets... On dit que c'était un dangereux essai que d'envoyer de grands vaisseaux pour arrêter ces départs ; sur quoi, je me suis offert au gouverneur pour aller avec les rangers sur un petit navire quel-
conque qu'on pourrait me procurer, et que j'essaierais de mettre fin à ces départs. Le gouverneur a demandé un petit vaisseau à l'amiral, mais celui-ci, jaloux de me voir aspirer à un pavillon par mes exploits sur mer, a dépêché pour ce service un autre vaisseau, le Kennington, pour recueillir les lauriers que je convoitais. Toutefois, ce vaisseau, faute de provisions, n'a pu faire voile que le vingt, et arrivera trop tard pour ne rien faire.
" Hier soir est arrivé un autre rapport de Lord Eollo, Quinze ceijts habitants étaient embarqués; mais il y avait toute une paroisse dont les habitants ne pourraient partir cette saison, étant très éloignés du havre où étaient les transports. Le fort est fini ^, et Lord Eollo devait s'embarquer pour Lonisbourg samedi dernier. Il n'est fait aucune mention qu'on ait arrêté le transport des habitants du nord vers le Canada, qui se faisait par des vaisseaux ; ainsi je suppose qu'il continue à s'opérer avec succès, comme il n'y a rien pour l'arrêter. Je crois qu'il se fait beaucoup de bruit et peu de besogne dans cette île ^ ".
Le lieutenant Leslie avait évidemment de l'humeur lorsqu'il écrivit cette lettre. Il était contrarié de n'avoir
] ^Ce devait être le fort Amherst placé à peu de distance du fort Lajoie.
2 — Corvespondenceof William PHi, eurl nf Chathain, vol. I, p. 284.
pu recueillir les lauriers qu'il espérait moissonner en accomplissant la glorieuse tâche d'arrêter de malheureuses familles, en grande partie composées d'enfants et de femmes, fuyant devant un impitoyable vainqueur.
Il paraît que l'approche des glaces empêcha l'expédition proposée, et que la transmigration, commencée sur la côte nord, se continua sans être molestée. Les habitants, décidés à tout risquer, ne craignirent pas de s'aventurer sur le fleuve malgré l'hiver. Quelle direction prirent-ils, et dans quels ports allèrent-ils se cacher? Le lieutenant dit simplement qu'ils se dirigèrent vers le Canada. Ils ne durent cependant, à cette saison si avancée de l'année, ne faire voile que pour les parages les plus voisins.
La paroisse dont on craignait que les habitants ne pourraient être déportés avant le printemps suivant, devait être celle de Malpec, la jJus éloignée du port Lajoie.
Ce qu'il y a de certain, c'est que, peu de mois après la prise de Louisbourg, des cinq belles paroisses du port Lajoie, de la Pointe-Prime, de Saint-Louis-du-Nord-Est, de Saint-Pierre-du-Nord et de Malpec, pourvues chacune d'églises et de presbytères, entourées de villages naissants et de vastes champs en culture, d'où surgissaient çà et là les maisons des habitants avec leurs dé^iendances, abritant neuf ù dix mille têtes de bétail, chevaux, bêtes à cornes, moutons, porcs et animaux de basse-cour, de
toutes ces richesses, il ne restait rien, absolument rien que des cendres : le fer et la flamme avaient tout dévoré. L'île Saint-Jean était redevenue déserte comme aux jours où Champlain et Denys l'avaient trouvée au siècle précédent.
Dans Un Pèlerinage au Pays d'Evan<jéline, j'ai noté en passant, d'après un certain capitaine Pile, commandant le navire Y Achille, un des désastres dont furent victimes mie partie des déportés de l'île Saint- Jean.
" Le capitaine Nichols, dit-il, commandant un transport venant d'Yarmouth, fut employé par le gouvernement de la ÎTouvelle-Ecosse pour enlever de l'île Saint- Jean trois cents Acadiens avec leurs familles. Avant de mettre à la voile, il représenta à l'agent du gouvernement qu'il était impossible que son navire, dans l'état où il était, pût arriver sans danger en France, surtout h. l'époque avancée de la saison où l'on se trouvait. Malgré ses représentations, il fut forcé de les recevoir à son bord et d'entreprendre le voyage. Arrivé à une centaine de lieues des côtes de l'Angleterre, le navire faisait eau à tel point que, malgré tous les efforts de l'équipage, il était devenu impossible de l'empêcher de sombrer. Quelques minutes avant qu'il s'enfonçât, le capitaine
fit venir le missionnaire qui se trouvait à bord, et lui dit que le seul moyen de sauver la vie d'un petit nombre était de faire consentir les passagers à laisser le capitaine et les matelots s'emparer des chaloupes. Le missionnaire fit une exhortation aux Acadiens, leur donna l'absolution, et les amena à se soumettre à leur malheureux sort. Un seul Français s'embarqua dans une des chaloupes, mais sa femme lui ayant reproché qu'il l'abandonnait avec ses enfants, il revint à bord. Peu d'instants après, le navire s'engloutit avec tous ses passagers. Les chaloupes, après avoir couru mille danger.s, arrivèrent dans un port situé à l'ouest de l'Angleterre ^.
Combien d'autres déportés ont dû subir des catastrophes du môme genre, qui n'ont pas laissé de survivants pour en transmettre le souvenir !
Le navire sur lequel avait été embarqué l'abbé Cassiet avec une partie de ses paroissiens, appareilla au port Lajoie avec cent soixante-six déportés. On peut les
1 — Collection de la Société Historique de la Noiivelle-Ecosse, vol. ir, p. 148.
Le missionnaire dont il est ici question, serait-il l'abbé de Biscaret que l'on sait être embarqué pour la France et n'y être jamais arrivé ?
On peut voir dans Un Pèlerinage au Pays d' Erangéline, édition parisienne, chapitre onzième, page 232, le sort qu'eut à subir un autre navire parti de Tile, vers le même temjïs, avec cent soixante-dix-neuf exilés.
suivre jusqu'en France, grâce à la tradition conservée par les neveux du curé. Cette tradition est marquée au cachet d'une vérité évidente, malgré certaines inexactitudes qui s'y sont glissées, et qui sont dues à l'ignorance des lieux et des choses.
L'abbé Cassiet avait, parait-il, l'espérance que sa paroisse serait rétablie un jour ; car, avant de quitter son presbytère, il avait caché sous terre les vases sacrés de l'église, en indiquant à quelques-uns de ses marguilliers l'endroit où ils pourraient les retrouver, dans le cas où lui-même serait empêché do revenir. Son fidèle domestique, un brave Acadien, s'était attaché à ses pas, et lui prodigua ses services jusqu'à ce qu'il tomba d'épuisement. Les malheureux passagers furent traités avec la plus grande inhumanité, pendant leur voyage, par leurs gardiens anglais fanatiques et grossiers. Ayant jeté l'ancre à Plymouth, en Angleterre, ils gardèrent leurs prisonniers à bord pendant trois mois, ils les soumirent à toutes les tortures de la faim et de la soif 1. On réduisit leur ration à une quantité insuffisante
1 — Peut être faut-il entendre par ces trois mois de détention toute la durée de la traversée. D'autre jjart, il est possible que ce groupe d'Acadiens aient d'aliord été assimilés aux déportés de 1755, alors détenus en grand nombre dans les ports d'Angleterre,'et que trois mois se soient écoulés avant qu'ils eussent pu faire valoir les droits que leur donnait la
capitulation de Louisbourg Un Pèlerinage, etc., chapitre
neuvième, Les Acadiens j^risonniers en Angleterre, j). 251.
pour soutenir leur vie, et chaque jour on retardait la distribution de l'eau, de sorte que ces pauvres gens furent bientôt exténués par la privation. La soif en tua plus que la faim, et, quand enfin le vaisseau toucha les côtes de Bretagne, la plus grande partie avait été jetée à la mer. L'abbé Cassiet avait eu la douleur de perdre son fidèle domestique, et lui-même dut être porté expirant sur le rivage. 11 était sans parole et presque sans connaissance. Il fut recueilli à Morlaix par une dame charitable, qui lui soutint la vie pendant quelques jours en lui infusant dans la bouche quelques gouttes de miel, de temps à autre. Après d'horribles souffrances, sa santé se rétablit ; alors il se dirigea vers Paris et alla se présenter aux Missions P^trangères. Sa condition lui attira les sympathies de tous.
Après que le gouvernement lui eût promis une pension de six cents livres, il se dirigea vers Rome, où il fut reçu avec le respect dû aux souffrances qu'il avait endurées pour la foi.
De retour à son pays natal de Montant, voyant que sa pension ne venait pas, il résolut d'aller la réclamer à Paris. Il se procura donc un petit cheval des Landes et entreprit de se rendre à la capitale par petites étapes. Il descendit comme d'habitude aux Missions Etrangères, mais il fut tout désappointé de trouver en ce moment la cour cà Versailles, ainsi que l'abbé de Jarente,.
qui avait le portefeuille des bénéfices et pensions et faisait partie de la maison du roi.
Sans se laisser décourager, M. Cassiet se mit en route pour Versailles, le matin suivant. Il ne se doutait pas de la manière dramatique dont il devait se présenter au palais. En traversant un pont, le cheval fut épouvanté par la rencontre d'une voiture, il prit le mors aux dents, et s'élança de l'avant avec la rapidité de l'éclair. Le pauvre cavalier perdit son chapeau, sa calotte, son fouet, tout ce qui ne tenait pas à sa personne, et il arriva ainsi tout ébouriffé aux portes du palais.
M. l'abbé de Jarente se trouvait par hasard sur les marches de l'entrée principale, et en apercevant l'ecclésiastique qui arrivait à la cour dans un état si curieux, il se prit d'intérêt pour lui. Après qu'il eut surmonté son excitation bien naturelle, M. Cassiet exposa l'objet de sa visite. L'abbé de Jarente s'empressa de l'assurer que sa rente lui serait payée, il lui fit en outre des offres généreuses qui furent délicatement refusées.
Notre missionnaire reçut bientôt un petit bénéfice près de Montant, appelé ias Prabendes ; il ne tarda pas à s'en désister eu faveur d'un jeune prêtre qui devint plus tard chartreux à Bordeaux. Il fut nommé chanoine de Saint- Girons-de-Hagetmau, mais il trouva cette vie trop calme et trop monotone pour un ancien missionnaire, et vers l'année 1772, il offrit ses services à la
communauté des prêtres du Calvaire à Bétharram. Il s'y distingua tellement par sa pieté, son zèle et son habileté qu'on l'éleva au poste de supérieur. Alors il mit à profit la connaissance pratique de l'agriculture qu'il avait acquise au Canada. Il fit des jardins, planta des vergers et des champs de vignes sur les bords du Gave, et dans l'espace de quelques années, il quintupla les revenus de sa communauté. En même temps, il sut communiquer à ses confrères son esprit de missionnaire et son zèle pour la conquête des âmes.
Vers ce temps, l'abbé de Jarente, plus tard évêque d'Orléans, se rendant aux Pyrénées pour y respirer l'air des montagnes et essayer les eaux minérales, eut occasion de visiter la dévote chapelle de Bétharram. 11 fut enchanté d'y rencontrer l'abbé Cassiet, qu'il était impossible d'oublier. Sans doute qu'on amena sur le tapis l'histoire du cheval et de l'entrée comit{ue de l'abbé au palais de Versailles. M. de Jarente offrit à l'abbé Cassiet un bénéfice de six mille livres de rente par année, sans aucune obligation de résidence ou de service. Quoique M. Cassiet ne reçût plus sa pension, il refusa cette offre. Toutefois il finit par accepter un petit bénéfice de cent soixante livres dans le vicomte de Orthez. Il était si content, disait- il, d'avoir de quoi se chausser et s'habiller sans être à charge à sa congrégation. Son frère offrit ensuite dix mille livres à
Bétharram, à condition que les chapelains donneraient une mission à Montant tous les dix ans.
La révolution amena des jours de deuil pour la paisible chapelle de la Montagne, et M. Cassiet, après avoir essayé en vain d'adoucir les autorités, devint, une seconde fois, confesseur de la foi et se réfugia en Espagne. Il rencontra quelque part en Biscaye l'abbé de Saint-Marc, jeune curé de Grenade-sur-l'Adour, exilé comme lui. Il lui persuada de partir pour les missions d'Amérique. Le jeune prêtre s'y rendit en effet, y passa plusieurs années, et finalement mourut en 1845, à l'âge de quatre-vingt-onze ans, au Mont-de-Marsan, où sa mémoire est tenue en honneur.
Quand la religion catholique fut rétablie en France, l'abbé Cassiet retourna à Montant. Il était alors trop vieux et trop infirme pour commencer la restauration de Bétharram i. Des douze prêtres du Calvaire, il n'en restait plus que deux en 1793, et ils étaient avancés en âge.
Les derniers jours de M. Cassiet se passèrent en paix sous le ciel natal. Vu ses infirmités, il eut la permission de l'évêque de Bayonne de dire la messe dans ses propres appartements. Il mourut en 1809, entouré de l'affection
1 — Voir à. V Appendice, N° XI. Notice sur la déoote chapelle de No ire-Dame-de-Bétharram.
et du respect de tous, et il fut enterré au pied de la croix, dans le cimetière de Montaut i.
Nous non s sommes détournés un instant des scènes poignantes qui se passaient à l'île Saint-Jean pour suivre jusqu'au bout la carrière de l'abbé Cassiet.
Un passage de la lettre de l'abbé Maillard que nous avons déjà citée, indique les principaux endroits où durent se retirer les insulaires qui fuyaient devant les torches incendiaires.
" Je suis convenu avec les prêtres de l'Isle Saint- Jean, que s'ils se trouvent trop molestés par les Anglais, ils pourront aisément, avant les glaces, se replier sur la mission de M. Manacli qui n'est qu'à cinquante lieues de distance du port Lajoie, ou me venir trouver à Malogomiche 2, havre sur lequel j'ai jeté les yeux pour y hiverner, que les Anglais ne connaissent point, et qui n'est distant du port Lajoie que de douze lieues de traversée, et de seize du passage de Fronsac. J'ai jugé à propos de me fixer pour jusqu'au printemps prochain dans cet endroit, par rapport aux sauvages de l'Isle
1 — Cette notice a été écrite d'après les données de l'abbé Sébie, curé de Montaut. qui les tenait des neveux de l'abbé Cassiet, avec lesquels il a longtemps vécu dans l'intimité. Cf. le Catholic World, La dévote chapelle de Notre-Dame-de- Bétharram, juin, 1876, et Le Foyer Domestique, même année, p. 269.
2 — Dont on a fait de nos jours Mérigonish,
Royale, de Piktouk, de l'Isle Saint-Jean et de l'Acadie, à qni il sera facile de m'y venir trouver".
Les prêtres, dont parle ici l'abbé Maillard, qui restèrent jusqu'à la fin avec leurs ouailles, étaient les mêmes que ceux déjà mentionnés. Le P. Gratien Raoul, dont le nom apparaît pour la première fois dans les registres de l'île en 1754, était toujours l'aumônier du port Lajoie. Les curés de Saint-Louis-du-Nord-Est et de Saint- Pierre-du-Nord n'avaient quitté leurs paroisses que pour aller en députation à Louisbourg, d'où ils étaient revenus rejoindre leurs paroissiens, et les aider à supporter la désolante nouvelle de leur déportation. L'abbé Dosque, qui, comme je l'ai déjà dit, allait bientôt devenir curé de la cathédrale de Québec, était encore à Malpec, de même que l'abbé Girard à la Pointe-Prime.
J'ai raconté dans un des chapitres précédents les tribulations auxquelles l'abbé Girard avait été exposé pendant son séjour en Acadie. Il ne s'était vu soustrait aux persécutions que pour être témoin de tristesses et de malheurs de plus en plus accablants.
L'année du grand dérangement, il avait eu la douleur de voir aborder dans l'île, dénuées de tout, en proie au désespoir, des centaines de familles acadiennes, fuyant
devant la proscriptiou. La plupart de ses anciens paroissiens de Cobequid, dont l'église et le village avaient été livrés aux flammes par les hordes angloaméricaines, étaient au nombre de ces fugitifs. Dans l'espace de quelques mois, leur chiffre s'éleva, comme on l'a déjà vu, à plus de quatorze cents, tombés, sans transition, de l'aisance à la dernière misère. On se rappelle en quels termes pathétiques l'abbé Girard a exprimé, dans une de ses lettres, la douleur dont son âme était navrée, à la vue des scènes déchirantes qu'il avait journellement sous les yeux.
Il était destiné cependant à être témoin de spectacles plus navrants encore : ce fut le jour où il vit ces mêmes réfugiés proscrits de nouveau, et avec eux le reste de la population de l'île Saint-Jean.
L'abbé Girard eut ainsi le chagrin de voir sa nouvelle paroisse détruite comme la première, et ses paroissiens enlevés avec lui et jetés sur des navires qui devaient les transporter en France.
Longfellow, le Jérémie des Acadiens, aurait pu écrire un second poème non moins émouvant qn' Evangéline, s'il avait connu les malheurs de la seconde Acadie.
On peut juger du deuil qu'emporta avec lui l'abbé Girard, lui qui avait connu l'une et l'autre au temps de leur prospérité, et qui les vit disparaître l'une après l'autre,
" Scattered like dust and leaves".
L'abbé Girard fut nommé, peu après sou retour en France, " chapelain perpétuel dans l'église de Jouarre ", où il résida probal^leraent j usqu'à sa mort.
L'abbé de L'Isle-Dieu, qui l'avait connu intimement, a résumé en quelques lignes les rares qualités de cet apôtre des Acadiens. " Il serait difficile de trouver, dit-il, un meilleur sujet du côté de la capacité, du zèle, du désintéressement et de la plus solide piété, dont il a donné les preuves les plus édifiantes".
Il n'est guère à douter qu'un bon nombre de fugitifs de l'île Saint-Jean ne soient venus rejoindre l'abbé Maillard dans sa retraite de Malogomiche. La plupart de ceux qui allèrent vivre de chasse et de pêche sur les côtes voisines, durent faire cause commune avec le groupe d'Acadiens de Miramichi, lesquels, pressés par la famine, allèi'ènt faire leur soumission au commandant du fort Cumberland (Beauséjour), lorsqu'ils eurent appris la capitulation de Québec en 1759.
Quelques familles expatriées, particulièrement d'anciens habitants de l'île qui y avaient de plus fortes attaches, ne tardèrent pas de se hasarder à y retourner. D'autres s'enhardirent à les suivre, et l'on vit bientôt de petits groupes de ces infortunés errer dans les champs dévastés, où s'élevaient naguère leurs maisons, leurs villages, leurs églises. Il est inutile d'essayer de redire avec quels serrements de cœur ils parcoururent ces solitudes mornes qu'ils avaient vues auparavant si animées.
Qu'étaient devenus la plupart de ceux qu'ils y avaient connus ? Hélas ! disparus pour toujours : les uns morts de misère, les autres victimes de désastres inconnus ; les survivants relégués sur des plages si lointaines que la vie serait écoulée avant qu'on en pût rien savoir.
Un recensement exécuté par ordre de Montagne Wilmot, gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, au commencement de l'année 1764, constatait qu'il y avait dans l'île Saint-Jean trois cents Acadiens i. C'était tout ce qui restait de la nombreuse population qui y vivait six ans auparavant. Ils y étaient sous la surveillance d'un agent du gouverneur qui les épiait avec la dernière défiance. On peut avoir une idée des rigueurs exercées contre eux, par le fait qu'il y eut à peine quelcpies rares familles qui vinrent les rejoindre ; si bien que vingt et un ans plus tard, leur chiffre ne s'était pas augmenté.
L'abbé Bourg, qui visita l'île en 1785, n'y trouva, en effet, que cinquante familles, ce qui ne répond qu'au chiffre de trois cents individus, d'après la moyenne des familles acadiennes indiquée par Franquet 2. Ce qu'il a fallu de patience, de ténacité, d'énergie et de persévérance à ces déshérités pour lasser le mauvais vouloir de leurs oppresseurs, vaincre des obstacles toujours renais-
1 — Nova Scotia Archives, p. 346.
2 — Voir Un Pèlerinage au Pays d* Evangéline. Recensement de l'abbé Bourg, p. 255, édition de Paris.
sants, s'enraciner au sol et transmettre à leurs enfants l'héritage de foi et d'honneur qu'ils avaient reçu de leurs pères, nul ne le saura jamais. Dieu les a bénis et multipliés comme les enfants d'Abraham: ils sont devenus les ancêtres de la nombreuse race acadienne qui peuple aujourd'hui l'île du Prince-Edouard. Ces descendants de confesseurs de la foi sont restés simples de mœurs comme leurs aïeux, paisibles et doux de caractère, mais naturellement timides et défiants, comme ils devaient nécessairement le devenir après la longue suite de trahisons, d'espionnages et de persécutions qu'ils ont eus à souffrir. Leur population dépasse actuellement le chiffre de onze mille âmes, groupées sur divers points de l'île en paroisses, dont les principales sont Eustico, Tignish, Egmont Bay, Palmer - Road, Bloomheld et Miscouche ^.
Ce chiffre, quelque étonnant qu'il soit, n'indique cependant pas tout l'accroissement qui s'est produit parmi cette population. Il a été en réalité bien plus considérable ; et s'il n'apparaît pas ici, c'est qu'il y a eu depuis longtemps une forte émigration vers les provinces voisines, principalement vers le Nouveau-Brunswick.
1 — 11,847, d'après le recensement de 1891. La population totale de l'île du Prince-Edouard, aujourd'hui l'une des provinces de la Confédération canadienne, est de 109,078, d'après le même recensement.
Moins favorisés que leurs frères des provinces voisines, les Acadiens de l'île Saint-Jean n'ont pas autant de moyens d'avancement ; ils ne sont pas dotés comme eux de grandes écoles nationales, telles que celles de Meraramcouk, de la baie Sainte-Marie, devenues des collèges classiques, où la jeunesse acadienne se prépare à remplir toutes les carrières. Espérons qu'avant peu ils n'auront rien à leur envier, et qu'ils entreront dans cette voie de progrès dont leurs compatriotes du continent leur donnent de si beaux exemples.
Ici finit la tâche que je m'étais imposée en commençant cette étude monographique. On n'en saisirait cependant pas bien la portée, si, avant de la clore, on ne jetait un couj) d'œil d'ensemble sur la nationalité acadienne, dont le groupe de Saint-Jean n'est qu'une des assises. Il en est de l'histoire comme des spectacles de la nature. Après en avoir examiné les détails, il faut les regarder de plus haut pour en bien juger.
Transportons-nous un instant dans le passé.
Une poignée de Français, catholiques ardents comme on l'était au dix-septième siècle, quittent la vieille Europe pour venir se créer une patrie nouvelle en Acadie, désert alors à peine exploré, perdu aux confins
du monde, sous un ciel brumeux et froid, propre à tremper les forces et les caractères. Ils deviennent les instruments de Dieu pour la conversion de toutes les peuplades aborigènes qui les environnent. Ils s'en font des alliés, des amis, marchent toujours avec eux la main dans la main, et parviennent avec le temps à tempérer leurs violentes passions, leurs instincts féroces, autant que la nature sauvage en est susceptible.
Cet apostolat, dont leurs missionnaires sont les hérauts, attire sur eux et sur leurs colonies les bénédictions du ciel. Ils grandissent et se multiplient merveilleusement à l'ombre de la croix, dans cette solitude, nouvelle Thébaïde, que leurs fortes mains transforment en une terre où coule, comme en Israël, le lait et le miel. Toute une lignée de prêtres zélés, hommes de Dieu, pleins de l'esprit évaugélique, les forment à leur image, en font plus que jamais de vrais croyants, aux mœurs paisibles et pures.
Les voilà prêts et armés pour l'épreuve: elle ne manquera pas ; car toute société chrétienne, comme tout individu qui la compose, doit y passer, à l'exemple du Maître dont elle suit les préceptes. Cette épreuve sera terrible, immense par sa durée autant que par sa violence. Le siècle qui l'a vue naître ne la verra pas finir.
L'abandon de la mère patrie fait tomber les Acadiens entre les mains de leurs plus cruels ennemis, qui en
veulent plus encore à leur religion qu'à leur nationalité. Les tromperies, les menaces, les conspirations sourdes, la guerre ouverte, tout sera mis en œuvre pour vaincre leur patience et leur courage. Ils en sortiront victorieux. Enfin leur extermination est décrétée : tous les villages acadiens seront rasés, et leur po[)ulation jetée aux quatre vents du ciel.
Ce n'est pas ici le lieu de répéter les scènes du grand dérangement, que n'ignorent pas ceux qui prendront la peine de lire ces pages, où il n'en est {juestion que secondairement. Un seul fait suttit pour faire connaître l'âme de ce peuple qui, sans autre instruction tiue celle tombée de la chaire chrétienne, a su s'élever à la hauteur des martyrs. Qu'on lise la requête adressée au colonel Winslow par les habitants de la Grand-Prée, lorsque, retenus prisonniers dans leur église, où ils venaient d'entendre la sentence qui leur apprenait que tous leurs biens étaient confisqués, et qu'eux-mêmes allaient être transportés hors de leur pays.
" Nous vous supplions, lui disaient-ils en la terminant, que, s'il nous faut abandonner nos propriétés, il nous soit au moins permis d'aller dans les endroits où nous trouverons des compatriotes..., d'autant plus que par ce moyen nous pourrons conserver notre religion, que nous avons profondément à cie.ur, et pour laquelle nous sommes contents de sacrifier nos biens ".
• X'est-ce pas ainsi que parlaient les premiers chrétiens, lorsqu'ils étaient traînés devant les juges païens, pour être de là jetés dans les amphithéâtres ?
On sait comment, depuis Beaubassin jusqu'à la Grand- Prée, depuis Port-Eoyal jusqu'à Pomcoup, tous les villages acadiens furent livrés aux flammes, les moissons détruites, les bestiaux tués ou enlevés. Tout fut si complètement ruiné que l' Acadie redevint une solitude. Toutes les familles, qui n'avaient pu échapper à la proscription, furent traînées en captivité, comme autrefois les Israélites à Babylone. Comme eux, assis au bord des fleuves d'une terre étrangère, les exilés n'eurent plus qu'à pleurer au souvenir de Sion. Ils ne fléchirent pas plus que les Hébreux devant l'épreuve, et à leur exemple, bien des fois ils répétèrent :
'' Si je t'oublie, Jérusalem,
0 sainte religion de mes pères,
Que ma droite s'oublie elle-même,
Que ma langue s'attache à mon palais ".
L'Acadie était bien anéantie. Ses ennemis triomphants étaient venus peu à peu s'établir sur les ruines des villages abandonnés. Ils en avaient même changé les noms pour eu mieux faire oublier le souvenir.
Par quel miracle inattendu est-elle ressuscitée ? Comment expliquer que les Acadiens comptent aujourd'hui 130,000 de leur race dans ces mômes Provinces Maritimes, d'où l'on croyait les avoir bannis pour tou-
jours ? Ils sont revenus un peu de partout, en petit nombre ; mais ils se sont multipliés avec la même fécondité qu'autrefois. Ils ont été recueillis et formés en paroisses par des prêtres, la plupart confesseurs de la foi comme eux, que la Providence leur a envoyés à l'heure voulue. Aujourd'hui ils sont forts et invincibles. L'avenir est à eux.
Ne faut-il pas fermer les yeux à la lumière pour ne pas voir qu'il y a là un fait providentiel, un secret dessein de Dieu ? Quel est ce dessein ? Il ne peut être autre que celui de continuer l'œuvre que les premiers Acadiens avaient commencée à accomplir en ouvrant les terres d'Acadie : celle d'étendre la foi catholique en en donnant d'abord l'exemple, et ensuite en la faisant connaître autour d'eux. Qu'ils soient fidèles à leur vocation, et ils la feront encore une fois dominer dans cette même région, dont ils ont été jadis les seuls maîtres.
Fin
W I (Voir page 11)
NOTES SUR LES REGISTRES DE l'ILE SAINT-JEAX
Pendant les trente premières années de la colonisation de Saint-Jean, c'est-à-dire de 1721 à 1751, il n'y eut dans l'île qu'un seul missionnaire, celui du port Lajoie, qui tint des registres de jDaroisse. L'érection des quatre autres paroisses, celles de la Pointe-Prime, de Saint-Louis-du-Nord-Est, de Saint-Pierre-du-Nord et de Malpec, n'est pas antérieure à 1752 ; par conséquent, les registres n'y furent tenus que durant l'espace de six ans, de 1752 à 1758.
Lors de l'évacuation de l'île, les curés emportèrent certainement ces registres en France avec eux. On ignore ce que sont devenus ceux des quatre dernières paroisses susnommées. Heureusement que les plus anciens et les plus importants, ceux du port Lajoie, ont été conservés, et se trouvent aujourd'hui au ministère de la marine et des colonies, à Paris. Ils forment trois cahiers distincts, petits in-folio, dans un bon état de conservation.
Je les ai fait copier textuellement et collationner par un archiviste de Paris. Cette copie forme cent soixante pages d'écritures très serrées sur un papier grand format. Le premier acte est du vingt et un avril, 1721, le dernier du trente mai, 1758.
Ces registres, sont sans contredit, les monuments les plus précieux qui nous restent de la colonisation française de l'île Saint-Jean.
MISSIONNAIRES ET CURÉS DE l'ILE SAINT-JEAN
Port Lajoie
L'abbé de Breslay, du 21 avril 1721 au 29 avril 1723. L'abbé de Métivier, du 25 juillet 1721 au 14 juillet 1723. Fr. Louis-Barbet Dulonjon, du 19 août 1723 au 11 juin 1724. Fr. Félix Pain, du 1er juillet 1725 au 8 septembre 1726. Fr. Léonard Patin, le 26 juillet 1725. Un seul acte. Fr. Pierre-Joseph de Kergariou, du 24 janvier 1726 au 22
mars 1726.
Fr. Ignace-Joseph Flamant, du 24 juin 1727 au 27 juin 1727. Fr. Félix Pain, du 26 novembre 1727 au 10 juillet 1731. Fr. Mathieu-François Lepaige, du 3 déc. 1731 au 25 oct. 1733. L'abbé de Bierne, le 10 octobre 1733. Un seul acte. Fr. Athanase Guégot, du 26 novembre 1733 au 20 août 1736. Fr. Mathieu-François Lepaige, du 20 oct. 1735 au 23 oct. 1735. Fr. Félix Pain, le 27 septembre 1736. Un seul acte. Fr. Angélique Collin, du 11 octobre 1736 au 21 juillet 1737. Fr. Gabriel Le Moign, du 24 sept. 1737 au 28 juillet 1739. Fr. Mathieu-François Lepaige, le 13 nov. 1737. Un seul acte.
Fr. Ambroise Aubré, du 28 janvier 1739 au 30 juin 1741.
Fr. Elie Kvielze, du 16 août 1741 au 11 mai 1744.
Fr. Patrice Lagrée, du 25 septembre 1749 au 25 sept. 1752.
Fr. Alexis du Buron, du 15 janvier 1751 au 24 janvier 1751.
Fr. Isidore Caulet, le 16 août 1752. Un seul acte.
Fr. Ambroise Aubré, dvi 9 octobre 1752 au 16 juillet 1754.
L'abbé Cassiet, le 7 août 1754. Un seul acte.
L'abbé Pezes, le 25 août 1754. Un seul acte.
Fr. Gratien Raoul, du 15 septembre 1754 au 30 mai 1758.
L'abbé H. Laforce, le 16 août 1755. Un seul acte.
Pointe- Prime
L'abbé Girard, de 1752 à 1758.
Saint- Lonis-dii- Nord- Est
L'abbé Perronnel, de 1752 à 1753.
L'abbé Cassiet, de 1753 à 1758.
Sain t- Pierre-du-Nord
L'abbé de Biscaret, de 1753 à 1758.
La Sainte- Famille de Malpec
L'abbé Cassiet, les premiers mois après son arrivée en 1753. L'abbé Dosque, de 1753 à 1758.
N II (Voir page 186)