‹ Une seconde Acadie [microforme]Chapitre 15 sur 81 · RUE · texte numérisé non relu

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Muascarène lui-même, le sort de l’Acadie entre leurs mains, (70... the French inhabitunts vefusing to tale up arms against us, we owe our preservation !, Quelques-uns seulement, en très petit nombre, firent cause commune avec les assaillants. La masse de ce peuple trop bon, trop honnête, trop confiant ne voulut pas rompre le serment d’allégeance qu’il n'était pas obligés de tenir parce qu'il lui avait été arraché par de fallacieuses promesses qu'on était décidé d'avance à renier à la première occasion.

L'inaction des Acadiens fut une faute politique qu’ils expièrent cruellement plus tard, et qui peut être reprochée à leurs prêtres avant tout autre, à ces mêmes curés contre lesquels les écrivains protestants ont cependant récriminé avec tant d'amertume. Si les curés acadiens ont eu quelque tort, c’est d’avoir trop prêché la soumission. Il est certain que si, en 1744, ils se fussent unis et concertés pour conseiller une prise d'armes, les

Acadiens se seraient levés comme un seul homme et

l— Nova Scotia Archives, Mascarene to —, p. 148.

“If the inhabitants had taken up arms they might have brought three or four thousand men against us who would have kept us still on harder duty, and by keeping the enemy for a longer time about us made itiinpracticable to repair our breaches or to gett our firewood and other things of absolute necessity ?”, p. 149.

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auraient en toute probabilité restitué l’Acadie à la France 1,

Supposé qu'ils n'eussent pas réussi, leur révolte eût été moins funeste que leur neutralité. Ne pouvant plus se faire illusion, ils auraient pu sortir de la fausse posi tion qui leur avait été faite. Ou bien ils se seraient retirés du côté des Francais, ou ils seraient entrés en négociations avec les Anglais, ce qui leur aurait donné une chance de définir nettement leur position, et par là

éviter de cheoir en de nouveaux pièves,

[— L'intondant Iocquart écrivait à l'évêque de Québec, en date du 12 imai, 1745: “11 s'en faut beaucoup que Sa Majesté ait lieu d'être satisfaite de ln conduite qu'ont tenue l’année dernière quelques-uns des Missionnaires de l'Acadie à l’occasion de l'entreprise qui avaient été formée dans ce pays-là ”.

L'intendant précisait ensuite ses accusations en disant que “le sieur Desenc'aves, curé du Port-Royal, informait exactement le Gouverneur Anglais de tout ce qu'il pouvait apprendre des démarches des Français et exhortait ses paroissiens à être fidèles au Roi d'Angleterre ; que le sieur de Chauvreulx, autre curé, prononçait des excommunications contre ceux le ses paroissiens qui prendraient les armes en faveur des Français et que le sieur de Miniac, Grand-Vicaire, cachait mieux ses démarches, mais qu'il agissait encore plus efficacement pour faire échouer l’entreprise, Aussi Sa Majesté aurait-elle pris le parti de faire repasser ces trois Mission: paires en France ”,

Le grand-vicaire de Miniac et M. de Chauvreulx étaient tous deux curés dans le bassin des Mines, et par conséquent au cœur même de l’Acadie,

Duvivier, dont les forces régulières, les seules efficaces pour un siège, étaient inférieures à la garnison de Port- Royal, ne put tenter une attaque sérieuse, Tout se réduisit à des escarmouches autour de la place, et à compromettre gravement quelques Acadiens qui lui prétèrent main forte. De ce nombre était un habitant des environs de Port-Royal, nommé Nicolas Gautier, une des figures les plus intéressantes de l’Acadie, devant

laquelle il faut nous arrêter quelques instants ; car

) — ' Nicolas Gautier a F, Ce ; ; pris une partactive dans cette guerre, o il y a joué un rôle saillant et, au retour de la paix, il

est devenu un des principaux habitants de l'tle Saint-

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Gautier avait pour centre principal d'opération un endroit situé à une petite distance de Port-Royal, sur

les bords de la rivière Dauphin. C'était un site bien

l— Registres du port Lajoie, 28 septembre, 1751. La belle écriture de cet autographe est à remarquer: elle suffirait à faire deviner que Nicolas Gautier était un esprit cultivé, si on ne le savait déjà par son Mémoire œu comte de Maurepas, dont la rédaction est celle d'un homme d’affaires habitué à écrire.

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choisi, et même pittoresque, si on en juge par le nom qui lui avait été donné ; celui de Bel air ou Belair. Outre une bonne habitation et de vastes dépendances, il y avait bâti deux moulins à farine et un moulin à scie, I possédait de plus deux navires pour le transport de ses marchandises,

Ce commerce ne l’empéchait pas de cultiver avre succès une grande ferme qui faisait partie de son établissement de Belair, aussi bien qu’une terre sise à la Prée- Ronde, dans le haut de la rivière, sur laquelle était bâtie une habitation qu'il évaluait à 10,000 livres,

“Son père, natif d’Aïix-en-Provence, avait été capitaine d'armes à Port-Royal, IT était mort à la date du mariage de son fils Nicolas avec Marie Alain, qui avait eu lieu en 1715.

“Peut-être ce jeune homme avait-il assisté au x deux sièges de Port-Royal” Peut-être fit-il partie de ces équipiges de corsaires qui aidèrent à la défense de la place ? Nous n’en savons rien de positif, mais sa femme était fille de Louis Alain, qui avait pratiqué le cabotage sur les côtes du Massachusetts du temps de M, de Brouillan. Celui-ci mentionne ce fait dans sa correspondance. Louis Alain avait été mêlé, à cette époque, à diverses entreprises coloniales et maritimes ; ilétait alors associé avec un nommé Naquin, lequel demeurait à Belair.

“ C'est de ce Naquin, qui n'avait pas d'enfants, que

les Alain tenaient cette habitation.

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