‹ Une seconde Acadie [microforme]Chapitre 16 sur 81 · ETES · texte numérisé non relu

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“ En héritant de son beau-père, Nicolas Gautier étendit ses opérations commerciales, 11 y avait placé un capital de vingt à trente mille livres, et l'avait si habilement fait valoir, qu'en 1744, il était devenu un des plus riches habitants de l'Acadie, Sa fortune, tant en biens-fonds qu’en propriétés mobilières, s'élevait au moins à 80,000 livres, somme considérable pour le temps et pour le lieu 1! ”,

Sa ferme de Belair, avec ses bâtiments, ses moulins, ses magasins, était estimée à 41,000 livres, sans parler de son habitation de la Prée-Ronde estimée à 10,000.

Ses approvisionnements de blé, de farine et de diverses autres marchandises nécessitaient, en effet, de vastes locaux ; car il paraît avoir donné à ses affaires un grand développement. Il transportait, avec ses navires, de la farine, des madriers, du bétail, de la morue, à Boston, à Louisbourg et jusqu'aux Antilles. 11 en rapportait des marchandises de toute espèce, sucre, mélasse, ete. qu’il entreposait, non pas à Port-Royal, mais dans ses habitations, d’où il rayonnait non-seulement dans la paroisse, mais aux Mines, où ses navires pouvaient aborder directement, ainsi que sur les côtes de l’est et jusqu’à Beaubassin. Les détails de son existence et de ses travaux

nous sont parfaitement connus par une pétition très

1 — Mémoire de Nicolas Gautier au comte de Maurepas.

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longue adressée par Gautier à M. de Maurepas, ministre de la marine, lui demandant une indemnité pour les pertes que les Anglais et les Francais lui avaient fait éprouver pendant la guerre de 1744 à 1748,

“ [1 était secondé dans ses opérations par sa femme, Marie Alain, une forte et vaillante Acadienne, et par sa nombreuse famille, Ses deux fils aînés, Joseph et Pierre, avaient en 1744 dépassé vingt-cinq ans; c'étaient de forts et déterminés gaillards, qui naviguaient avec leur père, convoyaient les marchandises, et qui déjà pouvaient le suppléer au besoin, soit à la maison, soit à la ner,

‘“ Les Gautier vécurent paisiblement à Belair de 1715 à 1744, au milieu des occupations variées de leur comnerce et de leur culture, En 1730, ils étaient parvenus au plus haut point d: leur fortune. Nicolas Gautier fut désigné par les Acadiens du district de Port-Royal pour être député au conseil d’Annapolis ; mais il est probable qu'il s'était déjà signalé par son zèle pour la cause francaise, car cette nomination ne fut pas agréée par le gouverneur Armstrong,

“ En 1735, nous le voyons se rendre à Louisbourg pour voir M. Duvivier. Il venait l’avertir qu’un des parents de sa fewsine était mort, et que le gouverneur avait fait saisir l'héritage au nom de la Couronne, Cette visite et les relations qui en résultèrent avec Duvivier, furent,

peut-être, une des causes premières de la part active

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que Gautier prit aux événements de 1744, Lorsque Duvivier entra en Acadie et vint bloquer Port-Royal, ce fut à Belair, chez Gautier, qu'il établit son quartier général, Le propriétaire de Blair devint un des principaux fournisseurs de la petite armée française ! ”

On ignore quelle fut la conséquence de cette première rupture avec les autorités anglaises, 11 paraît cependant que Gautier ne fut pas inquiété immédiatement, soit que Mascarène, qui était aussi habile que brave, espérât le ramener par des procédés de douceur, soit qu'il craignit de mécontenter les Acadiens parmi lesquels il comptait une foule de parents et d'amis, Quoi qu'il en soit, nous reverrons durant les campagnes suivantes Gautier et ses fils plus engagés que jamais dans les

intérêts de la France.

l— Courrier des Provinces Maritimes, 13 septembre, ISSs,

Nicolas Gautier, par M. E. Rameau.

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