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Les Canadiens, tout blancs de neige, se précipitérent dans la maison comme autant de fantômes, Furieux d'avoir perdu leur chef. ils égorgérent tous ceux qui cherchèrent à se défendre, : En moins de dix minutes, toute résistance ent cessé, Des vingt-quatre Anglais qui se trouvaient dans la maison, vingt et un furent tués, trois faits prisonniers L
MM. de Villiers et de Lusignan furent transportés aux Inaisons de Gaspareau, où ils recurent les premiers soins du chirurgien, le docteur Lajus. Le chevalier de La Corne, avec ses quarante hommes, avaient sUTpIis le quartier des officiers avant que la sentinelle eût eu le temps de donner Pularme, et avaient enfoncé la porte à coupde haches, Cette maison était pour lors le quartier général du colonel Noble qui avait fuit toutes ses dispo. sitions pour se transporter à la maison de pierre située tout auprés, et y avait même établi une partie de sa garde, mais il ne s'y était pas encore repdu de sa per: sonpe, Il avait avec lui son frère, l'enseigne Noble e1 les priicipaux officiers de son détachement, L'irruption avait été 8i soudaine que le colonel n'avait eu que le temps de sauter hors de son lit et d’armer ses pistolets, On Jui cria de se rendre, s’il ne voulait pas être tué, Le inême cri lui fut répété des fenêtres qui venaient d’être
enfoncées, Il persista à tirer et 1l recut deux balles au
l— Journal de M. de Beaujeu, page 66,
travers du corps, Une troisième le frappa au front et l’étendit raide mort, Son frère qui s'était levé en chemise et avait saisi ses armes, tomba à ses côtés. Deux lieutenants qui, paraît-il, étaient dangereusement malades, furent tués dans leurs lits. Un autre officier, nommé Jones, essaya de se frayer un passage vers la porte et reçut un coup de baïonnette en pleine poitrine, Le capitaine Howe, dangereusement blessé, fut fait prisonnier,
M. de Beaujeu qui avait pris le commandement de l'escouade de M. de Villiers, l'avait remise en marche aussitôt après son premier succès, pour aller au secours des autres détachements qui semblaient en avoir grand besoin, car on entendait une vive fusillade de loin comme de près des deux côtés du village. Il fut rejoint en route par M. de Lotbinière et ses Canadiens qui avaient pris une des maisons; et un peu plus loin par M. Marin qui, avec sa bande de sauvages, avait été repoussé, Les sauvages, toujours prêts À céder dès qu'ils rencontraient une sérieuse résistance, ayant eu un homme de tué et trois de blessés, s'étaient découragés,
M. de Beaujeu proposa de renouveler l'attaque et d'incendier la maison ; mais ce projet parut téméraire, car le poste anglais était nombreux, Ils avaient barri. cadé les portes et s'étaient réfugiés dans le haut de la
maison, d’où ils faisaient un feu continuel, Le jour
commençait à paraître, et on voyait de tous côtés de