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UNE SECONDE AGADIE 195
sements et des habitations qu'ils possèdent dans cette province, et comme ce bruit a dû probablement être répandu habilement Parmi eux afin de les pousser à se soustraire à l’allégeance de Sa Majesté, et de se Joindre à l'ennemi, Sa Majesté crait qu'il est nécessaire de prendre des mesures convenables pour dissiper ces Suggestions mal fondées : et dans ce but, il plait au Roi que vous déclariez publiquement, et d’une manière authentique, à ceux de ses sujets qui habitent cette province qu’il ny à pas le moindre fondement pour aucune appréhension de cette nature ; Mais qu’au contraire, c’est la résolution de Sa Majesté de protéger et de maintenir tous ceux d'entre eux qui continueront à tester dans le devoir et à garder l'allégeance due à Sa Majesté dans la tranquille et paisible possession de leurs habitations et établissements respectifs et qu'ils continueront À jouir du libre exercice de leur religion,
Sa Majesté se proposait de signer une proclamation à l'effet susmentionné et de vous la transmettre, afin quelle fût publiée dans la Nouvelle-Ecosse : mais. comme il a été recu ici avis qu'un corps de troupes de la Nouvelle-Angleterre qui s'étaient avancées jusqu'aux Mines, ont été surprises par un parti de Canadiens. français et de Sauvages et qu'elles ont été défaites ou faites prisonnières : et Comme il ÿ a une grande probabilité que ce malheur ne serait point arrivé à ce Corps
de troupes, sans l'assistance, ou au moins la connivence.
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des habitants de la Nouvelle-Ecosse, cela rend très difficile de fixer les termes de la proclamation proposée ; Sa Majesté pense qu’il est plus à propos de vous laisser faire une telle déclaration en son nom, selon ce que les circonstances présentes de la province peuvent exiger ?,
Shirley avait tout intérêt à publier la proclamation du roi, afin d'empêcher un soulèvement qui aurait pu se produire si les Acadiens avaient été poussés au désespoir. Elle fut signée le vingt-huit octobre, 1747, et affichée dans toutes les paroisses de l’Acadie, Douze individus seulement en étaient exceptés : c'était Nicolas Gautier, et deux de ses fils Pierre et Joseph, Amand Bugeau, Joseph Leblanc dit le Maigre, Charles et Francois Raymond, Charles Leroy et son frère Philippe Leroy, Joseph Brassard dit Beausoleil, Pierre Guidry dit Grivoir et Louis Hébert, ci-devant domestique du capitaine Handfield, tous convaincus du crime de lèsemajesté pour avoir pris les armes en faveur des Français, “ Et, ajoutait la proclamation, pour encourager, d'autant mieux les habitants bons sujets de la dite province, à s'emparer des susnommés, leur promet une récompense de cinquante livres sterling pour chaque criminel qu'ils remettront dans six mois du jour de la date du dit
manifeste, et ceux d’entre les coupables qui livreront
eux-mêmes dans le dit temps quelques-uns des cou-
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pables mêmes, outre les cinquante livres sterling, ils recevront le pardon de leur crime 1 ”.
Le traité d’Aix-la-Chapelle qui mit fin à la guerre l’année suivante, parui apporter aux Acadiens de nouvelles garanties de paix et de bien-être, Nantis de promesses royales solennellement proclamées, qui les ‘affermissaient dans la possession de tous leurs anciens privilèges puisqu'elles ne contenaient aucune restriction, hormis pour les douze proscrits, pouvaient-ils encore entretenir des appréhensions ? N ‘auraient-ils pas traité de pessimistes ceux qui leur auraient expliqué le vieil adage classique : T'imeo Danuos et dona ferentes ? Cependant deux années ne s'étaient pas écoulées que leurs illusions étaient évanouies, les promesses royales foulées aux pieds et le spectre de la déportation réapparu devant eux. Va-t-on s’en prendre à leur ignorance, s'ils ont été honteusement trompés ? Qui ne l'aurait pas été à leur place ? Au reste, ce n’est pas eux qu'il faut plaindre; car ils sont restés fidèles à eux-mêmes, ils ont suivi le droit sentier et laissé après eux une mémoire sans tache; ceux qu’il faut plaindre, sont leurs ennemis, Ce sont eux qui ont été les vrais ignorants ; ils n’ont pas vu au delà de leur fanatisme, ni qu'ils attachaient à leurs noms une flétrissure indélébile,
1— Journal de ce qui s’est passé d'intéressant, etc., 1747.