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‘ L'arrivée de M. de Saint-Ours, qui vint remplacer le Ë chevalier de La Corne au mois d'octobre, fut marquée î par un événement qui créa un grand émoi dans les deux camps et donna lieu à une atroce calomnie contre l'abbé Le Loutre ?.
1 Journal de ce qui s'est passé à Chignectou et autres parties des frontières de l’ Acadie, depuis le 19 septembre, 1750 jusqu'au 28 juillet, 1751, par M. de la Vallière.
2. L'auteur des Mémoires sur le Canada qui n’aécrit souvent que sur des oui-dire et dont le but principal parait avoir été
Le capitaine Edward Howe, que nous avons vu blessé et relâché sur parole après le combat des Mines, avait repris ses fonctions de commissaire-général et les exercait au fort Lawrence, C'était un homme instruit et fort aimable, paraît-il, mais qui avait le tort de trop laisser voir les préjugés intenses dont il était imbu. Grâce à sa connaissance de la langue française, il avait souvent des entretiens avec les Acadiens et les sauvages, à qui il faisait les plus belles promesses pour les engager à passer du côté des Anglais, Quelques-uns des Micmacs lui avaient voué une haine mortelle parce qu’il s'était laissé emporter, un jour, en parlant du culte catholique, et avait proféré de grossières injures contre la sainte Vierge. L'abbé Le Loutre, qui le connaissait bien, l'avait prévenu des desseins de vengeance de quelquesuns des sauvages qui rôdaient à Beaubassin, et lui avait recommandé de bien se tenir sur ses gardes. Howe qui poussait la bravoure jusqu’à l’imprudence, ne tint aucun compte de ses avis.
On le voyait souvent se promener au bord du Missa-
gouetche où il trouvait moyen de nouer conversation
de satisfaire ses animosités ou sa malveillance, n’a pas pris la peine de constater que ce fut M. de Saint-Ours, et non M. de Vassan, qui remplaça le chevalier de La Corne, parti de Beauséjour le huit octobre. Le Journal de la Vallière écrit sur les lieux est formel à ce sujet.
d’un bord à l’autre de la rivière, Le Missagouetche n’est guère qu’un gros ruisseau qui, à marée basse, se réduit À un maigre filet d'eaux dormantes et fangeuses, encaissées entre des rives profondes d’une teinte rous-
sâtre, Comme toutes les rivières qui se jettent dans la
d baie de Fundy, il offre un curieux phénomène causé par les puissantes marées de ce bras de mer. A l'heure du flot, une énorme vague y pénètre, le remplit avec une éton-
nante rapidité, et le déborderait, si elle n’était retenue |
par de hautes digues.
Durant une nuit du mois d'octobre, quelques sauages vinrent se cacher dans les grandes herbes, à l'abri de l’endiguement de la rive droite, Vers huit beures du
matin, les sentinelles en faction aux portes du fort Lawrence, apercçurent un drapeau rouge agité au-dessus | de la digue par un homme qui paraissait vêtu de l’uniforme des officiers français, Le capitaine Howe s’avança avec quelques-uns des siens, précédé d’un drapeau blanc, et s'approcha jusqu’à la portée de la voix. Le prétendu officier n’était autre que Jean-Baptiste Coptk, sur: nommé Etienne Bâtard, chef miemac de la mission du P. La Corne, homme féroce et dangereux, traître aux Français aussi bien qu'aux Anglais, qui cherchait depuis longtemps l’occasion de se venger du capitaine Howe. Celui-ci, après avoir échangé quelques paroles, crut reconnaître un piège et songea à se retirer, Mais il était trop tard ; Coptk jeta son drapeau à terre et fit signe à
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ses gens de tirer, Howe tomba mortellement blessé de plusieurs balles. Ses compagnons le prirent dans leurs bras et l’emportèrent malgré les balles qui continuaient à pleuvoir sur eux, Il mourut peu de jours après.
Tel est ce triste accident tel que rapporté par des témoins oculaires et confirmé par d’autres relations dignes de foi. L'auteur anonyme des Mémoires sur le Canada s’est fait l'écho des calomnies inventées contre
l'abbé Le Loutre à l’occasion de ce meurtre 1.
Dès son arrivée à Beauséjour, M. de La Corne avait reconnu l'importance de cette position stratégique ; il s'était cependant borné à y établir un camp volant. Mais du moment que le marquis de la Jonquière eut appris que les Anglais se fortifiaient de l’autre côté de
‘la rivière, il ordonna à M. de Saint-Ours, qui venait de
remplacer le chevalier, de construire un fort sur l’'éminence, et lui avait expédié en même temps un renfort de troupes, avec quelques pièces d'artillerie, M. de Saint-Ours y fit travailler durant tout l'hiver, Il avait pour ingénieur M. de Léry, fils de celui qui avait dirigé
1— Voir, pour la critique de ce fait, Un Pèlerinage, etc. Appendice.
| les fortifications de Québec, et pour sous-ingénieur R M. Jacquot de Fiedmond, C’est pour la première ;. is ; qu'apparaît au Canada le nom de ce dernier officier qui
s'est immortalisé au siège de Québec. Les deux ingé- | nieurs se partagèrent la surveillance des travaux qui se | poursuivaient, tant à Beauséjour qu’à la baie Verte, où se construisait un petit fort en palissades, nommé Gaspareau, pour la protection des dépôts de vivres et de munitions qu'on y expédiait de Québec et de Louisbourg en destination de Beaubassin,
Les réfugiés sans asile se répandirent dans les établis. sements de Memramcoux, de Peticoudiac, de Chipoudy et des côtes du golfe jusqu’à la baie de Miramichi 1. Plusieurs traversèrent dans l’île Saint-Jean, Un grand nombre furent employés aux travaux du fort de Beau-
séjour. Ces malheureux eurent beaucoup à souffrir du froid et de la misère, car la sollicitude des commandants n'avait pu suffire à tant de besoins imprévus.
Au printemps, le fort de Beauséjour était bâti, moitié en terre, moitié en palissades ; les casernes, les magasins, la poudrière, en construction; et à la fin de l'été, la
1 — Au passage de l'ingénieur Franquet à Beauséjour (août, 1751), le nombre des réfugiés y étaient de onze cent onze, ‘répandus dans les villages circonvoisins dépendants du Canada”. Sur ce nombre, cent cinquante-cinq étaient de l’in- Prin térieur de la péninsule, le reste de Beaubassin,
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place était prête à recevoir la garnison. Les travaux furent continués jusqu’à ce qu’elle fut en état de soutenir un siège régulier, Les ruines actuelles de Beauséjour, fort intéressantes à visiter, témoignent de la solidité de cette petite forteresse, Le site en avait été admirablement choisi, Du haut des remparts, la vue embrassait tout le paysage environnant, d’une beauté douce et variée : à droite, la baie de Chiynectou, dont le fond s’arrondit en courbes si gracieuses qu'il a reçu le nom de Beaubassin ; en face, la fertile plaine endiguée, sillonnée par la rivière Missagouetche, appelée aussi Sainte-Marguerite ; au délà, sur un renflement du sol, l'enceinte de terre et de palissades du fort Lawrence, audessus duquel flottaient les couleurs écarlates d’Angleterre ; à gauche et en arrière, des terrains lacustres, largement cultivés, et les villages de Tintamarre, de Memramcouk, de Peticoudiac, de Chipoudy, d’où montaient les murmures de la vie rurale; autour de l'horizon une ceinture de collines étagées, les unes défrichées, les autres couronnées de grands bois ou de bruyères ; aux pieds des remparts, animés par le mouvement des troupes, des bandes de guerriers sauvages et d’une population ouvrière, un groupe de maisons, avec une chapelle en construction que labbé Le Loutre espérait bientôt ouvrir au culte, si elle ne l'était déjà. Toutes les précautions prises par Cornwallis n'avaient
pu arrêter l'exode des Acadiens, Durant les deux années
UNE SECONDE ACADIE 235 qui suivirent, une grande partie de la population s’échappa de la péninsule, Elle se partageait en deux courants, l'un venant se réfugier sous la protection de Beauséjour, l’autre inondant l’tle Saint-Jean, Le principal auteur de cette émigration, l'abbé ‘Le Loutre, devait être VOUÉ, — on le concoit, — à l’exécration des Anglais, Il n'y a pas de couleurs assez sombres pour peindre le portrait sous lequel ils nous le montrent L'abbé Le Loutre était également le point de mire de ia critique
d'un certain nombre de Francais, jaloux de la haute
‘influence dont il jouissait à Québec et à Versailles,
U'est à cette source qu'a puisé l'auteur des Mémoires sur le Canada qui le représente comme le tyran des Acadiens, toujours prêt à lâcher sur eux ses sauvages pour les dépouiller, leur enlever leurs femmes et leurs enfants, s’ils ne veulent pas se soumettre à ses volontés. M. de la Vallière qui avait sous les yeux la détresse des Acadiens et qui voyait agir l'abbé Le Loutre, ne laisse pas même soupçonner une telle con-
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1— Le gouverneur Cornwallis offrit cent livres sterling pour la tête de l'abbé Le Loutre, Tel était cependant l’attachement des Peaux Rouges pour leur missionnaire que, malgré ce puissant appât offert à leur convoitise, malgré la facilité qu'ils avaient de le tuer durant les fréquentes courses qu'il avait à faire avec eux dans les bois, pas un seul n'eut l'idée d’attenter à ses jours. C'était le fruit du dévoñment que lui et ses devanciers depuis des générations montraient à ces tribus.
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duite, Au contraire, il le montre comme donnant
l'exemple de l'humanité, rachetant des mains des sauvages les prisonniers anglais qui, certes, n'avaient pas de tendresses pour luil, Au reste, quand on se rappelle la sollicitude et la commisération de ce missionnaire pour les mêmes Acadiens, jetés sur les côtes d’Angleterre et de France après la catastrophe de 1755, quand on le voit au sortir de sa prison courir à Versailles, y dépenser le reste de son influence et de ses forces auprès des ministres pour recueillir ces infortur.és, leur obtenir des dédommagements et aller lui-même les installer sur des terres à Belle-Isle-en-Mer, en un mot, quand on le voit agir comme un père à leur égard, on sait à quoi s’en tenir sur les accusations portées par ses ennemis. D'après un Mémoire sur l’état de l’Acadie adressé au ministre en 1753 par l'abbé de L’Isle-Dieu, il ne restait
‘M. de Saint-Ours envoya M. de Léry, aîné, et Mon- 1, officiers du Canada, pour retirer des mains des sauvages . Capitaine et les matelots (d’une goélette anglaise échouée vis-à-vis Beauséjour). M. Le Loutre s'y transporta aussi. Tout ce qu'ils purent faire fut de retirer le capitaire et de le faire sauver. Ces messieurs firent ensuite défoncer tout ce qu’ils purent d’eau-de-vie, rhum, vin et liqueurs... Deux jours après, M. de Saint-Ours renvoya le capitaine avec son équipage (au commandant du fort Lawrence), n'ayant pu les renvoyer plus tôt, les sauvages qui n'avaient point désaoulé, les demandant hautement. M. Le Loutre paya leur rançon ”.— Journal de M. de la Vallière.
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alors sous la domination anglaise que six mille cinq cent dix habitants !, Sur douze cents personnes qui formaient naguère la paroisse de Cobequid, il ne s’y en trouvait plus que trois cents, Le reste s'était enfui à l’île Saint-Jean par le portage de Tagamigouche que les Anglais n'avaient pas eu la précaution de garder, Cino cents habitants avaient quitté Pigiquit, et trois cents, la Grand-Prée, Les deux seules paroisses de la Rivière-aux-Canards et de Port-Royal étaient demeurées à peu près intactes, à cause de leur éloignement des frontières françaises, Il n’y avait plus que deux prêtres pour desservir cette population, MM. Chauvreulx et Desenclaves, tous deux vieillards infirmes, L'abhe Desenclaves résidait toujours à Port-Royal ; l'abbé Chauvreulx s'était transporté de Pig quit à la Grand- Prée, afin de se trouver plus au centre du bassin des Mines qu'il était seul à desservir.
Des deux églises qu'il y avait naguère à Pigiquit, il n’en restait plus qu’une : celle de l’Assomption ayant été détruite et remplacée par le fort Edouard ?,
Quelque temps auparavant, un jeune prêtre, l’abbé
1 — I] faut ajouter à ce chiffre les petits groupes de pêcheurs acadiens échelonnés au bord de la mer, tels que Chezetcouk, Pomcoup, Tébok, etc.
2 — Mémoire de l'abbé de L'Isle-Dieu, 1753.
L'abbé de L’Isle-Dieu fait voir l'insuffisance de prêtres dont souffrait l'Acadie, en indiquant l'étendue de chaque paroisse. Il donne en même temps le nombre de comrau-
Brassard, envoyé par l'évêque de Québec, était venu offrir ses services à Port-Royal ; mais il avait été refusé par le Conseil qui lui avait signifié l’ordre de sortir de la province l, Voilà à quoi se réduisait le libre exereice de la religion tant de fois garanti par les gouverneurs
de la Nouvelle-Ecosse,
nions qu’elles comptaient avant le commencement de l’émi-
gration :
Paroirses Etendue Communions Port-Royal... NPA … 10 à 12 lieues... 2000 Rivière-aux-Canards … 4... 500 La Grand-?rée...…. RMS te ART 1000 PIDIQUIMEL Lee date DURE «Pr in A tre rare 1800 Cobequid...............…. Pine tettiaties 800
Mémoire, etc., 1753.
1.— Lettre de l'abbé Brassard à M,, de Pontbriand, à Beaubassin, le 2 juia, 1749.
L’évèque de Québec avait envoyé l’abbé Brassard en Acadie à la demande des habitants de Pigiquit qui, au mois de février précédent, lui avaient adressé une requête pour le suppiier de leur accorder un prêtre. Cette requête, dont on trouvera le texte ci-apres, est un monument de la foi et de la piété de cette excellenïe population sur laquelie s'appesantissait en ce moment le joug qui, sept ans plus tard, devait l’écraser et l’arracher du sol, On voit à la lecture de cette pièce que ceux qui l'ont rédigée sont de pauvres et simples habitants comme ils le disent eux-mêmes n'ayant qu’une instruction élémentaire, mais qui laissent, parler leurs sentiments religieux avec une naïveté et une f‘anchise qui vont à l’âme. Il y a cependant de la fierté dans ces cœurs humbles. On remarquera avec quel noble orgueil ils parlent de la réponse qu'ils viennent de faire à leurs maîtres au regard de la liberté religieuse. Ils disent ce qu'ils feront plus tard : ils sacrifieront tout plutôt que de transig'ir.
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REQUÊTE DES HABITANTS DE L'ASSOMPTION DE PIGI- QUIT, ENVOYÉE A MGR L'ÉVÈQUE DE QUÉBEC, LE 18 FÉVRIER, 1749
Monseigneur,
Nous, les habitants de la communauté de la paroisse de l’Assomption de Pigiquit, prenons la liberté de vous représenter très respectueusement nos très humbles supplications, qui seraient de vouloir bien jeter un œil de compassion sur notre triste état, d'autant que nous somines en notre paroisse seule, au no:ubre de cent cinquante habitants, et au nombre de cinq cents communiants, et le tout privé de presque tous les secours que nous pouvons espérer de la part des missionnaires, pour nous avancer dans les pratiques de la vertu, et nous maintenir et guider dans notre religion que nous avons plus à cœur que nos biens temporels, et d’une telle importance que nous ne pouvons nous en expliquer par nousmêmes. Mais sachant que vous êtes revêtu de toute lumière et pouvoir pour le spirituel, et surtout dans votre diocèse, ce qui nous fait esrérer que vous jetterez sur nous un œil de compassion éx :1117: accordant la faveur de nous envoyer un prêtrz dans notre paroisse, et qu'il y paraisse stable, appuyé par Votre Grandeur.
Vous nous direz peut-être qu'il peut y avoir du gênement de la part de Messieurs les Anglais. Ce que nous pouvons vous dire à ce sujet, c’est que ces Messieurs nous ont paru par la dernière requête que nous leur avons présentée, comme désarmés de leur prétendue espérance, en nous voyant si fermes à soutenir les réserves à nous accordées, en vertu du serment de fidélité que nous leur avons donné ; lesquelles réserves consistent, tout d'abord, en ce qu'ils nous accordent le libre exercice de notre religion et des prêtres pour nous instruire. Ce qui donne assez à entendre que le nombre augmenterait à proportion du peuple à instruire, et que tant qu'ils ne se rendront pas suspects au gouvernement, nous pensons que ces Messieurs ne peuvent avec justes raisons
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nous les rivir. Monseigneur, nous aurions plusieurs articles que ncus croyons être de justes raisons à vous marquer, mais comme ét2nt fondés sur votre charité paternelle, nous croyons qu'il nous suffit de vous dire que nous sommes dépourvus de missionnaires,et que vous connaîtrez mieux que nous-mêmes ce dont nous avons besoin ; nous vous en marquerons seulement ici un article qui £st que quand nous descendons en esprit dans le purgatoire, nous connaissons là qu’il n'y a pas un nombre suffisant de missionnaires dans l’Acadie, d'autant qu'il est impossible à ceux qui y sont de pouvoir jouir d'autant de messes qu'on désirerait en faire dire. Au lieu d’avoir un nombre considérable de sacrifices, ils n'en ont que très peu.
Monseizneur, nous vous demandons par grâce de vouloir accorder excuse aux dits suppliants du manque de respect auprès de votre dignité, étant cependant fondés sur ce que vous reconnaitrez que nous ne somimes que de pauvres et simples habitants, et que le manque da respect n'est qu’un pur effet de notre inadvertance. Aussi les soussignés au nom de toute la communauté de la dite paroisse, savoir les anciens et nouveaux députés et marguillers, faisant pour le tout, et dans l’espérance que ces grâces leur seront accordées er par là ils seront obligés à redoubler leur vœux pour votre conserration et prospérité. Aussi nous sommes de tout notre cœur vos très humbles et bien obéissants serviteurs et fidèles soumis.
(Suivent les signatures).
Mur de Pontbriand fut si profondément touché de cette requête qu'il fit partir l'abbé Brassard pour l'Acadie dès le printemps de la même année. Il n'avait pas manqué d'en prévenir les habitants de Pigiquit. L'abbé Brassard dut même passer par cette paroisse en se rendant à Port-Royal. Qu'on se tigure le désappointement et la douleur de ces braves gens en apprenant à son retour qu'il ne pouvait rester au milieu d'eux, parce que le Conseil de Port-Royal lui en avait fait la défense formelle.
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