‹ Une seconde Acadie [microforme]Chapitre 46 sur 81 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

Etat de la colonie, — Menaces de guerre. — L'ingénieur Franquet à l'ile Saint-Jean. — Ses observations sur le port Lajoie.Sur le havre Saint-Pierre. Sur les Trois- Rivières. — Il propose de fortifier ces trois points. — Son admiration pour le pays.— Nicolas Gautier et Amand Bugeau.— Caractère des Acadiens d’après Franquet,

On a vu dans le chapitre précédent les causes qui amenèrent «n surcroît de population dans l’île Saint- : Jean à partir de l’année 1750. C'était un avantage pour l'avenir, mais un danger pour le présent ; car les moyens de subsistance que fonrnissait le gouvernement n'étaient pas suffisants pour empêcher la misère de s’accroitre.

“Nous avons fait jasqu’à présent, écrivait l’intendant Bigot au ministre, le 5 octobre, 1750, tout ce qui a dépendu de nous pour insinuer À ces habitants (de

l’Acadie) de se retirer sur nos terres. Il y en a passé six ou sept cents sur l’isle Saint-Jean à ce que nous mande M. de Bonnaventure, Et il en passe tous les jours, mais pas avec autant de vivacité que s’il n’y avait pas eu de bâtiments anglais pour les en empêcher.

“ Nous y avons envoyé des farines suffisamment pour les faire subsister, des pioches, haches, clous, socs de charrue et quelques effets pour les vêtir, la plus grande partie étant nuds s'étant échappés comme ils avaient pu. A l’ouverture de la navigation, l’année prochaine, nous y renverrons d’autres farines et légumes pour la subsistance.

‘M. Bigot n'ayant pas trouvé cet automne de bâtiments pour leur faire venir des pois, faute de pratique, il les a fait passer à Louisbourg pour qu'ils leur fussent envoyés.

“ Nous souhaitons fort qu’ils les recoivent, sans quoi ils seraient réduits au pain sec, hormis qu’on ne leur envoie de l’isle Royale des salaisons,

“ Les Acadiens qui se sont retirés dans cette isle, y ont passé trop dénués de tout pour avoir pensé à faire la pesche la même année ct encore moins avec nos bâtiments qui n'étaient occupés qu’à aller et venir ”.

La cour de Versailles qui s'engageait en de grandes dépenses pour peupler l’île Saint-Jean, avait à cœur qu'elle fut solidement établie par le défrichement et la

culture du sol. Elle voulait pour cela que tous les bras

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