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faits dans l’île Saint-Jean durant les années 1728, 1755, 1753. Les deux premiers de ces recensements sont d'autant plus précieux qu’ils sont nominaux, À l’aide de ces pièces, on suit pour ainsi dire pas à pas la marche des premiers émigrants à partir de leurs poiuts de départ, puis la formation et le développement de chaque groupe de colons. On trouve même plus d’un trait de leur physionomie sociale dans les actes des registres.
Pendant que le com. de Saint-Pierre était occupé, à Paris, à rassembler les éléments de la colonie qu'il voulait fonder dans l'ile Saint-Jean, il fit la rencontre d'un prêtre de Saint-Sulpice, l'abbé de Breslay, qui venait d'arriver du Canada où il avait été successivement euré de Montréal et missionnaire chez les sauvages du saut Saint-Louis !, L'abbé de Breslay était un homme de qualité, qui avait vécu dans le monde avant d'entrer à Saint-Sulpice. Le comte de Saint-Pierre avait dû le rencontrer plus d’une fois à la cour de Versailles, où il servait en qualité de gentilhomme de la charwure du roi. Le comte, qui était à la recherche d’un missionnaire pour sa nouvelle colonie, sollicita l'abbé de Breslay d’entre-
prendre cette œuvre de zèle, et n'eut pas de peine à le
1— Vaudreuil au ministre, 15 novembre, 1713. “Il est sur le point, ajoute-t-il, de passer en France pour une réclamation au ministre”,
convaincre; car il était d’un caractère ardent et plein d'enthousiasme pour les rudes labeurs des missions du Canada. Il ne s'agissait plus que d'obtenir l’autorisation du supérieur général de Saint-Sulpice, qui était alors M. Leschassier, Celui-ci se laissa facilement persuader; car il avait hérité de son prédécesseur, M. Tronson, l’idée de fonder un séminaire dans les régions du golfe Saint-Laurent. Une première tentativ. avait même été faite à Port-Royal quelques années auparavant; mais elle avait échoué, M. Leschassier jugea l’occasion favorable pour la reprendre et l’exécuter dans l’île Saint-Jean,
M. de Breslay était bien l'homme qu'il fallait pour cette fondation, homme d'âge, de qualité, d'expérience dans ce genre de ministère, sachant les langues apparentées à celles des Indiens de l’Acadie et des îles du golfe Saint-Laurent; mais âgé d'environ soixante ans et affaibli par de longs travaux, il hésitait À partir seul et demandait un autre missionnaire pour l’assister, Un jeune sulpicien alors en disponibilité, l'abbé de Métivier, lui fut accordé et s ’embarqua avec lui,
Marie-Anselme de Métivier, originaire du diocèse d'Orléans, avait déjà passé six ans au Canada, où il était arrivé en 1716, Après avoir été occupé à Montréal et à la Longue-Pointe, dont il fut un des premiers curés, il était repassé en France et venait de terminer les affaires qui l’y avaient rappelé, lorsqu'il reçut de nou-