‹ Une seconde Acadie [microforme]Chapitre 7 sur 81 · FE A · texte numérisé non relu

FE A

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velles lettres de mission pour l’île Saint-Jean. Les deux missionnaires y étaient déjà depuis quelques mois, lorsque l'abbé de Breslay inscrivit le premier acte dans les registres, En tête de la première page il écrivit ce qui suit :

“Je, soussigné, prêtre du séminaire de Saint-Sulpice, missionnaire des sauvages Algonquins et Népissiriens de la mission de Kaint-Louis, au-dessus de l’isle de Montréal, en Canada, envoié par Monsieur Leschassier, prêtre, docteur en Sorbonne, et supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, et par Monsieur le comte de Saint- Pierre, premier écuier de Son Altesse toyale Madame la Duchesse d'Orléans, de l'agrément et consentement de Monseigneur de Mornay, coadjuteur de Monsieur Lévesque de Québec, son grand-vicaire résident pour lors à Paris, envoyé, dis-je, par iceux du consentement et aussi de l'agrément de la cour, pour servir de curé dans les isles de Saint-Jean, la Madeleine, Miscou, La Famée et autres isles dans le golfe Saint-Laurent, au dit Canada, accordées par Sa Majesté au dit Monsieur le comte de Saint-Pierre, certifie avoir recu le présent registre, etc., ete,, L7 avril, 1721.

Le registre n’a pu être envoyé à Louisbourg pour le faire signer à cause de la saison de l'hiver et des glaces

qui empêchent la navigation.

(Signé) DE BREsLAY, curé”,

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Le dix avril précédent, l'abbé de Breslay avait ouvert le registre par l'acte de mariage de Francois du Rocher, pêcheur, originaire de Bretagne, et d'Elisabeth Brunean,

Il est difficile de supposer que le comte de Saint- Pierre, qui avait de si grands intérêts dans les îles du golfe, dont il avait obtenu Ja concession, et qui y créait des établissements considérables, ne soit pas venu en personne les surveiller du moins dans les commencements. On n'en trouve cependant aucune trace directe dans les documents de l'époque. Ce qu'il y à de certain, et qui fait supposer sa présence, c'est que sa femme vint passer quelque temps au port Lajoie, où elle servit de marraine au baptême de l'enfant d’un des officiers de la compagnie Ce qu'on peut aflirmer également, c’est que l’année même où le comte de Saint-Pierre dirigea sur l’île Saint-Jean un premier groupe de colons (1720),

il s’y fit représenter par un gouverneur, M. Gotteville

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de Belle-Tsle, qui paraît ÿ avoir commandé jusque vers 1730 ?,

Η Registres du port Lujoie, acte du 14 juillet, 1722.

2—On trouve la signature de ce gouverneur dans les registres de l'ile Saint-Jean, à la date du 21 avril, 1721, On y lit que le mariage de Jean Madré, maître de chaloupe, et de

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Les pêcheries avaient été de tout temps dans ces parages la source la plus immédiate de profit. Ce fut ce motif qui engagea la compagnie à venir asseoir un de ses établissements au havre Saint-Pierre, dont les environs offraient en même temps des terres favorables à la culture, Au cours de l’annte 1720 et 1721, elle y installa dix familles qui toutes furent occupées à la pêche. Cinq autres s’établirent au port Lajoie, trois à la rivière du Nord-Est, et deux à la Pointe de l'Est,

I n’y avait dans l’île, avant l’année 1720, que deux familles françaises, une au havre Saint-Pierre, l’autre à la Pointe à: l’Est, toutes deux vivant de pêche, A la fin de l’année 1721, le premier noyau de colonisation était formé dans l’île Saint-Jean, et se composait de dix-neuf familles faisant en tout une centaine d’individus, Dès lors, il s'établit vers l’île deux courants d'immigration, l’un venant directement de France, l'autre de l'Acadie.

Les Acadiens s’occupant d'agriculture de préférence à la pêche, étaient les colons les plus stables et les plus

solides.

Susanne La Gagnerie se fit ‘en présence de Messire Robert- David Gottevitle de Belle-Isle, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis, lieutenant de vaisseau, capitaine d’une compagnie franche de la marine et gouverneur des Isles Saint-Jean, La Madeleine, Miskou, Brion, La Ramée et autres, dans le golfe Saint-Laurent ”.

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La petite colonie continua à recevoir, durant les années qui suivirent, de nouveaux colons, les uns amenant avec eux leurs familles déjà formées, les autres

se mariant après leur établissement dans l'ile. IT

La vaste nappe d’eau qui forme le port Lajoie, est séparée de la mer par deux pointes de terre assez peu élevées qui s'avancent en face l’une de l’autre Jusqu'à une assez courte distance, et entre lesquelles s'ouvre le chenal qui donne accès dans le bassin. C'est sur l'extrémité qu’on laisse à gauche en entrant, qu'avaient été assis les comptoirs de la COMpagnie du comte de Saint-Pierre, Une clairière y avait été défrichée, et en 1722, on y voyait un petit village proprement construit en bois, 11 consistait en une maison pour le gouverneur, une caserne où logeait une compagnie des troupes de la marine qu'il commandait, des Inagasins, des hangars, quelques maisons pour des particuliers et une petite église que l’abbé de Breslay avait dédiée sous le vocable de Saint-Jean l’Evangéliste 1.

Une grande activité régnait sur ce coin de terre où

l'on n’entendait naguère que le bruit des vagues au

1— Registres du port Lajoie, acte du 23 avril, 1721,

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bord du rivage vt du vent duns la forêt, Les équipages d’un où deux navires étaient occupés à décharger des provisions, des bestiaux, des instruments de culture et de pêcherie,

A quelques pas de la grève, où avaient été trainés à sec plusieurs cauuts d'écorce, se dressait un groupe de cabanes de sauvages attirés en ce lieu par les présents que leur distribuait la compagnie, où venus pour faire le commerce des pelleteries.

Quels ts scènes de la vie coloniale de ces premiers temps dont les principaux traits ont été conservés, vont nous faire connaître l'organisation de la compagnie avec ses personnages les plus marquants : c'était une reproduction en miniature du gouvernement de la Nouvelle- France, avec ses qualités et ses défauts, ses rouages trop compliqués, ses habitudes trop européennes, son affabilité pour lu race indigène, sa sollicitude pour la civiliser et l’'évangéliser.

Le 14juillet, 1722, eut lieu une cérémonie religieuse qui réunit dans ‘1 petite église du port Lajoie, les principaux personnages de la colonie: c'était le baptême d’un enfant de M. Louis de la Ronde Denis, chevalier de lcrdre royal et militaire de Saint-Louis, enseigne de vaisseau, capitaine d’une compagnie franche de la marine, Heutenant de roi de l’île Saint-Jean, et de dame

Louise Chartier de Lotbinière, Le baptême était fait

par l'abbé de Métivier, en l’absence du grand-vicaire de

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