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FIN

N° 1 (Voir page 11) NOTES SUR LES REGISTRES DE L'ILE SAINT-JEAN

Pendant les trente premières années de la colonisation de Saint-Jean, c’est-à-dire de 1721 à 1751, il n’y eut dans l'île qu’un seul missionnaire, celui dn port Lajoie, qui tint des registres de paroisse, L'érection des quatre autres paroisses, celles de la Pointe-Prime, de Saint-Louis-du-Nord-Est, de Saint-Pierre-du-Nord et de Malpec, n'est Pas antérieure à 1752; par conséquent, les registres n’y furent tenus que durant l’espace de six ans, de 1752 à 1758.

Lors de l’évacvation de l'île, les curés emportèrent certainement ces registres en France avec eux. On ignore ce que

sont devenus ceux des quatre dernières paroisses susnommées, Heureusement que les plus anciens et les plus importants, ceux du port Lajoie, ont été conservés, et se trouvent aujourd’hui au ministère de la marine et des colonies, à Paris. Ils forment trois cahiers distincts, petits in-folio, dans un bon état de conservation.

Je les ai fait copier textuellement et collationner par un archiviste de Paris. Cette copie forme cent soixante pages d'écritures très serrées sur un papier grand format. Le premier acte est du vingt et un avril, 1721, le dernier du trente mai, 1758.

Ces registres, sont sans contredit, les monuments les plus précieux qui nous restent de la colonisation française de l’île Saint-Jean.

MISSIONNAIÏRES ET OURÉS DE L'ILE SAINT-—JEAN Port Lajoie

L'abbé de Breslay, du 21 avril 1721 au 29 avril 1723.

L'abbé de Métivier, du 25 juillet 1721 au 14 juillet 1723.

Fr. Louis-Barbet Dulonjon, du 19 août 1723 au 11 juin 1724.

Fr. Félix Pain, du ler juillet 1725 au 8 septembre 1726.

Fr. Léonard Patin, le 26 juillet 1725. Un seul acte.

Fr. Pierre-Joseph de Kergariou, du 24 janvier 1726 au 22 mars 1726.

Fr. Ignace-Joseph Flamant, du 24 juin 1727 au 27 juin 1727.

Fr, Félix Pain, du 26 novembre 1727 au 10 juillet 1731,

Fr. Mathieu-François Lepaige, du 3 déc. 1731 au 25 oct. 1733.

L'abbé de Bierne, le 10 octobre 1733. Un seul acte,

Fr. Athanase Guégot, du 26 novembre 1733 au 20 août 1736.

Fr. Mathieu-François Lepaige, du 20 oct. 1735 au 23 oct. 1735.

Fr. Félix Pain, le 27 septembre 1736. Un seulacte,

Fr. Angélique Collin, du 11 octobre 1736 au 21 juillet 1737.

Fr. Gabriel Le Moign, du 24 sept. 1737 au 28 juillet 1739.

Fr. Mathieu-François Lepaige, le 13 nov. 1737. Un seul acte,

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trente

es plus de l’île

Fr, Ambroise Aubré, du 28 janvier 1739 au 30 juin 1741,

Fr, Elie Kvielze, du 16 août 1741 au 11 mai 1744. Fr, Patrice Lagrée, du 25 septembre 1749 au 25 sept. 1752, Fr. Alexis du Buron, du 15 janvier 1751 au 24 janvier 1751,

Fr, Isidore Caulet, le 16 août 1752, Un seul acte,

Fr, Ambroise Aubrïé, du 9 octobre 1752 au 16 juillet 1754,

L'abbé Cassiet, le 7 août 1754, Un seul acte.

L'abbé Pezes, le 25 août 1754, Un seul acte.

Fr. Gratien Raoul, du 15 septembre 1754 au 30 mai 1758.

L'abbé H. Laforce, le 16 août 1755. Un seul acte, Pointe: Prime L'abbé Girard, de 1752 à 1758.

Saint-Louis-du-Nord-Est

L'abbé Perronnel, de 1752 à 1753.

L'abbé Cassiet, de 1753 à 1758.

Saint-Pierre-du-Nord L'abbé de Biscaret, de 1753 à 1758.

La Sainte-Famille de Malpec

L'abbé Cassiet, les premiers mois après son arrivée en 1753. L'abbé Dosque, de 1753 à 1758.

N II (Voir page 186) REGISTRES DE LA GRAND-PRÉE

Avant de livrer à l'impression le récit du combat des Mines, j'ai voulu me procurer les actes d’inhumation faits à cette occasion dans les registres de Saint-Charles de ia Grand- Prée. Le curé, M. De la Goudalie, n'avait pu manquer en effet d'inscrire les sépultures, au moins des catholiques morts dans ce "ombat et inhumés dans le cimetière. Ilme paraissait même probable qu’il eût fait mention des protestants enterrés tout auprès. Mais où trouver les regic*res de la Grand-Prée ?

J'avais entendu dire, il y a quelques années, que ces registres n'avaient pas été détruits, et qu'il était possible de les retrouver en Louisiane où ils auraient été transportés par des proscrits qui, après bien des vicissitudes, seraient allés s’établir sur les bords du Mississipi. Après bien desinvestigations, je parvins à savoir qu'ils étaient à Saint-Gabriel d’iberville ; du moins c’est ce qui m'étaït affirmé positivement. J'écrivis pour m'en assurer au curé actuel de cette paroisse, l’abbé

Raymond. Je ne pouvais mieux m'adresser, car le curé de Saint-Gabriel est loin d’être étranger aux choses historiques: il a même été quelque temps secrétaire à Paris de l'abbé Faillon, pendant que l’éminent Sulpicien faisait des recherches

pour son histoire de la vénérable sœur Bourgeois,

‘ J'ai ici, m'écrit M. l'abbé Raymond, trois registres anciens renfermant baptêmes, mariages, enterrements. Sur la couverture on lit :

‘ Paroisse Saint-Charles, aux Mines, dans l’Acadie. Pro-

vince Québec.

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‘ Les premières Pages manquent, 11 y a des lacunes, Voici ce que je trouve :

‘ler registre, 1707 à 1710, P, Bonnaventure, missionnaire,

‘f 2ème registre, 1717-1739, Le P. Jutinien Durand et le P. Félix, récollets ; M. De la Goudalie.

‘ 3ème registre, 1739-1748. M. De la Goudalie ”,

Il est probable qu'au moment où le dernier curé de la Grand-Prée, M, Chauvreulx, fut enlevé Par les Anglais (4 août, 1755), il confia les registres en même temps que les vases sacrés, aux soins de quelques-uns des Paroissiens les plus recommandables, marguilliers ou autres, qui les emportèrent jusqu'en Louisiane, où ils les remirent au missionnaire de leur nouvelle paroisse,

Pour saisir l'importance de ces pièces historiques, il est nécessaire de connaître l’histoire du bassin des Mines où il se forma trois paroisses distinctes, Pigiquit, la Grand-Prée et la Rivière-aux-Canards. Ce fut vers 1680 qu'un habitant de Port-Royal, Pierre Mélanson, vint se fixer à la Grand-Prée avec sa femme, Marguerite Mius d’'Entremont et sept enfants. Feu de mois après, un autre habitant de Port-Royal, Pierre Terriau, s'établit à quelques lieues plus loin. Grâce à la facilité d'endiguer et de cultiver les fertiles estuaires qui s’'étendaient autour du bassin, la petite colonie s'augmenta rapidement, si bien qu’en 1686 elle se Composait déjà de 11 familles, formant 57 habitants, ayant 83 arpents de terre en culture et 111 têtes de bétail. Le premier registre du bassin des Mines se trouve à l’archevêché de Québec. I1 se compose d’un cahier, format in-quarto, de huit feuillets, bien conservés, écrit de la main du P, Claude Moireau, religieux récollet du Couvent de cet ordre établi à Québec. Le k. Moireau était chargé des missions françaises et sauvages dispersées des deux côtés de la baie Fran aise (baie de Fundy). Au moyen des

actes insérés dans le registre qu’il emportait avec lui, on suit le missionnaire dans les différentes étapes qu'il parcourait. Le premier acte est daté du 6 juillet 1680, à Jemsek, sur la rivière Saint-Jean, Le 20 octobre suivant, le Père était à Beaubassin où il paraît avoir résidé jusqu’au printemps de 1681. Le 25 mai de cette année, il était de retour à Jemsek, d'où il se rendit pour le 2 juin à Ménagouek, situé à l'embouchure de la rivière Saint-Jean, et de là à Beaubassin, le 18 juin. La première visite du P. Claude Moireau au bassin des Mines eut lieu le 25 juin 1684, où il inscrivit le même jour six baptêmes, entre autres celui de Marie Hébert, née le 23 avril, 1682, et celui de Magdeleine Mélanson, fille de Pierre Mélan. son dit la Verdure et de Damoiselle Marguerite Mius d'Entremont, née le 13 mai, 1684.

Le P. Claude Moireau revint aux Mines en 1686 où il fit six autres baptêmes le même jour (13 mai), entre autres celui de Louis, fils de Noël de la Boue et de Marie Rimbault, né le 12 d'avril, 1684.

Durant les années qui suivirent, la colonie du bassin des Mines fit de si rapides progrès, qu'en 1701 elle comptait 79 familles, formant 498 individus, possédant 485 arpents de terre en culture et 1,977 bestiaux, (Rameau, Une Colonie Féodale, vol 1., p. 188).

Le premier des trois registres de la Grand-Prée conservés à Saint-Gabriel, constate la présence du P.Bonnaventure comme curé résidant de 1707 à 1710, La lacune de sept ans qui existe depuis cette dernière date jusqu’en 1717, nous empêche de connaître l'époque à laquelle ce religieux fut remplacé. Dans le second registre (de 1717 à 1739), apparaissent successivement les PP. Justinien Durand et Félix Pain, puis M. De la Goudalie, prêtre de Saint-Sulpice. Celui-ci remplit à lui seul le troisième registre de 1739 à 1748. Il signe De la Goudalie,

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et non De la Gardalie comme le portent plusieurs pièces historiques de son temps. Il est difficile de dire à quelle époque furent formés en paroisses distinctes les établissements de la Rivière-aux-Canards et de Pigiquit, En 1744, le grand-vicaire De Miniac résidait comme curé à la Rivière-aux- Canards et l'abbé Chauvreulx à Pigiquit. A l’automne de 1749, l'abbé De Miniar repasse en France avec l'abbé De la Goudalie, ruiné comme lui de santé. On était au commencement des grandes tribulations qui devaient amener la ruine finale, L'abbé De Miniac semblait en avoir le pressentiment lorsqu'au moment de s'emburquer à Louisbourg (8 septembre), il écrivait au supérieur du séminaire de Québec, l’abbé Jacrau: “ Nos affaires de l’Acadie vont fort mal, et je quitte avec regret nos pauvres missions dans l'embarras ; elies méritent que vous y preniez intérêt ”. L'abbé Chauvreulx resta pendant quelque temps le seul missionnaire du bassin des Mines et s'établit à la Grand-Prée. l'abbé Lemaire se trouvait en 1755 à la Rivière-aux-Canards, d’où il fut enlevé par les Anglais en même temps que l'abbé Chauvreulx l'était de la Grand-Prée.

Des différents registres tenus dans les trois paroisses du bassin des Mines, il ne reste plus aujourd’hui que ceux de la Grand-Prée que nous venons de mentionner, c’est-à-dire un à l’archevêché de Québec et trois à Saint-Gabriel, embrassant ensemble l’espace d’une quarantaine d'années sur 5oixantequinze qu'a existé cette paroisse (1680-1755).

Au reçu de la réponse de M. l'abbé Raymond mentionnée plus haut, je lui écrivis de nouveau pour lui demander de m'indiquer un copiste qui pût transcrire intégralement les trois registres. En attendant, je le priais de vouloir bien m'envoyer copie des actes d’'inhumation des victimes du

combat des Mines, afin de les insérer dans l’Appendice d’une Seconde Acadie, dont l'impression était déjà fort avancée. Malheureusement, cette réponse n’est pas encore arrivée au

moment où je mets ceci sous presse,

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