‹ Une seconde Acadie [microforme]Chapitre 68 sur 81 · FEUILLE L'ÉTACHÉE QUE J'AI TROUVÉE A PARIS · texte numérisé non relu

FEUILLE L'ÉTACHÉE QUE J'AI TROUVÉE A PARIS

Etat de la chapelle et de la maison du

port Lajoie dans l'ile Saint-Jean, savoir :

La Chapelle

Ornements d'une chapelle venue de Rochefort par le Dromadaire, destinée pour l'Isle Saint-Jean, en l’an 1729, sçavoir : Une pierre d'autel qui s’est trouvée cassée.

Un calice avec sa patène d'

argent pesant deux mares et

deux onces avec son étui.

Un ciboire d'argent pesant un mar soleil pesant deux mar et étui.

© et deux onces, et un cs et deux onces, garni de ses cristaux

Trois boîtes d'argent pour

les Stes Huiles pesant six onces avec leur étui,

Deux burettes avec un plat d'’étain.

Un aspersoir avec un bénitier de cuivre dessoudé,

Un crucifix et six chandeliers de cuivre pour l 24 livres et 7 onces,

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autel pesant dont deux se sont trouvés cassés dans la

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lice d’une avancée.

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Caisse, et une croix de cuivre pour les enterrements, pesant 3 livres et 14 onces.

Une petite clochette,

9 nappes d'autel qui avaient toutes servi et à plus de demi-usées,

6 corporaux.

12 purificatoires, 12 lavabos.

4 aubes vieilles et quatre arnicts hors d’uage. Trois ceintures hors d'usage. Deux surplis vieux et déchirés.

Une chasuble de toutes couleurs de l'Eglise avec l'étole et manipule, pale et voile.

Un devant d’autel très vieux et trop court.

Une lampe de cuivre avec son chapiteau, chaînes et un varre neuf,

Une chasuble de camelot gaufré, violette, garnie de son étole, manipule, voile et bourse, le tout doublé de bougran, avec un devant d’autel de même, avec un galon de soie violet et blanc de deux pouces de large et une petite frange de même soie,

Une chasuble gaufrée, noire, garnie - son étole, manipule, voile, bourse et pale, et un devant d’autel de même étoffe, le tout doublé de bougran, avec un galon de soie noir et blanc de deux pouces de largeur et une petite frange autour,

Une chappe de cameiot gaufré, blanche, doublée de bougran, garnie d’un galon de soie des deux côtés.

Des cartes pour le canon, l'Evangile de St-Jean et le lavabo.

Un vieux missel,

Une chappe de damas blanc, doublée de bougran, garnie d’un galon de soie jaune, vieux.

Une chappe gaufrée noire, doublée pareillement de bougran ;

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garnie d’un galon de soie noir et blanc avec une frange ‘de même de deux pouces de large autour du chaperon,

Un fer à pain à chaud,

Un coupoir pour le petit pain.

Un drap mortuaire de neuf aulnes de camelot gaufré, noir avec une croix de camelot blanc au milieu, doublé de toile et garni de frange noire et blanche.

Un psautier et un antiphonaire vieux.

Un petit Rituel Romain.

Autres ornements venus depuis.

Un devant d’autel avec des garnitures d’indienne pour les gradins,

Une aube, amict et ceinture.

Un crucitix d'ivoire,

Un Rituel de Kebee,

Un pupitre pour le missel.

Une image de la Ste Vierge pour les processions.

Une représentation pour les services des défunts.

Un pupitre pour le chœur.

Un encensoir avec la navette, vieux.

Une pelotte pour les épingles,

Un tapis pour couvrir l'autel.

La maison

Deux marmites de fer, dont l’une a sa couverture et l’autre est hors d'usage, Un gril et un réchaud. Une poële à frire usée, Des pinces à feu cassées. Une pelle à feu, un petit trépied, un soufflet assez bon, deux seaux anglais pour l’eau, une vaisselle garnie de neuf assiettes de fayence félées, de deux plats de terre, une assiette d’étain, deux salières de

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fayence, trois cuillères d’étain et trois fourchettes de fer, une petite boîte de fer-blanc pour le poivre et la muscade, un fauteuil de bois et quatre chaises, dont l’une est desmontée, des rideaux de fenêtre de toile fine, une nappe de table et six serviettes usées, un grand fanal neuf, une hache neuve, de plus un petit hachot, un bénitier pour la maison, vingt images qui ont coûté au Révd père Athanase 5 la pièce, que je laisse au même prix. Les quinre mystères en taille douce estimés au même prix, un chandelier à queue avec ses mouchettes mauvaises, une serrure mise sur le cabinet pour le père Angélique, et de plus trois grandes tasses dans la cuisine. Il y a encore de reste, des provisions ordinaires de l’année précédente, trente pots au moins de vin rouge dans une barrique, d’où on n'a tiré que cent cinquante-cinq bouteilles, environ dix pots d’eau-de-vie de France, dont il y a cinq dans un barril neuf, deux pots dans un autre petit barril, lesquels le dit père a fourni, deux flacons dans le cabinet de pinte (sic), et deux flacons et demi de ciny £uupines chacun en dépôt chez d'Escoutz; un reste de bœuf salé et un reste pareillement de lard, du beurre pour quelque temps, environ 3 pintes d'huile d'olive et quatre pots de vinaigre, environ douze pots de melace, une trentaine de chandelles, vingt pots d'huile de loup marin, une corde et demie de bois coupé à la grandeur de la cheminée, qui est dans le grenier, outre quelque peu qui se trouve à la porte et dans la cave, de plus trois cordes de bois de six à sept pieds faites par Dubois, soldat, à trois poses dans le bois, Onze pains de six livres que doit La Douceur, boulanger, du 3e et dernier quart de farine de provision que je lui ay délivrée en présence de M. de Buisson, lequel montait à 36 pains de six livres. La taille cochée en fera foy, laquelle est au coin du lit dans le cabinet sur le dossier, un peu au-dessus du bénitier. Il y a quatre

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flacons pinte et deux bouteilles, dont l’une tient seulement chopine, Une pelle de bois pour la neige. Il y a dans la Cuisine une armoire sans serrure, dans le cabinet un lit, une champleure toute neuve, un quart de bierre, des tai,lettes pour les livres, un marteau de fer à manche de bois, caviron un boisseau de sel, un plat d'étain.

Tel :est l'état qui nous a été donné par le Vble père Angélique: En foy de quoi je signe à Louisbourg, ce 27 aoust, 1737.

Fr. ZacHARIE CARADET, Récollet, Définisseur Commissaire (Provincial).

Le Père Commissaire prie le Père Gabriel de luy rendre les livres suivants, Le Catéchisme de Montpellier, le second tome des Sujets Particuliers du Père Loudri, le troisième tome des

Eloges Historiques:

N° IV (Voir page 210)

L'intendant Bigot ajoutait à la même date: « L'ile Saint. Jean coûte b&æucoup au roi depuis l’année dernière, on y a envoyé des vivres et des effets en quantité. J'ai ordonné de les faize payer aux habitants qui seraient à leur aise,

“J'y enverrai encore dès le petit printemps 8 à 900 minots de blé pour semence avec des farines pour leur subsistance durant l'été, comptant que leur récolte leur suffira pour l'hiver

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Angét, 1737.

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“# J'aurai l'honneur de vous adresser par les premiers navires l’état de ces envois, et je ferai tirer des lettres de change pour en rembourser la colonie ”,

L'année suivante, M. de la Jonquière, gouverneur : du Canada, et l’intendant Bigot écrivaient conjointement au ministre (5 octobre, 1750): “ M. Bigot qui connaît le terrdin de cette île compte qu’elle sera un jour bien utile à l'Isle Royale, la terre y étant bonne. Il ne s'agit que d'y dttirer des habitants et de les aider: nous y contribuerons en tout ce qui dépendra de nous, et nous ne perdrons pas de vue cet objet qui est de grande conséquence ”.

A la fin du même mois, l’intendant ajoutait :

&# M. de Bonnaventure commandant à l'ile Saint-Jean, mu

mandé le printemps par le retour du bâtiment qui lui avait ‘

apporté l'année denière dans l’arrière-saison 300 quarts de farine et du blé pour semence qu'ils r1ouraient de faim, et de leur dépêcher aussitôt sa lettre reçue des vivres, ce que je fis sur-le-champ ; et ayant été ensuite averti par lui qu'il s'y réfugiait quantité de familles acadiennes auxquelles on ne s'attendait point, et qu’il leur fallait des vivres considérables, j'ai expédié des bâtiments qui leur en ont porté avec des étoffes pour habillement, tant pour les sauvages que pour les Acadiens qui se réfugiaient tout nuds, à ce que ce commandant me mandait et qui gèleraient en hiver si je n’y pour. voyais. J'aurai l'honneur de vous adresser par les derniers navires un état apprécié de ces envois qui doivent passer sur les fonds de l’île Royale, mais je ne crois pas pouvoir vous en envoyer les décharges ; vous ne ‘recevrez cette année que celles des dépenses faites pour cette île et celle de l'ile Royale en 1749.

“Je n'ai fait aucun de ces envois que je n’aye ordonné au

garde-magasin du port Lajoie d’en enregistrer exactement la

“sise t

APPENDICE livraison, pour être en état d’en retirer le paiement des habitants de l’île aussitôt qu'il serait possible, Je l'ai néanmoins prévenu que les Acadiens devaient recevoir la ration gratis au moins deuxans ; ne s'étant ret..6s que sous ces conditions,

ils ne pourraient pas subsister autrement ”.

(Voir page 289)

De Paris où il était au courant du surcroît de population qui arrivait à l’île Saint-Jean, l'abbé de L’fsle-Dieu ne négligeait rien pour y faire parvenir de nouveaux secours religieux.

& Il n’est pas possible, écrivait-il, que trois prêtres puissent suffire à près de trois mille habitants qui sont actuellement à l'île Saint-Jean et dans ses dépendances... D'ailleurs, la cour ayant fait cette année des dépenses pour quatre missionnaires, il serait triste qu’il n’y en eût que trois, et d'autant plus fâcheux qu'il est absclument nécessaire qu’il y en ait un nombre suffisant, non-seulement pour donner à ces habitants les secours spirituels, mais pour les porter et les encour...er à se bâtir et à cultiver les terres qui leur sont concédées, du moins d’abord par de simples permis pour subsister par euxmêmes et cesser d’être à charge à la cour, comme ils le sont depuis trois ans faute de missionnaires qui les fixent et les forment en villages et en paroisses, opération également nécessaire au bien de l’Etet et à celui de la religion, et sans laquelle il est inutile pour la France d'avoir des colonies et

des habitants, si on ne les applique pas à cultiver la terre et

des habisanmoins on gratis nditions,

pulation égligeait eux, puissent ement à la cour missiond'autant naitun abitants OUra ET lées, du )ar euXle sont , et les lement et sans nies et èrre et

former de nouveaux établissements pour attirer peu à peu ceux qui restent encore sous la domination des Anglais. Voilà, Monsieur, ce qui me fait désirer de les conserver et surtout de les employer utilement pour fournir par euxmêmes à leur Propre subsistance, et Pourvoir par là à la décharge de l'Etat is

“Je fais partir la semaine prochaine, par les rouliers, ajoutait l'abbé de L’Isle-Dieu, les chapelles (portatives) accordées aux missionnaires de l'ile Saint-Jean ”,

Le vicaire-général entre ensuite en de minutieux détails qui peuvent paraître superflus dans un Mémoire adressé au ministre, mais qui révèlent avec quelle touchante sollicitude il s’acquittait de la tâche qui lui avait été confiée. Par la même occasion, il envoie “ des livres destinés à l'évêque de Québec, d’autres Pour la mission de M. Le Lou-re, et le sur. plus pourles sœurs des écoles de la congrégation Notre-Dame qui desservent les écoles de l’île Royale ”,

Les Acadiens ont gardé, à juste titre, une profonde reconnaissance pour les excellents missionnaires qui leur ont été envoyés ; mais il doivent une gratitude toute particulière au Vénérable abbé de L'Isle-Dieu qui a choisi les meilleurs d'entre

eux, qui les à servis avec un dévouement sans borne, et qui

de loin leur a été plus utile que s’il se fût depensé au milieu d’eux.

N° VI (Voir page 301)

Grâce à un nombre suffisant de prêtres, les cinq paroisses de l'ile étaient alors organisées régulièrement, quoique leurs habitants ne fussent pas encore en moyen de soutenir leurs surés, à cause de la foule des familles acadiennes, réfugiées depuis peu, qui ne faisaient que de commencer à s'établir sur les terres que le gouveraement leur avait concédées.

“T2 nombre des missionnaires de l'ile Saint-Jean, écrivait Jabl. de L'Isle-Dier l’année précédente (ler avril, 1754), est complet et suffisant présentement pour celui des familles qui s'y trouvent actuellement établies : il ne serait seulement question que de faire mettre les quatre missionnaires qui y sont sur l’état de Louisbourg et sur le pied de missionnaires aes sauvages, au lieu qu’il n’en a été mis que deux, ce qui fait que les quatre n’ont eu chacun que deux cent cinquante livres au lieu de cinq cents livres, ce qui les a mis dans une furieuse détresse, leurs habitants ne leur fournissent rien, étant eux-mêmes à la ration du roi, et leur récolte de 1753 ayant été conservée pour les dernières semailles, afin d’ensemencer une plus grande quantité de terrain, à proportion des défrichements qui se font et auxquels les missionnaires ont soin d’exciter les habitants autant qu’il est en eux”.

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N° VII (Voir page 303)

LETTRE DE L’ABBÉ GIRARD À M. PRuüYOST, COMMISSAIRE-ORDONNA- TEUR DE LOUISBOURG

Monsieur,

J'ai reçu l'honneur de la vôtre avec un contentement indicible, voyant surtout combien vous êtes porté e1 toutes manières pour soulager nos pauvres réfugiés : aussi êtes-vous leur père, ou du moins vous en faites les fonctions avec une tendresse des plus marquées. Vous ne négligez rien de tout ce qui les regarde pour la vie, ce qui fait paraitre dans tout son jour votre tendresse paternelle et votre zèle ordinaire pour le bien de l’État et par-dessus tout pour le bien de la religion. Tous les habitants vous ‘n remercient bien des fois, et moi plus que personne. La récolte n'a pas répondu à l'espérance que nous en avions d’abord conçue, et le blé a été prématuré ; il se trouve du noir parmi le bon grain, ce qui causera une perte considérable qui peut aller au quart ou au tiers. Quelques-uns assurent la moitié, et malgré tout, on recueillera 6, 7, ou 8 pour un, plus ou moins, et on ne peut rien dire de bien assuré, et il y a du plus ou du moins, même dans un même village et dans la même terre.

Nos réfugiés en général ne perdent pas courage, et espèrent, en travaillant, pouvoir vivre ; mais la nudité qui est presque générale et au suprême degré, les afllige infiniment, et je puis vous assurer que plusieurs, cet hiver, seront hors d'état de travailler, Ils manquent d'outils ; ils ne peuvent se mettre à couvert de la rigueur du froid, le jour et la nuit. La plus

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grande partie des enfants sont si nuds qu'ils ne peuvent se cacher ; et quand j'entre dans les maisons, ils sont tous dns les cendres contre le feu ; ils se cachent et prennent la fuite, sans souliers, sans bas, sans chemises, etc.

Tous ne sont pas réduits à cette extrémité; mais presque tous sont dans le besoin, J'ai cru être obligé d'entrer dans ce petit détail, et de vous représenter charitablement la misère du pauvre, et d’exciter par là la compassion qui vous est si naturelle, et votre charité presque toujours ingénieuse à trouver des moyens efficaces ; et je pense que vous ne les trouverez pas mauvais; Car j'ai uniquement à cœur le bien de l'établissement, et de vous convaincre du respect et du

zèle avec lesquels j'ai l'honneur d’être très parfaitement, Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur, GIRARD,

Curé.

A la Pointe-Prime, le 24 8bre, 1753.

N° VIII (Voir page 320)

Le commissaire-ordonnateur Prévost, ajoutait à la même date (25 novembre, 1755) :

“ Depuis la prise des forts de Beauséjour et de Gaspareau, nous sommes aussi surchargés des sauvages Gu continent, qui viennent sans cesse demander et nous représenter

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APPENDICE 391 ieurs misères, nous avons bien fait ce que nous avons pu pour les faire repasser du côté de Miramichi et de Chédaïk (Shédiac}), mais habitués ci-devant à trouver toutes sortes de secours à Beauséjour, ils sentent bien qu'ils n’ont que peu de ressources du côté des missionnaires, et ils ont beaucoup de peine à quitter cette île, ne paraissant pas même contents des présents ordinaires et extraordinaires ; car il faut user de ménagements pour cette nation que les Anglais cherchent à gagner à force de présents, et il sera indispensable de se les attacher par quelques augmentations de vivres et de hardes brillantes pour eux, afin de les détourner de fréquenter les Anglais, et de les contenir dans la fidélité au roi; ces dépenses cependant ne pourront rouler tout au plus que sur trois ou quatre mille livres, et vous pouvez compter, Monseigneur, sur la plus grande économie de notre part dans leur distribution et pour ne livrer que celles qui seront indispensables dans les occasions où il sera question du bien du

service ?.

N° IX Voir page 321)

Le même Prévost ajoutait dans la même lettre au ministre (9 décembre, 1755) :

“ Les espérances d’un heureux succès dans la culture de ces terres, sont assez flatteuses pour soutenir l’émulation réveillée depuis deux ans chez les réfugiés par l'ouverture de quelques travaux, ne fut-ce qu’une batterie ou deux qui puissent détruire l'appréhension qu’ils ont des Anglais, et les

392 APPENDIOE encourager à faire des défrichements et à consolider leurs établissements.

“ Le second objet de conséquence pour eux est de prendre des précautions contre les mauvaises récoltes, et de prévenir les disettes de vivres qui peuvent s'en suivre. Elles seront inévitables en temps de guerre, lorsque la récolte manquera, parce que Louisbourg ne sera jamais en état de .ournir la totalité des farines qu'il y faudra faire passer, sans trop dégarnir ses magasins et sans courir de risques pour l'ile Royale même. Au surplus les ports de cette dernière ile peuvent être bloqués ; et plus il y aura d'habitants à l'ile Saint-Jean, plus les difficultés augmenteront pour pourvoir à des secours généraux. Il est donc essentiel surtout jusqu'à ce que le roi ne fournisse plus la ration à personne, de former dans chaque paroisse un petit magasin de conservation de

grains, qui assurera quant à présent la subsistance, et par la

suite le renouvellement des semences, sur lesquelles on

pourra prendre aussi le remplacement de cette réserve de

trois ans en trois ans ”,

N° X (Voir page 328)

Le 7 août, 1756, le marquis de Vaudreuil écrivait à M. de Machault, alors ministre de la marine.

“ Quoique je sois persuadé que M. le chevalier de Drucour vous rend le compte le plus exact de tout ce qui concerne la partie de l'ile Saint-Jean, néanmoins, comme je m'en occupe

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prendre prévenir 8 seront anquera, ournir la ans trop our l'ile hière île s à l'ile )urvoir à squ’à ce former ition de t par la Îles on erve de

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APPENDICE 593 sérieusement, je dois avoir l'honneur de vous informer de ce que M. de Villejoin m'écrit sur les ordres que je lui ai donnés.

“Je lui avais recommandé de porter les Acadiens et les sauvages À rechercher l'occasion de frapper l'Anglais ; je savais qu'elles étaient rares de ce côté-là, mais me révoyance n’a pas été absolument infructueuse.

“Il envoya sept sauvages aux environs de Pigiquit qui levèrent deux chevelures et lui menèrent un prisonnier,

“CTI fit aussi frapper les Acadiens qui ont hiverné à Cobequid, ;ls lui ont envoyé trois déserteurs ; ils étaient sept, lorsqu'ils les aperçurent : ils en tuèrent un et les trois autres furent rep : par les Anglais,

“ La mi. + grande dans l'ile Saint-Jean, La plupart des habitants ‘, sans pain, M. de Villejoin ayant nourri depuis l’autonne douze cent cinquante-sept personnes réfugiées. Il en a reçu ce printemps deux cent trente de Cocagne ; mais il a été obligé de faire passer quelques familles à Québec par ordre de M, de Drucour; et suivant mes intentions, il s'est débarrassé des habitants les moins laborieux.

“Il a envoyé à Tagamigouche quatre bateaux ou goélettes pour chercher des habitants et des bestiaux. Il a du monde en Campagne sur les terres de l’Acadie qui travaillent aussi à en ramasser. Il espère tirer encore des bons babitants du côté de Cobequid, des Mines et de Pigiquit qui sont aises en bestiaux et en argent, lesquels joints à ceux qu’il a, seront suffisants pour former de bons établissements sur l'île Saint- Jean.

‘Un bâtiment que M. de Villejoin avait envoyé à Cocagne, a mené à l’île Saint-Jean quatre-vingt-sept Acadiens, dont

seize sont au nombre des cinquante (exilés) qui sont revenus de la Caroline ”,

age

Drm (Voir page 358) LA DÉVOTE CHAPELLE DE NOTRE-DAME-DE-BÉTHARRAM

Quel est le pèlerin qui, allant de Pau à Lourdes, n'a pas remarqué, en approchant des Pyrénées, l'église et le Calvaire de Bétharram, dont les imposantes constructions se détachen lignes blanches sur le flanc de la montagne ? Son aspect pittoresque m'est resté présent à l'esprit comme au jour où, pour la première fois, je l'ai aperçu, il y a de cela onze ans. J'étais loin de me douter, en admirant cet antique et vénérable sanctuaire, qu'un ancien missionnaire au Canada était venu à son retour travailler à s restauration et y avait laissé une empreinte ineffaçable.

Un pèlerin des Etats-Unis qui est venu depuis y faire séjour et l’a examiné attentivement, en a publié dans le Catholic World de New York, une excellente description et un précis historique dont j’extrais ce qui suit. C’est ce même pèlerin qui à appris du curé de Montaut, l'abbé Sébie, et qui a raconté de curieux et intéressants détails sur la vie de l'abbé Cassiet.

La dévote chapelle de Notre-Dame-de-Bétharram, située à trois ou quatre lieues de Lourdes, sur le chemin qui va du célèbre pèlerinage à Pau, a été depuis huit cents ans le sanc.

tuaire le plus vénéré du Béarn, et d’après saint Vincent de Paul, “ le second ou au moins le troisième le plus fréquenté du royaume ”, Fandé par les croisés, dcté par les rois et les familles nobles, favorisé de grâces surnaturelles, recherché avec amour par le pauvre et l’affigé, chanté par les poètes, célébré par de savants historiens, il offre tous les titres à l'intérêt des âmes pieuses,

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