NOUVEAU JOURNAL DE PARIS
(. Mardi 2j JAiUei i83o^ une heure du matia. )
Considérant les ordonnances qui ont paru ce matin dans le Moniteur contre la presse périodique comme complètement illégales , et pensant qu'il était indigne d'écrivainji constitutionnels de consacrer un pareille violation de la: Charte en s^y soumettant, nons arions résolu de publier notre journal comme à Tordinaire , et nous y aurions inséré la protestation que noua avons signée aujourd'hui gvec les autres géranrdes feailUg constitutionnelles.
M. Plassan , craignant de se compromettre en cdu- ' tinuant d*imprimer noire feuille , nous a refusé sonminittère. Nous avons introduit sur-le-ckamp im référé devanlM. Oebelleyme, qui a rendu Tordonnance auiyante:
Nous, président du tribunal de première intiance y après avoir entendu M. Oelavîgne ^avoné pour le stenr liéon Pillet 9 et le sieur Plassan , tmprimeur ^ lequel a répondu k Tassignation , ' qu*il refusait d*imprimet le journal dans la crainte de perdre som brevet , s'en rapportant Il justice relativement k la demande, la déciai<m de la question relative au brevet e'tant de la compétence de l'autorité administrative ;
Attendu que l'ordonnance da roi du a5 de ce mois , relative à la presse périodique , n*a pas encore été promulguée selon les fortaialités prescrites par
(99) Fart. 4 <le Tordoiinancede 37 novembre i8t6et Tan. j** de rqrdonnance du 18 janvier 1817 ; qu'il convient de donner aux journaux existans le temps de te pourvoir conformément k Van. a de cette ordonnance da a5 juillet, et qn^une interruption porterait préjudice; ordponont que le sieur Plassan procédera k |a eomposi* lion et impression du Journal de Paris , qui doit pa« raitre demain^etpour ledit jour seulement,etjrenvoyont les parties k se pourvoir au principal. Gé qui sera eié> eu té sur minute avant engistrement comme ordonnance de référé.
Fait en notre liôtel, le 96 juillet i83o.
Dbbbllstmi.
Malgré cette ordonnance, M. Plassan a persisté dans son refus, et l'heure trop avancée dans la nuit ne nous â pas permis de pénétrer jusqu^à M. le premier pilftiident de la cour royale. Force noua est donc de renoncer .pour aujourd'hui à la publication. Mais, dès ce matin, M. Plassan répondra devant les tribunaux de son refus d'obtempérer à une ordonnance exécutoire par provision. Nous ferons connaître k nos abonnés le résultat de ce procès, auquel les circonstances donnent une -gravité qui ne peut échapper à personne.
Le Rédacteur en chef^ gérant responsable ,
LlSoir PiLLBT.
( ïoo )
les dépuiés tendus k Parla ne purent rester impassibles en appk'en&Dt de pareils actes ; ils crurent âevoir opposer bu dioinsude pfo^iestaiion à riltég&lilé de Tordonkiancé qui Us attaquait plif^ paltibiilièreinen't. Peotètfè deyft2t«ôh attendre d'eux quelque chose dé plus ; mais eilfiD considérant que quelques-uns d*étftre eut ne •eâroyaletitpluB dépittés^k prosiestalion âVait eMôre bn àîr de cbUragfe , quoiqu'elle fût au^devs^us de la circonstance. La voiïii telle qn'efleTutrédigèediexItf.tCï. iiuir PéHer :
« Les soussignés, régulièrementélusàladépntàtîoto, 9 conformément k la Charte constitutionnelle et aux » lois sur les élections , se trouva nt actuellement k » Paris,
» Se regardent comme absolument obligés , par lear » devoir et leur honneur, de protester contre les men éùres que lés conseillers de la couronne ont ifait na* » guère prévaloir peut le renversement du système il légal des élections et la ruine de lu liberté de U » presse.
>> Les dîtes mesurés, contenues dahs les ordonnàn- A ces dh ^5 juillet, sont aux yeux dés soussignés diree* • temient contraires ftu droit constitutionnel de la 1» chanibré'des pAii^,au droit ptiblic des Français , aux » attributions , nttk arrêts des tribunaux , et propres i » jeter Tétât dans nne cOnfbsion qui compromet égale- » ment la paix du présent et la sécurité de Tavenir.
» En conséquence, les soussignés, inviolablement » fidèles h leur serment, protestent d'un commun ac- » cord non-seulement contre lesdites mesures; mais
( lOl )
• contré tdut les ftctës qài tn pourraient être U con&ë-
• qucnce.
» Et attendu, d*tine part, qoê la chambre des dé-
• ptitéi n'ayant pu être coiMtiCiiée ; ti*a pu être légalet ntetrt diasbutè ; d*atitré part , qae là tentative de » fonner-àhe autre ehambrt des déjitttéli, d'après uh
• ïnode ntfoT&ati et arbitraire , e»t en ëohtiradictioii » TortUëHe àyécia Charte cdnitittitibtitréile et les droit»
• aciqàis des électéars , les soaiisigtiés dédaréht qci*il ste « eoDiidèrent ton je ors comme légalement éluk à la a députaiion par les collèges cTarrondiSSemeiit et de
• dëpartéthent , dont ils ont Obtefau lès stiflVagés, et y> cOmdie ite pouiraht remplacer tfb'eti tertu d*élec-
• tlOns Alités les principes et les foriueii toaliies par les M lois;
^ £t si les ^OtasAigU^s li'éxërcent pil^ éflVètitéttient h les droits et i\e s'acquittctit pas dé tous les devoirs I» qit*ib Uennem dit lenr élection léjgale, nfpi parce
• qa^ils tn sont empèehés pak* une vidlertce nïaté- 1» rielle.
t Et ont s:^ :
« MM. Labbey Ue PèmpièreS^ Sébastiàni , Méchin , » Casimir Périèr , Guitot ^ Audry de PuyraVeau , » André Collet 'Gaétan de La KochefoutauK , » Manguib , Bernai d , Vobin ée Gariempe , Fr^ldedond » de Beliile, Villenraîn , Firmin Didot , DaDOou , Roilts , » Villemont , de Lariboissière, comte de Bnndy , Lonis » Dafresne, Girod de TAin, Laisné de VideVesque, » Bebjanrib DeleSsert» Marebtal, Nan de Champloais^
• MiUottXy cdfaite d*£sVoDrmel, éomie de Lobau^.
( laa )
» baron LoaU , comte de Montgayon, LerailUut* » Tronchon , général Gérard , Jacques Laffiite , )t Garnier , Dugas - Monbel , Vassal , Alexandre » djs Laborde, Jacques Lefebvre, Mathieu Dumas , • Eusèbe Salverte , de Donlmaine , Chardel y Herooux , >» Bavous, Charles Dupin, Uély-d'Oissel , Eugène w d'Harcourt, Baillot, |[énéral Lafayette, Georges » Lafayette , JouTencel , Berlin de Vaux , confie .de s I^amelh, Duchaffaut, Auguste de Saint r Aignan , » Kératry , Ternaux , Jacques Odier ^ Benjamiil » Constant. »
Ce nétaient pas là les seuls députés libéraux présent à Pans; mais si une fausse prudence les retint, plus tard ils se réunirent à leurs collègues généreux, emre autres M. Dupin aine.
Plus on avançait dans la journée , plus la ville pre> nait un aspect menaçant ; la résolution de la résistance aux Yolontéf insolentes et inconstitutionnelles de la cour inspirait déjà cette fermeté, gage certain de la victoire. Des rassemblemens partiels se formaient dans divers quartiers; les ouvriers se ralliant sur les places de Grève, du Châtelet, sur les quais ei les ponts environnans ; les boulevards , principalement depuis la rue Saint* Martin jusqu'à celle du Mont 'Blanc, oflr aient une affluence prodigieuse de citoyens des classes relevées qui , eux aussi , prenaient l'engagement de coni* battre et de mourir pour la patrie. Les étudians en droit et en médecine, les artisans des faubourgs Saint- Jacques, etc., se rendaient sur les places de J'Odéon et de rÉcole de Médecine; la foule affluait encore au
( io3 ) Palais^Royal , dont rautorité fit fermer les portes à midi précis, sur la place, dans les rues Saint-HoDoré , Richf'Uea, et celles adjacentes.
Partout, avec un extérieur calme, on annonçait le dessein de repousser la force par la force, et de ne pas se laisser arracher des droits acquis , surtout celui de la presse , si^précieux k tous les Français. €e droit , psr Teffet des circonstances , n^appartenait seulement pat aux hommes qui avaient r^çu une éducation soignée, il était devenu la propriété de tous : chacun sait lire maintenant ; Tamour de Tinstruction est commun. Le chifibnnier lit , appuyé sur sa hotte , non plus ces tristes brochures également contraires au goût et aux mœurs ^ ces fades plaisanteries des écrivains corrompus du dernier siècle, mais les productions immortelles de nos grands maîtres; Voltaire, Buflbn, Montesquieu, Racine , Rousseau , Bossuet, ne sont pas inconnus du peuple. Les ouvriers lisent aussi les gazettes ; en s'instrnisant ils sont devenus bons citoyens , ils liment leur patrie , comprennent ses intérêts, et s*y attachent d*autant plus qu^elle n*cst plus pour eux un être de raison.
CHAPliaS XI.
La police , à U vac dt cet raiMnkblcmfiif hottâlet , déploya tiur^le-chainp les forces qii*elle aTait en son pouvoir ; maU^ landis cpe les troupes deKgoe acconraient pour prendre poi^Uon sur le Carrousel , la place de k| Bourse , la place Vendôme , les quais , la rue Saint-Honoré et les boulevards , les obscurs séides de cette poMce malfaisante cessaient d^agir, d^ns la crainte du châtiment. Ils rôdaient , non p|i|s pour arrêter les i adividus qui annonçaient la résolution dû s^armer , mais pour prendM leur signalement ,etckerclierà les recon* naître qoand il s'agirait de punir. On les signalait eux* raôases parfois ; et alors , si par une prompte foite , ils nVMMÛent pu se soustraire à la colèrâ du peuple , ils étaient borriblemeBtnialtrattés. La foule aUait tonjourf croissant.
La ligne paraissait, de son côté, pen empressée à se mettre en opposition avee les citoyens ; jon remarquait déjà parmi les régimens de la garnison de Paris une béftitation , une crainte dem»l faire , une frayeur de l'ineonstitutionnalité, présages funestes pour les suppôts de la tyrannie ; le soldat savait qu^avant d'être au roi , il appartenait h la patrie ; il se demandait s*il devait préférer des ministres parjures à des frères de la grande famille, dont il éuit l'un des fils : vainement ses officiers excitaient son amour-propre en lui représentant combien les bourgeois l'insultaient. Il «e disait : « Ce
t lo5 ) u'tiêî paf mpi qu'on onu^t 9 nm iw» roi ijnii gU>»r4» une cpur MAt g^iû«9 4^ B^imM^M '«Ms pçf^uli^iifg, jG^ braves gens Teulent conséry«r lfi^f9 ^^AMf i ff #0^ )«■ miens. l|f .coinbauro«4 {k9»ir euf «^ jio^r |]p^9i le^ les repQasaam ; et je cooibAUraf «b contraire cd^^re m^i ei^iîsirepoiiisaiit. J!aime à lire; ,o# «*OppOff{r^ ^ ii je tmmpk^ , k cp <i^» je pme in*ifi#^ire; jf^ f^ynf^i tpnip^rf sol^t 9 far je n« «oit pi nobl^i j4 ^^^ 9» Dvvsin 4e prêtre. »
Avw dè$U%7 m *^kf M> lignÇ écoulait les jeM,9^s ii)les qiû ^'approchaient d'eMt«r 7 ^ suppljiavt d^ ^le p^s fi^re do mal aux Pariûens ; ^lle» fenaieat un <[)pAx langage »t pron^euaii.dsp récoxopeii^s k ceux i|i|ii 9c r^éuiiyr^ienit^ ^ejura concitoyens. Iaçs homifies grfives^ les î/eunea gens s^adreAjude^ot jli det fentin^ens pl.M^ relevés.
Mes amis , leur d^^ent-iU^ I9Q0# s^p^fap^ prêts à s outenir la cause sacrée da peuple. Pr?ndrez*voUs parti çom 9eê oppreMAum? vous jêtes pewpU fo^me nous ; ce sera n^ sacrilégç ai v^os nç^us massacrez. Le roi , 4fû vous carefse ai^çurd^bui 9 vous détesta en secret, y(^ inéprisf yparee que vou,s.4t,e9^ viUins, mfinans ou ^ourgjeftif. Il nechercUe paf à VAQS procufèpr cette gloire si chère aux Frf^nçais j il vous retient dans une oisiveté boueuse ; il ne vous e^iploie qu'à le garder ou qu'à ac- Qif^pagf^ d<;s prçtQçs«ioQ9 ; ,M fait de vçus des soldais
Cf^parçJlea entendues ^s^sQldats leur faisaient comprendre ,1e iMe hçj^n^ 9.vi*iU avaient joué et ceiuiplus déshonorant encore qu'on leur destinait, lisse taisaient «yec p^jioe , lUfiis ile^ regfirds^ leurs gestes , ^urs
( «o6 ) inott rapides , annonçaient qnel novreau aentiment s^éreiliait dans leur âme et yen «quelle canse ils ne tarderaient pas à pencher.
Cependant le peuple coniinvait de prendre une attitude défensive. Déjà dans la rue Saint*Honoré il essayait de se retrancher, et vers sept henres da soir, deux omnibus forent arrêtés , renversés vers les rues Saint-Louis et Traversière ; on enleva les roues et on les disposa en forme de barricades; deux charrettes chargées de plâtras et de tuiles sont également enlevées et déchargées, afin de fournir des armes à ceux qui n*en avaient pas. Bientôt en avant de Saint- Roch et de Tentrée de la nonvelle rue des Pyramides, une antre barricade s*élève comme par enchantement; des poutres , des planches , la composent ; elle présente un aspect véritablement militaire .
Jusqu*à ce moment le tutnntte n'avait été suivi d'an* cune voie de fait ; mais les hommes du pouvoir, placés en vedette, décident que l'heure d'agir est venue. Des ordres partent h la fois do ministère des aflTaires étran* gères, de celui de l'intérieur et de la préfecture de police : ces ordres portent de dissiper toute espèce de rassemblement, de faire respecter la volonté prétendue du roi ; c*e8t donner le signal du meurtre : il convient sans doute de le faire précéder des sommations voulues par la loi martiale ; mais ces sommations n'ont pas lieu , tai\^ on e soif d^illégalité dans ce parti criminel, impatient de se baigner dans le sang des Français*
On ne voit point à la tête des détachen»ens qui t'a-
( >07 ) fanceot les inagistrau manicipavx rtvltna de leur écharpe ; iU ne lisent pas Tordonnancc qoi interdit les rassembleroens ; les commissaires de police, les maites, les adjoints ont dispara; ce sont des Uchet qai abandonnent leurs administrés à la nritraiUe des assassins enrégimentés. 11 ne tombera jamais assez de mépris sur les fonctionnaires cirils de Paris ^ en punition de la conduite infamante qu^ils ont presque tous tenue pendant ces trois fstales journées 2 suppôts da despotisme tant que le despotisme a régné ^ ils se font rangés , par leur absence coupable , dans les hordes de nos ennemis ; ils nous ont abandonnés sans secours k leurs sabres , 2i leurs canons, se préparant, en cas de succès pour la cour, k demander la récompense de leur inertie liberticide. Nous sommes , grâce h Dieu , délivrés de ces indignes magistrats , dans lesquels la reconnaissance du peuple ne confondra pas M. Huteau (fOrigny, maire du io« anrondis#ement, et ses deux adjoints.
Les Parisiensne pouvaient croire que Tattaque tentée contre eux ne serait précédée d'aucun avertissement ; il» cherchaient des yeux les commissaires» les inspecteurs de police , les maires , les adjoinU en costume. La sodaltesque était là non menaçante de visage dans son altitude armée, mais remplie d'inquiétude et d'hésitation ; ils ne s'y trompèrent pas • car les premières compagnies qui parurent en batai^e dans la rue Saint* Honoré furent reçues par des vivat , on*courut à elles le chapeau à la main , on leur parla , on les harangua , on employa y pour les toucher , les mots sacrés d'bon-
neur , àe liberté , d< fatri«. Les soklalf français les compreuaieni , et prenaient plaisir k fraterniser arec les citoyens.
Les offcitrs, qui ne •'attendaient pm k cette ia^oû (le commence r^la gacrre , ne parent non plus prendre sur enx de répondre par des coaps de fusil à des paroles de paix et d'amitié. Le général de WaM , qni avait le malbettr de commander en ckcf dans ee moment 9 était sur la plape da IPaltis*Royal { la scène qae je décris avait Uca dans ia rae Saint-Honoré ). Les officiers retournèrent prendre ses ordres, et loi cornmoniquer de quelle manière les citoyens acdeiUaîent les soldats ; ils reçurent Fordre d'amener ceux-ci en patrooiUe, et de laisser le champ libre k la garde royale.
Celle-ci 9 en effet, accompagnée d^on détacbement de lanciers , ne tarda pas k paraître : lef trompettes sonnant et les tombonrs battant la cbirge , on marcbe droit aux barricades dont les défenseurs ne sont armés que de pierres. La garde iDyale fait feu j les citoyens tombent , le sang a coulé...., et le front de Charles X est brisé dès ce premier moment. Les barricades sont enlerées, et le cri de vit^ lerrntst poussé sur des eadarres, triste présage qui annonçait que ce cri ne serait dorénavant que le si|;nal du meurtre et de la gnerre ctrile.
Le peuple se disperse momentanémen/t, les soldais poursuivent ieiir route triomphante et sanglante; les lanciers , qui se distinguent par une lAche férocité, frappent indistinctement tons cens qulls peuvent at-
tçi^^re : im vieiflf^^ ton^ hlt^uJ^ ^ mon & 4^% PM de moi, et il expire en lurimu : vftf$ Af Ch(mtl vm Ai
« Voil» qn ban coup di^ iPoUîer , i^t fioiignf^^ ^ qui on ^nnonc^ çç 4él>«it h/^/nic/i^ç ; encart 4n9Mr«. M» «^ cominç celai-}d , et i« çaniûUe riçi^ti;^? 4«9# M| MWÎAï^. Q«'oA pourjfBîwîli L^ ij|ign(^i^VH PM nmjw bopne e^ juillet qu*ep^ aoiUl! ,
L'iofâi^e faît^t ajl^ûon à ui^ çnpj^ pirf^ u c^lv^ des astaftsins dea calvinistes, dans la nait cél^b^'ii df J^ priçinière Saint- Bar ihélçnij.
Mais ce peap]e, a^nsi d^Toi^é k la mort, cç^qv^ ▼a-t-il répondre k Polij^nac ? Il loi répooJ^ra p^ir la Tcngeance et par la victoire .
Xfne f(pnime d'environ ^ente k tr^lecinq anf , dif M. Darmaing , rédacteur en C^ef de \^ Çç^tUs /ç2f^ Tribunaux , tombe fr^ppjée d*nnf b^Uc i^^ front, ^f/i la rue Saint- Hoipioyé. Un garçon J;>oulangçr, lesbf«f$ les ïambes nos , boipinç d>nestai^are coloisf Iç et d'^ne force berculéenne, saisit le cadavre, içt le tei^an^t ^f^dessus de sa tète, U irai^porte josqne sur la p]ac«^ç^ Victoires, çn criant yeng^nce ! l^^ apr^ raT.oif étendu par terre devant loi et 9^ pied do la ftatuf dç Louis]$LlV', il hariangne la n^nUiiudç dont il est entonréfvec une énergie qui faisait vil^rçr touties Uf hm^^i pois , ramassant d< nouveau lo cadavre , i| Temport^ vnsU çorps-de-garde de l^Banqt^equi esjttçut pr^ de ia place de» Victoire > 91^ 9 ^ pcine arriyé devant le;* soldais rassemblés sur la porte, U leur (ance ce içaduvre tout sanglant k la tête, en leur disant :
(xo)
« Tenet 4 voilSi comme toi camarades «rtangeUt noi femme»! en ferez-voqs autant? •
T— (c Non , répond un de ces militaires en lui serrant la main; mais^ Tenez donc avec des armes. »
Tons les autres soldats avaient la pâleur sur le visage, et de grosses larmes roulaient dans les yeux de Toificier. Quelques instansplus tard . comnte on êe plaignait à un officier, en lui montrant des citoyens tués par la garde royale, oh Ta entendu dire d'une Voix concentrée :
« Tuez-moi , tuez-moi ; la mort est préférable & une position aussi horrible cfue la nôtre ! »
Un autre cadavre fut apporté auftsi sur la place de la Bourse. La foule du peuple , k cet aspect, ne connut ^los de bornes ; il se précipita sur le poste qui était là , massacra ceux qui opposèrent de la résistance, pardonna aux autres, et brûla les corps*de-gàrde, dont les débris flambaient encore le lendemain.
Cette soirée du 97 vit le commencement non de la guerre civile, car elle n*exiàte point là ou tous sont d'accord contre un seul , mais de cette guerÉ*e sacrilège dirigée par des parjures et des traîtres contre une nation réunie pour défendre ses institutions. La garde royale, les Suisses , la gendarmerie et les lanciers, tuèrent, ce même soir, beaucoup de monde sur divers points; ils eurent en général davantage, mais ib devaient le payer cher. La nuit suspendit les combats partiels sans calmer les esprits qui s*écbanflaîent d« plus en p^us. Cependant aucun ensemble n*Qxistait parmi les défenseurs de la bonne cause ; nul chef na
. (m) let dirigeait ; ils n*avaient ni centre d*onité ni gooTer* nement , ni munitions , ni arme ; toot cela était rem-' placé par la haine portée à la maison royale et au ministèret.