‹ Une semaine de l'histoire de ParisChapitre 13 sur 35 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Il y avait k côté du trône de CharUs X on prince dont le nom faisait déjà battre le cœar des Français f etquiy par sa popularité^ inspirait des craintes sérica^ les à cette cour conspiratrice. Ce prince avait, d^ s« jeunesse , montré des senti mens patriotiques qui le reo« dirent cher à toute la nation. Dégagé des préj^és si communs parmi ceux de son rang, il ne voyait pas tout le royaume dans quelques flatteurs ; jeune , il prit part h nos victoires, combattit avec courage et franchcr ment pour la cause de la liberté ; et ce fut sur les champs de bataille qu^il commença son éducation militaire.

Ce prince n^émigra point dans le but d'aller nous chercher des ennemis ; il ne traita pas do sang de set concitoyens avec les puissances étrangères ; il ne participa en rien à la honte du traité de Pilnitz; mais il sortit des frontières pour sauver sa vie , pour épargner tin crime de plus â d^ignobles scélérats , et sans douto aussi par l'ordre de la providence, qui le destinait pour nous sauver un jour de Panarchie, pour noof ramener .dans la ligne de la monarchie constitutionnelle, où nous trouverons repos et bonheur.

Gé pittet , âêéêi^aÉnt ât m^idiet te pain de la iMHtté ètt fèàâaht à dès tdtiVeraiad une thàin flétrie , nie Yottlattt pat , cotemë lé comte d*Artoit , titre tinx dépens des Français malheareux endéirorant les sodiiilës que Ton mettait à sa disposition pour lear existence , diercha dans liri*mème les ressources que son instruction lui offrait ; il ne se crut pas déshonoré dans un collège, oùil donna des leçons de mathéinatiques.

Jamais on ne put lai arracher one parole, un acte ao détriment de là Fralice ; jamkis il n'entra dans àoeim ée etk cdmplotsobiieaH ou ridiculèsqiie lès auttes Bouii>ons formaient contre elle; aussi fotil perpétuelkiuent en butte aux Aii'eurs des transfuges , qui he Id "pordonnèréiM pas a^s tertué civiques ; mais si les émigrés ,mU$ tt^embi^es. de sa famille ne^e laiièrènt pas de le baYr et de le perftécuter , U en fut btéii dédommagé pav les témoignages nlÉanimes de cette eèiime qui ii*est acéordée qu*à de grande éà^àCtétiéÉ ètifài i^e récompense que les hommes de bien.

A sa rentrée, il ne se fcUtfntra iii Tenhèfaii delà nation ta jaloux de sa gloire passée ; il adopta nos beaux faits t d*annes des journées d^Arcole, des Pyramides, de Martnrgo^ d'Austerlii^ j dléna, et vodlut que lés tableaux qui représentaient ces triomphes Si admirables ornassent km lalles da ébn palais ; il tepdàssb lés émigrés pour ne B^entit'Oïknerqàè de nos pribcipauX eapi laines, finfin $ il nous montra i)ii*il Voalait être nôtre , et pas Anglais on PruSilèn céMme Charles X.

Ce né fiit point par son appui qlte grandirent lei étrangers, les ptèttes, les fatoria, que les abus repa-

( ii3 ) Tarent , que la féodalité se remontra ; il repoiusa tonte coopération à dcB actes naisibles k la prospérité nftiioaale ; il voulut compter non parmi les 'vainqueurs du moment 9 mais parmi les vaincus qui succombaieQt * couverts de gloire. Opposé à la marche que la çamarillaf que le gouvernement occulte dictait au pou voir, il te retira des affaires, protesta par son silence , par sa conduite, à toutes les attaques inconsiitutionnelles, et dont la Charte était le but.

Il n*eat pas besoin, dans la maturité de l'âge , pour réparer les débauches d'une vie licencieuse, ^ese jeter dans une dévotion puérile. Jamais ses mœurs ne furent dépravées , jamais l'état ne lui reprocha d'avoir con-> tribuéà la dilapidation des finances. Bon fils, bon père^ bon époux , citoyen digne d'être offert en modèle aux princes et aux particuliers , il a toutes les qualités qui forment le grand roi et l'homme privé ; économe, il sait unir ce qu'il doit à son rang avec la sévérité de set principes ; il n'eut jamais d'autre ambition que celle de nous plaire; il n'exista que pour concourir à nous rendre heureux.

La cour des Tuileries, importupée par tant de m^iti;, par une conduite si honorable , et par les bénédictions qui proclamaient chaque jour le duc d'Orléans le chef de cette famille, complotait, depuis surtout Tentiée de PoUgnac aux affaires , de se débarrasser de sa présence et de l'envoyer en exil dana l'étranger. Tout disait II cette cour impuissante que ce prince serait nU jour le sauveur de la nation, que c^était à lui qu'on adressait en secret les vœux et les espérances; aussi le surveillait*

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elle avec lôin, se flattant de le trouftr «i défaut. Mail ton altesse royale ne conspirait pas ; elle attendait, comme Gnillanme do Nassau. Charles X prenait le soin de comploter pour elle. Le prince n*aYait qu'à laisser agir ses ennemis. Il lui suffisait du tableau de sa Tie ordinaire, de ses qualités, de ses 'vertus , pour que tous les Yœux , toutes les opinions se ralliassent k loi ; aussi , à chaque no UYelle violation delà Charte, chaque fois que le peuple était lésé dans ses droits, il tournait •es regards Ters le Palais- Royal, comm^si une Toiz secrète lui eût révélé que de là sortirait sdti protecteur , celui qui tM ou tard rendrait à la France tout ce que les autres Bourbons lui avaient enlevé.

Les dispositions hostiles de la cour contre le due d^Orléans devinrent plus menaçantes au moment où Ton détruisit la Charte. Polignac , qui était le véritable roi , et qui , par son imbécillité , représentait convenablement la majesté royale d*alors , (M'it sur lui , dès le dimanche a5, d'ordonner qu*une surveillance active environnât à Neuilly le prince; il osa même, dans la journée du a8 , commander son arrestation ; mais cet attentat était prévu , et il ne put être exécuté ; on parvint à épargner à Tautorité défaillante un coup de désespoir dont les suites auraient été incalculables.

Le doc d*Orléans , entouré de «a famille y nous oflVo une garantie de stabilité que nul autre ne présente ; la princesse sa femme est également le modèle de son seie et Tobjet de IJamour respectueux de tons ceux qui la connaissent 3 sa fécondité est encore une fareur dociel^

noai lai ékrmaB la técurité da tr^M tnr kqtiel «!!• •'aiseoira h côté de son époux.

Un auteur a dit du duc de Chartres : « Il y a dans lui

• la réunion d*un physique charmant études qualité*

• les plus estimables ; il est beau comme Louis XIV ;

• il a son âme; il sera galant commd lui; mais il pos* » sède ce que dlnfàmes ministres refusèrent k cet il> » lustre roi , une éducation parfaite , une connaissance » approfondie des droits et des devoirs de son rang. Le

• duc de Chartres sait que s'il est une des sommités de » la nation, il doit donner Tezemple du bien et non » du mal ; que de graves obligations lui sotc imposées, » et qu'il y a plus à faire qu'à commander ; qu'il faut » se rendre vénérable , jeune ou vieux , et que , bour- » geois ou prince, il faut être aimé de tous. Il me n semble qu*il y a dans Ta venir de cette jeune grandeur » quelque chose de tellement relevé , que plus que tout » autre elle a eu. besoin d'une éducation forte qui la

• maintienne dans la position que Dieu lui réserve peut- » être, et que ses amis lui souhaiteront toujours (i). »

(i) F'oyage à Paru , ( par U oiarqni* Louis Rsinitr LAnrrMcho ,

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