‹ Une semaine de l'histoire de ParisChapitre 28 sur 35 · CHAPITRE XX\I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX\I

Lb dac de Mortemart , chargé da poids énorme de la négociation entre Charles X et les Français , ne put remplir cette mission importante. Un mal grave, subit , et qn*on n'arrêta pas d*abord, le retint chez lai , sur toat lorsque la convocation de la chambre des pairs, faite au nom du chancelier de France ^ avait été sans résultat. Celle qui eut lieu le jour suivant, et qui fat provoquée par M. de Sémo nville , eut plus de succès. Je ne marrêterai pas à rapporter ce qu'on y délibéra , car les événemens postérieurs ont trompé toutes les prévisions. Je dirai seulement que le comte de Sussy fut chargé , par ses collègues > de faire à la chambre des déptrtés des ouvertures conciliatrices qui ne purent être admises, parce que déjà cette dernière chambre avait arrêté en principe qu'elle ne traiterait plus pour les intérêts des membres de la branche ni de la maison royale*

Dès le SQ au soir , M. Méchin fils avait été envoyé h Neuilly, auprès de monseigneur le duc d'Orléans. Ce prince absent de son château, n'arriva que le ^ au Palais-Boyal ; une proclamation signée de lui apprit au peuple qu'il consentait à se mettre à sa tète avec le titra de lieutenant * général du royaume, titre que lui conféra la chambre des députés. Il nomma aussitôt des commissaires aux divers ministères : MiHf . Dupont de l'Eiire à la justice ; baron Loais , aux

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(a46) finances ; général Gérard , à la guerre ; de Rigny , h la marine ; Bignon , h l'inttraction publique ; maréchal Jourdan, auK relations extérieures ; Guizot, à l'intérieur.

M. de Lafayettedevint une seconde foiscomittandant général de toutes l«8 gardes nationales de France ; M. Bayouz, pronsoirement préfet de police; et M. Alexandre de Labotde , préfet du département de la Seine, hef municipalités de Paris furent reconstituées, Tordre rétabli partout. Le duc d^Orléans demeura Tancra dtf salut de la France; de j'ivea acclamations, remarquables surtout par leur unanimité , saluèrent ce prince dès que nous le yimes ; il apportait ayec lui tant de gagea de bonheur et de sécurité que nous nous livrâmes & lui ayec confiance.

Cependant la cour de Saint-Cloud était dans une agitation extrême ; on y formait à chàt|ae minute dea projets que Va minute d*après on yoyait évanooir ; on parlait de fermeté encore en étalant de la faiblesse, on permettait aux autres d'avoir de Ténergie et chacun eu manquait. Les troupes , sur lesquelles on comptait, •« mettaient déjà presque en révolte, tous les régimens de ligne pensaient isolément a^unk aux eitoye«ë ; le reste de l'armée , les Suisses, la garde, proakettaiettc encore une fidélité incertaine, et lesmoyenade^la maintenir manquaient; il n*y avait pas d'argent dans le trésor particulier du roi ; on avait évacué les Toileries tfét tant de précipitation, que trois millions et demi elaclkév dans les caves n'avaient pu être emportés; la graiifi* cations dedix francs par homme, soldée le 29 au nkafint^

■( «47 ) svait ê^pmisé les dernières ressourcet. Les arokassadeors des potisances étrangères gardaient une neutralité peu encourageante ; et dès le jeudi au soir , toutes les campagnes aux environs de Saint-Gloud s'étaient insurgées.

Les prêtres et les courtisans^ si braves loin du péril ^ tremblèrent lorsque le péril fut étï présence; le roi même les embarrassait dans la crainte qu'il fallût le défendre; en conséquence on décida que la position de Saint-Cloud n'était pas tenable, et Ton fut chercher un asile plus sûr â Ramboaillet. Le duc d'Angonlème, le 3i au matin, passa la revue de ce débris d'armée dans Sèvres , et bientôt après U famille royale partit. Ce fut un étrange spectacle que ce voyage , qui n'était ni une fuite ni une retraite, et tout cela ensemble; que ce souverain détrôné par ses propres actes , obéi encore par des soldats et non plus par le peuple; que ces villes et villages où la cocarde nationale était arborée, et cette cocarde blanche que les fugitifs portaient ; que le silence de la multitude et le désespoir morne des soldais. Ce fut à Rambouillet que de son plein consentement , et cédant h l'empire des circonstances , Charles X abdiqua la couronne pour lui et pour son fils; mais avant que d*en venir à cette dernière extrémité, il avait commencé par expédier la pièce suivante :

« Le roi , voulant mettre fin aux troubles qui existent dans la capitale et dans une partie de la France, comptant d'ailleurs sur le sincère attachement de son cousin le duc d'Orléans , le nomme lientenant^général du royaume.

Il Le roi ayant jugé convenable de retirer ses ordon*

matices do aS juillet , approuve que les cbao^res se léuiiàbkeut le 3 août, et il veut espérer qu'elles réta- ))i il ODt la tranquillité en France.

M Le roi attendra ici lereionrde la personne chargée (le |>orter cette déclaration à Paris.

A Si on cherchait k attenter- à la vie du roi et de sa latôille , ou à leur liberté , il te défendra fuiqu'à la in on.

' » Fait à Rambouillet, le 2 aoûtiSBo.

5%/ié CHARLES. »

Cet acte ne fut point exécuté par le di»c d^Orléatu , qui répondit que, tenant de la nation le titre de lieute* uani-général du royaume , il n'avait pas besoin de le lecevoit' de qui que ce soit ; ce mojen n'ayant donc pas réussi , et la gravité des événemens augmentant , Charles X se résolut à faire une abdication pure et simple, ainsi conçue :

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