DÉDICACE. IX
tre Busses, Autrichiens, Anglais, tous êtes rederenns Français , ou , pour mieux dire , tous avez contraint votre gouYemement à l'être.
Citoyens de Paris , bourgeois , militaires en retraite , ouvriers , foule brave et sublime , une gloire immortelle vous est acquise : reposons, nous fur nos lauriers , nous avons bien mérité de la patrie.
La patrie seA reconnaissante.
Acceptez la dédicace d*un ouvrage écrit pour ainsi dire tandis que vous combattiez encore , par une main qui avait quitté la plume pour le fusil. Qu'à vos yeux les défauts presque inséparables d*une composition si rapide disparaissent devant la grandeur du sujet et le dévouement de l*auteur , qui n*a pas d*hier seulement combattu pour notre indépendance.
CHÀPITEB PREMIER.
Il y a huit jours , ce matin 9 août i83o , que lanation françaiae fat outragée arec le dernier degré de rintolence et du despotisme par sept ministres perfides et lâches qui se flattaient de l'avilir et de renchatner. Leur pouToir éuit Immense : soutenus au dehors par ee que Ton appelle la Sainte- Alliance , ils pouTaient compter sur le concours de Tétranger ; les trois cents millions d'Alger entraient dans leurs coffres ; ils possédaient dans rintérienr du royaume des troupes formidables , an matériel complet de munitions de guerre , on milliard de contributions , Tarmée de tous les magistrats administratifs , des gendarmes , des Suisses, et )nsqtt*à des gardes-champêtres ; ils avaient encore au-dessus de tout cela cette majesté royale, si vénérée par nous , et dont il» disposaient h leur fantaisie; la Charte , quoique déjà étrangement mutilée , était dans leurs mains une arme plas terrible que toutes les autres.
Telle était » il y a hoit jours, la position des luiiiistrès. Maintenant leur autorité a disparu , leur nom est en exécration , le châtiment ya tomber sur leur tète ; ils ont renversé de leurs mains débiles le trône dont ils se disaient les appuis; ils sont en fuite. Charles X, victime de leurs coupables suggestions , suivi d*nn triste cortège , réduit h demander un sauf-conduit h ses sujets , va une troisième fois endurer les affronts de la pitié superbe de Tétranger.
D^où provient un changement de fortune si soudain et tellement complet? Hier la puissance, aujourd'hui la défaite. H a fallu l'Europe en armes et tant d'années pour renverser Napoléon ! et quelques heures ont sufll pour accabler le dernier roi, descendant de Louis XIV. Quelles sont les causes de cette grande catastrophe ? c*est ce que tous se demandent , c'est ce que je vais tenter d'expliquer.
Je ne remonterai pas aux e'poques premières de la révolution française. Qui ne sait les fautes de la cour du vertueux Louis XVI, ses malheurs causés par les imprudences de sa femme, les erreurs de Tun de ses frères, l'ambition de l'autre, les dilapidations des cour* tisane, surtout de ces Polignacs, qui, commençant par livrer la France au pillage, devaient finir par en égorger les habitans ? Je tairai la faute de l'émigration armée, les menaces ridicules et permanentes de ceux qui, n'osant pas défendre le roi il Paris, plièrent ameuter contre la patrie toutes les cours étrangères j les fureurs des bourreaux en 1793 et 1794» la corruption de la république sous le Directoire , l'esclavago brillant
de TEmpire, où des héros nons opprimèrent au nom da ^tfnd homme qui posséda toutes les vertus hors lamociération«
Je dirai peu de chose de cette rentrée imprévue delà famille de nos anciens rois, amenant à leur suite ceux qui,. n'ayant pu nous vaincre , se croyaient pourtant nos vainqueurs , et qui nous traitèrent en conséquence; ce fut une époque ou les faibles se prétendirent forts, où les poltrons affectèrent du courage, où le prêtre agenouillé, et l'encensoir à la main, devant Napoléon ^a essaya de relever la tête plus haut que le trône de Louis XVIII, où le monarque sage, qui seul dans la France en comprenait la position, se trouva bientôt débordé par de prétendus fidèles qui ne tardèrent pas h devenir les ennemis les plus acharQes; époque désastreuse où une conspiration royaliste enveloppa continuellement le trône, et que dirigeait le prince môme appelé h ceindre la couronne un jour.
Honneur à M. Madier Montjau^ qui le*premier déchira ce voile, qui nous montra les véritables ennemis du prince et de la France, qui nous apprit à quoi on réserva it le pouvoir à venir ; nous sûmes d»où provenaient cet complots inquiétans plus que dangereux , ces agens provocateurs qui ameutaient les débris de la république ou deTempire au profit de la contre-révolu* tion; ces instigateurs des scènes sanglantes deToulouse, de Grenoble , de Lyon , de Béfort , de Paris ; ces conspirations sacrilèges du bord de Teau; ce régicide baril de poudre des Tuileries allumé par des mains saintes ^ *plu8 coupables que celles de Robespierre et de Marat>
Noof pûmes enfin voir quelque Jour dans ce Imhjrinlhe dlntrigaes mesquines et sanglantes , de petites ruses, de démarches clandestines , de trames à couvert ou Tinfluence sacerdotale se montrait imprn5lemmeiit ; nous apprîmes qui nous tourmentait , nous attaquait , nous blessait dans nos affections les pl,us chères ; qui * outrageait sans relâche le roi régnant au profit du roi futur: c'étaient des royalistes par excellence, lea plus pieux, les plus dévoués. On ne pouvait pardonner au monarque cette Charte , son immortel ouvrage , la sûreté 'de son règne , la sauve-garde de sa famiUe, la gage du bonheur futur des Français»
Il nous fut donc permis de voir dès cette époque ce que le gouTemement occulte nous réservait pour TaTenir , quelle règle il prendrait, la route qu*il voudrait suivre. Certes la nation aurait pu dès -lors avec pleine justice prendre ses mesures pour la conservation de ses droits ; mais , généreuse en faveur de l'ordre, croyant sauver au moins une partie de sa droits en sacrifiant l'autre , elle patienta : ce fut son tort.
Nous ne voulûmes pas troubler les derniers jours d*un prince qui nous ayaitrendu la liberté.On faisait la part de lafaiblesseoccasionée par la maladie, et Ton attendait. Louis X Vin, de son c6té, voyait avec regret Timpatlence de ses proches et de ses serviteurs, car il savait qu'à peine il aurait fermé les yeux, que des conseils insensés seraient donnés et accueillis. Aussi disait-il au duc deLaChfttre: « ... J^arréte Torage ^ il grondera après ma mort. J*ai fondé le trône sur la loi ; on essaiera d*arracher la loi*
d€i fondemens Jte Tédifice , et tout alort croulera *. • Ces paroles prophétiques viennent de recevoir leur vérification. Louis XVinmonmt; les Français accueillirent son frère avec des traiAports d^amour , avec le