‹ Une semaine de l'histoire de ParisChapitre 4 sur 35 · PORTRAIT DE LOUIS XVIIÎ · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE LOUIS XVIIÎ

Lonîs XVIII , contre Tnsage, avait été bien élevé ; sa mémoire étonnante lui tenait lieu d'esprit^ il s'amusait a vouloir paraître savant , afin sans doute qu*on ne s*a« perçût pas de son ambition; il rêva la possession du sceptre , lorsque la fécondité de sa bélle-sœur Tenlevait à jamais k sa main , et, quoique sa chimèie lût sans espérance de réalité , il se préparait déjà à le porter digneoMnt. Avec de Tinstruction ^ de la politesse , et Tenvie extrême de plaire , ce prince n'était pas aimé. On le redoutait , parce que sa conduite n'était point franche , et qu'il ne voyait dans les autres que de» instmmens propres à le conduire h sqij but secret. Cf but €in*il voulait atteindre, il n^espéra pas le saisir envi ronne de ténèbres , et eii dehors de la marche de Tesprihumain ; il comprit de bonne heure qu'il fallait fairt à lalibertédes peuples d«;s concessions qui répugnaieti. à BCê préjugés.

Louis aYIII était, j*en suis convaincu , le plus chau>^ partisan du despotisme ; mais son sens droit ne lui per mit pas de croire & la possibilité d'être despote à la fir. du dix-huitième siècle , et h plus forte raison au coni» menceraent du siècle suivant II fil donc le sacrifice le plus pénible qu'un homme puisse faire ; il se sépara de son idole, et se montra parmi ceux qui travaillaient h l'avancement de la civilisation.

Sa conduite à l'assemblée des notd!>les fut celle d'un partisan des lumières ; il parut franchement constitutionnel en présence de l'assemblée nationale. Il fit

plus yi( inUrél.On se rappelait lepreposqaeM. Beu... lui avait prêté : // «y a qiiun Français de plus ; rien n'est changé» On espérait en effet que rien ne ter ait changé , erreur qui ne Uirda pas à èlre déçue. £n vain

prenve de sagesse et de courage pendant son exil , et jamais il ne fut plus digne de son titre de roi que lorsqu'il e«t h eu disputer la majesté. Pendant qu*il était aux prises avec sa propre infortune et l'orgueil insolent des étrangers ^ sa résistance l'ut digne et mesurée : sa réputation s'accrut , ou apprécia s<i capacité , el Ton rendit justice !i ses intentions. Il (ut suolinie dans «a correspondance avec Napoléon Bonaparte : deux lettres simples établirent ses droits, et toute la grandeur de gloire du conquérant s'évanouit un instant h l'aspect de cet exilé , qui réclamait avec modestie le pairi-> moine de ses pères.

Le début de Louis XVIIT, en 18149 fut loyal et sans obscurité fil accorda la liberté en avance d'hoirie; il ne régnait pas encore de l'ait, que déjh il avait i*endu la FraAce indépendante ; sa Charte fut l'acte de son génie , le fondement impérissable sur lequel il assit sa royauté nouvelle. Ce qu'une lutte de tant de siècles n'avait pas accompli , il le termina par un effet de sa volonté ; il vit l'impossibililé de continuer l'ancien récime , il créa une consittution neuve pour un état qui Pelait aussi. Ce n'était plus le royaume de son frère , la république de Marat , Tenipire du Napoléon , mais une terre vierge et vigoureuse à laquelle il fallait une semence qu*elle ne dévorât pas , mais qui pût croître et prospérer. Il vit ce qu'il fallait > il navigua selon la mer, la voile tournée selon le vent. Au milieu d'un dédale inextricable d'intérêts divers, il suivit une routa dont il ue se détourna point ; il était roi dans le ton-

( «7) quelques esprits plus attenlifs clierchèrent h prévenir la nation sur le caracière du nouveau monarque ; ce fut en vain qu^ils dirent : « — Français , pi*enez-y garde; la jeunesse de Charles X , tout inappliquée, u*a aucune espérance h vous présenter pour sa vieillesse ; il ne connaît , il n*ainie ni les arts ni les sciences ; il n*a jamais étudié ni vos lois ni votre histoire $ •es opinions en 1791 repoussaient toutes les améliorations; il quitta vos villes aussitôtque le danger naquit; il a passé tout le temps de Témigration k vous faire des ennemis , et n*a jamais voulu vous combattre à leur tête; il s*est montré de loin à la Vendée ; et «n quittant le rivage , qu*il n*avait vu que de loin , il s'attira la terrible accusation que Charette, au désespoir, consigna dans sa lettre à Louis XVIII dès sa rentrée en France à la suite des alliés ; il débuta par leur abandonner d*nn trait de plume cinquante-quatre places fortes, sans s*inquiéter de quel sang vous les aviez acquises , sans'compter qu'elles pouvaient entrer pour une forte part dans les indemnités qu'on vous demanderait. De-

seil , et roi en face du peuple ; son uvbanité fut exquise ; il protégea les arts qu'il aimait , les sciences qu'il savait comprendre. Sévère par essence , il ne sut pas toujours faire grâce â propos ; on s'adressait rarement à son cœur avec succès , quoiqu*il tint «1 paraître sensible. 11 fit beaucoup de bien , sans en obtenir la juste récompense ; on ne l'apprécia pas convenablement tant qu'il vécut : on peut aujourd'hui mieux le connaître; son nom est inscrit parla postérité parmi ceux iies rois législateurs.

pais lors , il n*a paru à Lyon que pour reculer devant Bonaparte ; il n*a d'oreille que pour le clergé , que pour les courtisans ; il vous imposera leur joug ; il mettra& la tète des afTaires cette nullité agissante qui porte le nom de Polignac ; il s'environnera des ennemis les plus ardens de votre grandeur , de votre prospérité ^ de ceux qui ne vous veulent ni éclairés ni riches. »

On n*écouta pas ces avis prudens ; on vit méma avec peine des écrits inspirés par la prescience des faits ; on accusa d'exagération Tunteur de i*épigramm« suivante :

« — Kh bien ! I*.ibbé , que Mves* vont de neuf Sut ce règoA qui vient finir notre tonfirance ? »

« — Que Gbarlei-Dts doit promeltre A L Francs Un digne successeur, un pieux, Cbarles-Neuf. •

On se récria h Texagération, et le roi peut dire avee quel enthousiasme nous accueillîmes son entrée, queU transports sa présence nous inspira , et avec quelle confiance nous reçûmes le serment de son sacre. On va voir comme il Ta tenu.

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