‹ Une soirée chez Mme GeoffrinChapitre 19 sur 20 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Oh! oui , oui !...

3IADAME CEOFFRTX.

Mais à condilion que vous serez sages,

pas dv folies !

MOiNTICOURT.

Nous vous le promettons !

LE C03ITE , pendant cette partie de la scène , regarde les tableaux qui sont au-dessus des portes,

Che scuoala è questa?

Che quadro dispiacevolc ! . . . Oh !.. . che posso dire :. . . Euh ! . . . {se tournant vers madame 'Geojfrin.) Madama I... Gredete che questo ta- Ibleau è originale ?... è una Caltiva coupie I.... ><; una coupie del Andréa del Sarto ! . .. Quest'al- 'tvo\... {il se tourne vers une autre porte.)

MADAME GEOFFRIN

Oh! monsieur, cela m^est fort égal , ces la- Meaux peuvent être mauvais , tant qu^il leur ^plaira \ je n'ai pas l'amour -propre de m'y con- V!«5Ître le moins du monde

MO.NTICOLRT.

Mais je vous trouve bien froids, ici, sur

rarticle de rAcadémie ! tandis que tout

Paris est partagé en deux camps.

MADAME GEOFFRIN

Seyons-nous. {Elle les invite , de la main, à s'asseoir.)

MONTICOURT

Oui I le conseil dans le camp d'Agramant...

FONTENELLE

Et qui sera le roi Sobrin .*

MADAME GEOFFRIN

Vous!...

MONTicouRT, déclamant dunt 071 emphatique^

Que chacun se retire et que nul n'entre ici. Vous Panard j demeurez ; vous Marmontel aussi.

MARMONTEL {se levuiit vivement).

Pour Dieu! Monticourt, trêve de plaisanterie ! Coranaent , c'est toi qui me fais entendre pour sa!ut , dès ma sortie , les premiers vers de relie malhéiueubt) parodie!».,

MONTICOUUT.

Aime-tu mieux les derniers?

MARMONTEL {se lasseoit).

Je ne pensais plus , qu^avec Monticouit , il faut ne rien dire , si nous ne voulons pas avoir toute la parodie

MONTICOURT

Dis donc la satire?

MARMONÏEL.

Satire ou parodie , fais-moi le plaisir de n'en plus parler. Elle m'a fait assez de mal!... et je ne saurais dire quel est le plus atteint , par elle, de moi ou du duc d'Aumont.

(i) MoNTicouRT [déclamant à Mannontel),

Vous ne savez que dire? Ah ! c'est en dire assez I Vous en dites toujours plus que vous ue penser.

Panard.

A sa subtilité, tu sais que rien n'échappe.

Encore!. . Oh! la maudite satire! !! Fontenelle!... à mon secours!...

(i) Ces vers sont en eiïet ceux de la satire qui fit mettre Maruiontel à la T'aslille à la place de Cary.

FONTENELLE (toujours (Icins son fauti:uil).

Je ne sais que vous dire ! et crois en attendant Que le plus sûr parti serait le plus prudeut.

MADAME GEOFFRIN

Allons, allons... voilà {\mest bien... (i) c'est fort hien. . . Mais laissons ce pauvre Marmontel, et parlons de son élection à l'Académie.

PANARD

Oui ; demandons-lui s'il a fait sa paix avec le président.

MAKMOJSTEL.

Quel président ?

PANARD

Belle question? Eh! pardieu , le président!...

MARMONTEL

Il est donc comme !a duchesse de Don Quichotte, ce président... il n'a pas de nom.

MADAME GEOFFRIN

Le président Hainaut. Cela va tout seul.

(i) Mot habituel cîe madame GeofFrin quand elle voulait ra)nener à Tordre chez elle.

MARMOiNTEL.

Ehl grand Dieu ! que lui ai-je fait?...

MONTICOURT

Tu as cité une chanson de lui I

:>IARMONTBL»

Allons ! encore une chanson î.,..

MADAME GEOFFRIN

De qui la tenez-vous, cette chanson?

MARMOiMHL.

De GélioUe.

3IADA3ÏE GHOFFR 1 N .

Eh bien! puisqu'il faut vous le dire, Géhotte ne vous Ta pas donnée telle qu*'elle est ; il y a un O que vous avez retranché.

MARMpNTEL,

Comment, un O!...

MADAME GEOFFRIN

Et oui , monsieur , lorsqu'on cite , il faut «iitor jM^te : !e président ne ypw§ « pas prH *ie P}4jKh' ibîJiU'hfcJiV'On*

MAKMONTEL.

Mais je Tai fait avec éloge...

LE COMTE, (^tirant Marmoniel par Vhabît). Excellenzaî... mi parc che vous avezbisogno d^un Amico per la ballaglia. Vi prego di

scegliermi, clie... per il coîpoJi secondo

Taltro di me non si trova perché voyezvous. ... ; poi abbiamo la spadina. . .. ( il lire un grand stilet.)

iousi , riant.

Ah!ah!ahî...

'Mktiyio^'Yhij{remerciantpar un salut).

U n'y a rien de sérieux , monsieur le comte...

PANARD

Rien de sérieujf.! Comment Tentends- tu?

Querelle de gens de lettres î . . , querelles à mort, quand l'un des deux ponuio le public ^X ^1"? VauU'eruiuuhc,

MADAME GEOFFRIN

Pour tout arranger, Marmontel, rendez son

O au président et convenez que vous avez

eu tort.

MARMONTEL

Je lui rendrai son O... mais je ne conviendrai pas que j^ai tort... Ce serait dire, moimême , que je suis un sot.

PANARD

Est-ce que tu ne Tes jamais?... une fois de plus ou de moins, qu'est-ce que cela fait?...

MONTICOURT

Allons du courage. Cela ne fait pas plus de mal qu'autre chose , de convenir qu''on a tort. . . quand on a raison.

MADAME GEOFFRIN

Il faut, cependant, que vous soyez élu, Marmontei... Il faut succéder à Marivaux !... Marivaux, dont Tesprit charmant ne murmurera pas de se voir remplacé par vous , au

fauteuil académique Les quarante ne peuvent pas vous exclure cette fois siTAca-

démie faisait une telle faute , elle serait blâmée par tous les gens supérieurs de fépoque.

PANARD

Elle n'osera.

MOJNTICOURT.

L'Académie ! oh ! elle ose tout en ce genre.

MADAME GEOFFRIN

Au moins , Marmontel, promettez-moi de ne plus faire de livres î

FONTENELLE

Ah ça! mais, c'est une idée fixe... Comment? vous voulez qu'il soit de l'Académie, et vous ne voulez pas qu'il fasse de livres ! Il est vrai qu'aujourd'hui, il n'est pas nécessaire de faire des livres pour se présenter à l'Académie : un vaudeville... une brochure... un bouquet à Chloi is et voilà qui est dit.

LE C031TK.

On m'a dit, en arrivant à Pars, que c'était!

positwamente come alla nostra academia de-

gU adormentall di Genova, e de i discordanti

di Venezia, e chenon era bisogno che de una

cosa sola !

MONTicouRT ( st tournant vers le comte et le regardant comiquement).

Et quelle est cette cosa sola ?...

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