‹ Une soirée chez un médecinChapitre 11 sur 24 · LE REZ-DE-CHAUSSÉE · texte numérisé non relu

LE REZ-DE-CHAUSSÉE

C'est bien avantageux de loger au rez-de-cliaussée : d'abord vous n'êtes point essoufflé en rentrant chez vous ; mais ce n'est point tout encore : depuis que je demeure au niveau du sol, je sais tout ce qui se fait dans le quartier; les aventures les plus secrètes me sont connues, et cependant je ne bouge pas de chez moi, je ne vais pas chez mes voisins, et je ne parle jamais avec ma portière. Comment faites-vous? me dira-t-on. Ah! c'est bien innocemment que j'ai connu l'avantage de ma position.

Mes fenêtres donnent sur une rue qui est assez passante. Elles sont garnies de persiennes. L'autre soir, après avoir fermé ces bienheureuses persiennes, j'étais resté contre ma fenêtre pour prendre le frais, je n'avais pas encore de lumière; tout à coup une voix retentit à mon oreille, et, sans écouter, je ne puis faire autrement que d'entendre.

C'était un jeune garçon d'une boutique voisine qui causait avec une petite bonne de la rue, et les imprudents s'étaient arrêtés tout contre mes persiennes.

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