‹ Une soirée du Théâtre-Français, 24 avril 1841Chapitre 2 sur 125 · DE L ÉDITEUR. XI · texte numérisé non relu

DE L ÉDITEUR. XI

au sortir d'une bataille, s'expose aux chances d'un duel après avoir pris à peine le temps de respirer. Tout palpitant encore des mille et mille vers de son épopée, il se présente dans la lice armé de pied en cap, tenant d'une main le poignard tragique et de l'autre le masque de la comédie , léger bouclier. Le sujet de sa tragédie, bien que renfermé en apparence dans les proportions dramatiques ordinaires, embrasse plusieurs siècles eu réalité, depuis le moment où l'étoile de la civilisation romaine s'éteint, jusqu'à celui où le labarum apparaît dans le ciel de Constantin.

« M, Alexandre Soumet, comme tous les vrais poêles de notre époque, est tourmenté du besoin de l'innovation. Il prétend, et il a raison, rajeuniiparla forme les sujets njêmes que le génie a consacrés. Dans une Fêle de Néron, M. Alexandre Soumet n'a pas craint d'esquisser, malgré Racine, le portrait d'Agrippine, et, ce que Racine n'avait pas osé faire, il a mis en regard celui de la courtisane Poppée, maîtresse des volontés de Néron. Pohjeucle est venu après Briiannicus. M. Soumet a pensé que les catacombes, les églises des chrétiens primitifs , les temples romains aux colossales divinités , le cirque avec sa vaste arène , ne méritaient pas le dédain où les règles d'Aristote les avaient laissés ; il a essayé de reconstituer l'édifice entier, mais déjà sapé dans ses fondemens, de l'univers romain. Il a voulu descendre, comme l'avait

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