ACTE II, SCÈNE VI
FAtSTiNE
Qu'il a faits à tant d'autres.
Vous ne pouvez savoir quels rêves sont les nôtres!
Vous ne pouvez savoir, enchaînée ici-bas,
A toutes vos grandeurs que je ne connais pas.
Le prix de cet amour dont mon regard l'embrase ,
De cet amour si pur qu'il n'est plus qu'une extase .'
Ineffable transport, bonheur silencieux,
Qui de deux cœurs mortels fait un ange des cieux !
Ah ! vous mesureriez sa joie à mon délire.
Dans son sein adoré si vos yeux pouvaient lire!...
FAUSTIXE.
Il t'aime donc beaucoup, lui qui sait tant aimer?
NÉODÉMIE.
Oui !
FAUSTINE
Je l'en félicite. Il peut donc s'enflammer Avec la même ardeur, ici, pour deux rivales? Il est vrai que les dieux les firent inégales.
NÉODÉMIE.
Que dites-vous?
FAUSTIXE.
Je dis que ce fidèle époux...
Mais que l'importe à toi ? ton cœur n'est pas jaloux.
NÉODÉMIE.
Non , non , maisje frémis , mais je tremble et je pleure.
Pardonnez-moi, Seigneur!
38 LE GLADtATEUR.
FAUSTINE
Adieu, car voici l'heure Où je dois...
NÉODÉMIE.
Par pitié, ce secret!
FAUSTINE
Tu le veux?
Tu me forces toi-même à ces tristes aveux? De ses doubles amours toute Rome est instruite... Lis cette lettre et vois... d'hier elle est écrite...
(Elle lutp^é^eoteuDe lettre.)
Est-elle bien de lui?
NEODEMIE.
Flavien!... ô malheur!!!
Tu trompais ton enfant, ton épouse , ta sœur, Toi... toi...
FAUSTINE
Nulle promesse à ses yeux n'est sacrée.
NÉODÉMIE.
Mais je suis^donc perdue?
Oh î non,
NÉODÉMIE.
Désespérée !
O mon Dieu! que résoudre?...
FAUSTINE
Il faut fuir à tout prix , 11 faut sauver ton front des rougeurs du mépris.