SCÈNE IV
LES PRÉCÉDENS, NÉODÉMIE , conduite par des esclaves pendaat qu'on de'lache ses fers et que le gladiateur examine des armes qu'on vient de lui apporter.
NÉODÉMIE.
Ta servante, ô mon Dieu , t'apporte un cœur docile; Le sable de f arène en palmes est fertile , Quand notre sang l'arrose, et lans ces grands conibais Une moisson de plus fleurit à chaque pas.
ACTK IV, SCÈ>K IT. 7Î)
l,E GLADIATETR.
C'est iine voix de femme, à moi tout mon courage; Je m'étais préparé pour un tout autie ouvrage.
( Il se retourne et voit Néodémie.)
Néodémie! ô dieux ! quoi ! c'est vous que ma main. Vous chrétienne, est-il vrai?
NÉODÉMIE.
Martyre.
LE GLADIATEUR
El Flavien ?
NÉODÉMIE.
Dans les fers '.Prends ma vie, etDieu prendra mon ànu
Jai déjà refusé de tuer celte femme.
Et Faustine le sait, Romains...
LE PRÊTRE DE JUNON
Le peuple attend.
LE GLADIATEUR
Mais quand on veut parler enfin, le peuple entend. Grâce, je la connais, elle n'est point chrétienne.
NÉODÉMIE.
Je le suis, je le suis.
LE GLADIATEUR
Ma voix couvre la tienne.
Épargnez la victime et prenez le bourreau.
LE PRÊTRE DE JUNON
Chacun garde son rang.
NÉODÉMIE.
Le mien est le plus beau.
VAi LE GLADIATEIR.
LE GLADIATEUR
Pendant dix ans, vingt ans, dans voire amphithéâtre Contre tous mes pareils, seul , je viendrai combattre Contre tous, chaque jour... maîtres, épargnez-la...
FAUSTINE, ;a. I.lbun.
Quel long débat.'
Romains...
LE PEUPLE
Non, qu'elle tombe là.
FAUSTLNE.
Qu'on la livre aux lions, si l'esclave s'obstine.
LE GLADIATEUR
Ah ! je ne ferai pus tant de joie à Faustine. Approche pour mourir.
NÉODÉMIE.
Pour vivre !
LE GLADIATEUR
Incline-toi.
Le coup sera plus prompt.
NÉODÉMIE, à genoui.
Seigneur, accepte-moi.
i3aigne ôter de mon sein toute douleur humaine , Ainsi que de mes bras on vient d'ôter ma chaîne ; Plus de fers, plus de pleurs, plus d'esclave en ce lieu ! 11 est libre, en mourant, celui qui meurt pour Dieu !
LE GLADIATEUR
Cette voix me fait mal... Allons, mon bras, achève, il faut nier ce voile.