‹ Une soirée du Théâtre-Français, 24 avril 1841Chapitre 67 sur 125 · ACTE V, SCÈNE H · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE H

Meurtri de la torture et sous mon propre sang, Quand il faut le servir serai-je moins puissant? Et sans la rallumer du feu de la parole, Verrai-je sur ton front mourir ton auréole ? Non, non, c'est impossible, et tu ne voudrais pas Sur le chemin des cieux tomber au dernier pas. Jeter sur les chrétiens le deuil de ta mémoire. Transformer en linceul ton manteau de victoire î Ma fille, mon enfant...

NÉOUÉMIE.

Ah ! je change d'amour !

ORIGÈNE

Oui , je lis dans tes yeux que lu revois le jour ! Lève-toi , lève-toi pour mourir, sainte femme : Reprends sans chanceler le fardeau de ion âme , Cours braver les bourreaux , et contre leur tourment Arme-toi devant eux d'un front de diamant !

NÉODÉMIE.

Je ferai pour mon Dieu ce que la foi commande.

LE GEOLIER, entrant.

Une femme voilée approche et vous demande.

ORIGÈNE

Adieu, fille du Chiist.

NÉODÉMIE.

Je ne vous verrai plus?

ORIGÈNE. ( Il sort soutenu par le geôlier.)

Nous nous retrouverons tous parmi les élus !

Page 1