‹ Une soirée du Théâtre-Français, 24 avril 1841Chapitre 7 sur 125 · DE L ÉDITEUR. XIX · texte numérisé non relu

DE L ÉDITEUR. XIX

ouvre tour à tour , éclairés d'avance par le flambeau de la poésie.

« L'action débute grandement et dignement par de nobles exhortations qu'adresse le chrétien Origène à des gladiateurs furieux qui aspirent à se venger. Origène , en quelques vers très-nobles, très-bien frappés, et pleins du pur esprit évangélique. Instruit ces hommes des préceptes de la foi nouvelle. A peine cette belle entrée en matière est-elle achevée, le drame proprement dit commence, et l'intérêt va croissaiat. D'un côté, c'est le jeune et beau Flavien, aimé de l'impératrice qu'il dédaigne , et aimant la séduisante esclave Néodémie , qu'il affranchit pour en faire son épouse; de l'autre côté, c'est Faustine furieuse, voulant séparer à toute force Néodémie de Flavien, et entravée dans cette entreprise (quelle méchante femme n'est pas un peu bonne mère!) par la préoccupation où la jette le sort de son fils; plus loin, ce sont les deux cultes en présence, au beau milieu d'un temple païen, dans les personnes du chrétien Origène et du grand-prêtre de Junon; ailleurs, c'est le Gladiateur, errant sur le sable du cirque en attendant la lutte , et reconnaissant sa fille, sa propre fille perdue depuis l'enfance, dans la jeune victime qu'il a ordre d'immoler. Indiquer de pareilles situations , c'est en faire l'éloge ; car il est certainement impossible de trouver de plus magnifiques cadres à une pensée dramatique. »

xx avertissement

La Revue de Paris :

< Le même soir, au même théâtre, devant le même public, à l'aide des mêmes acteurs, M. Alexandre Soumet a fait représenter une tragédie en cinq actes et en vers et une comédie en trois actes et en vers, le Gladiateur et le Chêne du Roi; deux batailles livrées et gagnées en un jour, coup sur coup, sur le même terrain, avec les mêmes soldats , sinon avec les mêmes armes. Pour trouver dans les fastes de la scène française l'exemple d'une pareille solennité, il faut remonter à Dorât, de galante mémoire. Le poëte amoureux qui écrivait sans sourciller : // est passé , le temps des cinq maîtresses , ne devait guère s'effrayer, en effet, à l'idée de conquérir, en moins de quelques heures , les faveurs de Thalie et de Melpomène. Toutefois, moins heureux au théâtre que dans les ruelles , Dorât livra deux batailles , mais ne les gagna pas.

Quoi qu'il en soit, la tentative était glorieuse, digne d'un talent plus élevé et d'une audace plus sérieuse. Occuper à soi tout seul, dans la même soirée, la plus belle scène du monde, convier l'élite de Paris à une double fête dont on a fait tous les frais; soumettre la même assemblée par la grâce et par la terreur, par les larmes et par le sourire, certes, il y avait là de quoi séduire un esprit plus grave , un génie mieux

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