DE LA PROPRIÉTÉ PAYSANNE
Il résulte de Texposé qui vient d'être fait que la situation du pays au point de vue agraire est dominée par la diminution anormale de la popu-> lation agricole entraînant l'impossibilité de cultiver de façon complète :
1<> Les grandes fermes dans un certain nombre de régions;
2^ Les propriétés morcelées; dans les régions morcelées la dépopulation est souvent une conséquence du morcellement qui condamne la culture à Fimpuissance.
Il faut donc, à tout prix, retenir à la terre la population agricole actuelle ; il faut ensuite essayer de provoquer son accroissement.
Le meilleur moyen de retenir les ouvriers agricoles à la terre consiste^ à en faire des petits exploitants. Quant aux petits exploitants, leur fixation s'achèvera en les amenant progressivement, mais néanmoins le plus rapidement possible, à la propriété.
Un domaine de 150 hectares^ qui exige Temploi de 10 ouvriers en moyenne, et qui est insuffisamment cultivé parce qu'on ne peut en trouver que 4 ou 5, sera divisé en 10 petites exploitations de 15 hectares exploitées chacune par une famille correspondant aux 10 ouvriers de Tancienne grande ferme. C'est là, bien entendu, un exemple purement théorique.
Les deux transformations principales qu'il importe d'aider activement sont donc, d'une part le regroupement des terres morcelées et, d'autre part, le lotissement des grandes propriétés ou des grandes exploitations, plus ou moins délaissées faute de main-d'œuvre.
Pour le regroupement ou remembrement tout le monde est d'accord sur le principe ; mais l'opération doit être conçue d'une manière plus complète qu'elle ne l'a été jusqu'ici. Cela fera l'objet d'un chapitre spécial.
Le lotissement ne peut viser — et nous devons insister sur ce point — que les grandes propriétés acquises amiablement, qui, faute de main-d'œuvre, ne peuvent plus être convenablement cultivées.
OU celles qui, même normalement cultivées, se prêtent à la division.
Quel est le type d'exploitation rurale qu'il convient d'adopter pour réaliser le programme envisagé ? Il ne s'agit pas d'établir une formule rigide d'exploitation. Ainsi que cela a été dit dans les premières pages de ce travail la diversité des exploitations : petites, moyennes ou grandes, est favorable, sinon nécesssaire, au progrès agricole.
Mais les circonstances actuelles; nous obligent à faciliter l'accession à la propriété^ au plus grand nombre possible de travailleurs agricoles (salariés et exploitants). 11 faut donc favoriser énergiquement l'extension de la propriété paysanne ou familiale.
Cette politique agraire est d'autant plus naturelle qu'elle correspond, non seulement aux aspirations des populations rurales et à un mouvement puissant qui se manifeste très nettement dans ce sens, mais à de sérieux avantages économiques.
La salarié désire ardemment cultiver pour son propre compte et l'exploitant a le désir, non moins vif, de posséder les terres qu'il cultive. Il achète tout ce qu'il peut acheter.
Mais du moment que nous nous trouvons en présence d'une évolution, que les circonstances présentes favorisent dans bien des régions, on pourrait, dira-t-on, laisser cette évolution s'accomplir naturellement et l'intervention est inutile, sinon nuisible.
A cela on peut répondre que puisque cette transformation est désirable et désirée des masses rurales et qu'elle est conforme à l'intérêt général, il
fift U^ PROBBAMUG AGRAIRE DE HBCOHSTJTUTION
que des avantagés à la favoriser et à la rendre rapide.
importe, en outre, de profiter de la période ille qui est tout à fait propice à l'extension propriété familiale. C'est te paysan français sauvé le pays, aux armées, par son héroïsme, itérieur, par son labeur obstiné. Il a pu réaquelques économies et c'est une faible récom- : pour ses souffrances et son énergie. Ces êcoes, il ne demande qu'à les consacrer à la terre cultive avec tant d'amour, et cet emploi rénon seulement à ses intérêts, mais à ceux du tout entier. Cela sera singulièrement plus proe et plus sûr que les médiocres placements a leurs mobilières exotiques auxquels notre :ne paysanne a été si crimioellement entraînée ;,]a guerre.
mouvement est livré, à l'heure actuelle à lui- > ou à l'actioa plus ou moins heureuse, touonéreuse et souvent dangereuse, des spéculaen biens ruraux. II y a beu de le coordonner lui donner une forte impulsion.