V. — LE PROBLÈME DES GONSTRUGTKMïS
Il est aussi une autre question qui se pose, c'est celle des constructions nouvelles, pour constituer les petites exploitations familiales. A Theure actuelle, les constructions sont extrêmement coûteuses : trois à quatre fois les prix d'avant-guerre. Les matériaux et la main-d'œuvre manquent.
Pour les cultivateurs achetant des biens ruraux, la difficulté peut être résolue en leur laissant le soin d'y pourvoir eux-mêmes. Ils le feront progressivement^ à beaucoup moins de frais. Des subventions calculées sur la base des surfaces à cultiver pourraient être accordées par l'Etat, afin de faciliter les premiers travaux.
Mais pour les salariés devenant exploitants la question n*est plus la même. Il leur faut des exploitations complètement agencées. En principe, les propriétés déjà pourvues de bâtiments devraient donc leur être réservées. Cela ne sera pas toujours possible.
Si Von construit, le prix de revient des bâtiments majore encore le capital engagé, d'où un fermage assez lourd.
Nous ne voyons, à cette difficulté, qu'une solution : construire des bâtiments légers, aussi peu coûteux que possible, dont le prix de revient serait en partie couvert par des subventions de TEtat calculées sur Tétendue de la propriété.
Mais ces difficultés ne sont*elles pas celles qui
existent dans tous les pays neufs où il faut faire beaucoup plus pour exploiter : défrichement, chemins, fossés, bâtiments. Ici la terre est en valeur, les chemins et les fossés existent, seuls les bâtiments sont à faire. Pourquoi ne réussirait-on pas ? Il ne s'agit pas de construire des palais, mais le strict nécessaire pour permettre à l'exploitant de se loger et de loger ses animaux. Il améliorera par la suite et le paysan français est assez industrieux pour améliorer très vite, surtout quand ces améliorations doivent Im profiter complètement.