‹ Une tempéte dans un verre d'eau; comédie en 1 acte. Représenté, pour la première fois, a Paris, sur le Théatre historique, le 18 déc. 1849Chapitre 6 sur 13 · CENE II · texte numérisé non relu

CENE II

menace, qui leur réussit souvent, quari4 elles ne savent comment sortir de la position difficile où se trouve Floride, [Haut.) Vous supposez que plus vous vous placerez au bord de l'abîms, et plus j'hésiterai à le franchir avec vous.

FtORIDB.

Je vous plie de lire cette lettre !

LUCIEN

Qu'il soit fait comme vous le désirez, madame, ou plutôt, comme vous ne le désirez pas... (Impérieusement.) Donnez-moi cette lettre !

FLORIDE, blessée, jette la lettre sur le guéridon, puis remonte vers

le fond, en disant :

\ ; Je partirai dans une heure avec mon oncle Fernaad.

LUCIEN

Très-bien !

FLORIDE

Je ferai mieux ! (Elle va sonner à gauche au fond tandis que Lucien se dirige vers le gnéridon à droite ; elle va ensuite à la croisée et dit au dehors :) Postillon, je descends. Vous prendrez la route de Paris.

LUCIEN, se tournant vivement et laistant tomber la lettre 8w le guéridon.

Paris 1 ! vous allez à Paris?

FLORIDE, mettaoit son chapeau et $on chdle. Oui.

Sans moi?

j FLORIDE-

Sans vous.

1 LUCIEN

Comme il vous plaira. Moi je persista à aller à Forges.

FLORIDE

Allez.

LUCIEN

Quoique le but essentiel du voyage maintenant...

FLORIDE

Je conviens qu'il vous est un peu plus difficile de l'atteindre.

LUCIEN

Je me passerai d'héritier... [f^ivement et se tournant vers Floride qui passe à droile.) El vous aussi. FLORiiiE, vivemenl.

Naturellement. [Floride se dispose à fermer la malk de Lucien >ù il y aies ombrelles, les bottines, et tout ce qu'elle y a /f»t<.)

LUCIEN, lui prenant le bras et la faisant passer à gauche.

Permettez, cette malle est la mienne. [Jl jette avec un dépit progressif les objets qu'il en tire.) Votre écrin... vos bottines... madame..

FLORIDE, jetant à son tour les objets placés dans sa malle par

Vos pistolets, monsieur.

LUCIEN

Votre nécessaire, vos ombrelles, madame.

FLORIDE

Vos cigares... [Elle jette les boîtes en l'air.)

LUCIEN

Votre métier à tapisserie, votre bibliothèque de voyage. {Il sème les volumes sur le parquet.) Elle voyagera...

FLORIDE, lançant le vautour du côté de Lucien. Et votre affreuse poule.

LUCIEN, rattrapant l'oiseau et le posant sur la chaise i près du guéridon.

Avec fierté : Un vautour, madame.

FLORIDE, après avoir fermé sa malle.

Adieu, monsieur. (Elle remonte au fond.)

LUCIEN, traversant à gauche.

Adieu, madame.

FLORIDE, à part, sur le seuil de la porte; elle est émue. Il persiste à vouloir lire la lettre.

LUCIEN, à part.

Je crois qu'elle n'est pas aussi résolue qu'elle le fait paraître. FLORIDE, reprenant la lettre sur la table, avec hésitation. Vous ne la prenez donc pas?

LUCIEN, ému, courant vers elle.

Vous souffrez ?

FLORIDE

Pour VOUS.

Ces pleurs...

FLORIDE, détachant son chapeau qu'elle laisse tomber à terre.

Prenez-la, vousdis-je que vous importent mes pleurs?

LUCIEN

Accusoiil-ils ini" I ■Mi'\ un repentir?

FLORIDE

Oui, une faute... celle il iraimé. [ElkjeUe son châk

sur le guéridon.) '

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